"Ben voyons !" quand Marion Maréchal-Le Pen refuse les chiffres de l'Insee sur la hausse des prix depuis l'euro

QUERELLE DE CHIFFRES - Invitée de LCI vendredi matin, la députée FN Marion Maréchal-Le Pen, confrontée à des données qui contredisaient son discours sur l'euro, a voulu faire mentir les chiffres en se servant de la hausse des prix pour servir son argumentaire. Mais ces derniers, têtus, lui ont donné tort.

C'est une des manipulations chiffrées qu'affectionne particulièrement le Front national quand il s'agit de critiquer l'euro. La monnaie unique aurait eu des conséquences éprouvantes sur le pouvoir d'achat. Appelée à commenter la sortie de Marine Le Pen lors du débat qui l'opposait à Emmanuel Macron mercredi 3 mai, Marion Maréchal-Le Pen n'est pas sortie des poncifs habituels de son parti sur le sujet, vendredi 5 mai sur LCI.

Une inflation plus forte avant l'euro qu'après

Et la députée du Vaucluse, qui a par ailleurs confirmé qu'elle serait candidate à sa succession lors des législatives, a repris les éléments de langage d'un Front national qui a affiché son incertitude au sujet de la sortie de l'euro ces derniers temps. "Ben voyons ! (...) N'importe quel Français qui a connu le franc et qui nous écoute aujourd'hui a fait le constat qu'au moment du passage à l'euro les prix ont doublé, voire triplé."


Faux, lui rétorque Audrey Crespo-Mara en s'appuyant sur les chiffres de l'Insee (voir graphique dans la vidéo ci-dessus) qui, s'ils ne contestent pas une hausse des prix, réfutent l'hypothèse d'une explosion de ces derniers après l'introduction de l'euro en janvier 2002. En effet, les tableaux de l'Insee font montre d'une inflation raisonnable, à hauteur de 1,6% en moyenne par an depuis l'introduction de la monnaie unique. Mais le phénomène n'a rien de nouveau et s'est au contraire affaibli par rapport à la douzaine d'années précédente. Entre 1990 et 2002, l'inflation annuelle était en effet... de 1,9%.

Et la baguette, alors ?

Pas de quoi refroidir Marion Maréchal-Le Pen qui évoque alors l'évolution des prix des produits du quotidien, notamment l'inénarrable "baguette de pain", alors que "les salaires n'ont pas augmenté". Difficile de donner tort à la benjamine de l'Assemblée nationale si l'on isole cette seule donnée. Mais le prix de la baguette a progressé en même temps que les salaires (environ 30%, une hausse sensiblement équivalente à celle du smic). Et en 2015, l'UFC Que Choisir avait calculé qu'entre 1984 et 2014, le temps de travail nécessaire à l'achat d'une baguette n'avait pas évolué (ndlr : trois minutes).


En revanche, le pouvoir d'achat a bien été grévé, notamment par les dépenses en matière de logement. Ainsi, l'accès à la propriété ou à la location mobilise-t-il plus le budget des Français aujourd'hui qu'il y a quelques décennies. Et, si le Front national prévoit bien de diminuer la taxe d'habitation ou la hausse des aides aux logements (APL), il ne prévoit pas, par exemple, un encadrement des loyers (lesquels équivalaient, en moyenne, en 2010, à 40% des dépenses des foyers).

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