Le Drian rejoint Macron plutôt que Hamon : de quel côté penche le cœur des ministres ?

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Benoît Hamon, candidat du PS à la présidentielle

L'HEURE DU CHOIX - Si un certain nombre de ministres ont choisi de soutenir Benoît Hamon, le candidat officiel du PS, d’autres refusent de l’adouber et regardent avec intérêt la dynamique d’Emmanuel Macron, comme le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Etat des lieux d’un gouvernement en proie à un dilemme.

Puisque rien ne se passe comme prévu dans cette élection présidentielle, il est presque normal que les ministres socialistes ne soutiennent pas tous le candidat issu de leur parti, Benoît Hamon, à l'instar de Jean-Yves Le Drian, ce jeudi.

Entre son programme jugé par certains trop à gauche et son passif de frondeur durant le quinquennat, plusieurs membres du gouvernement, en particulier des proches de François Hollande, préfèrent se tenir à distance du vainqueur de la primaire de la gauche. Heureusement pour ce dernier, tous ne s’affranchissent pas de la discipline partisane. Petite revue d'effectifs à un mois du premier tour.

Ces ministres qui soutiennent Hamon

Si Benoît Hamon ne fait pas l’unanimité au sein des ministres, il peut tout de même se targuer du soutien de membres imminents du gouvernement, au premier rang desquels le locataire de Matignon, Bernard Cazeneuve. "Je suis fidèle à mon organisation politique, fidèle aux processus qui ont été engagés et je souhaite bien entendu que le candidat qui a été désigné rassemble plus largement son camp parce que sinon on ne peut pas gagner", a rappelé le Premier ministre en début de semaine.

Dans un registre plus enthousiaste, Najat Vallaud-Belkacem a récemment fait un meeting commun avec Benoît Hamon à Nice. Le nouveau ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, le supporte également. Tout comme la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol ainsi que les secrétaires d’État Pascale Boistard et Thierry Mandon. Tous étaient d’ailleurs présents dimanche au grand meeting à Bercy. 

Bien qu’absents à Bercy, les secrétaires d’État Christophe Sirugue et Jean-Vincent Placé devraient eux aussi mettre un bulletin Hamon dans l’urne au premier tour de l’élection présidentielle. Plus timoré, le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, le soutient également en tout confessant "ne pas se retrouver le plus aisément" dans les propositions du candidat PS. Tout aussi flegmatique, le ministre de l’Économie, Michel Sapin, a déclaré fin janvier se ranger derrière le vainqueur de la primaire, l’invitant tout de même à "avoir le sens des réalités".

Guère plus emballé, le ministre de la Ville, Patrick Kanner, a adoubé du bout des lèvres Benoît Hamon au soir de sa victoire à la primaire. "C’est mon candidat, mais l’intensité de mon soutien sera fonction de sa capacité à rassembler. Je ne veux pas vivre un nouveau 21 avril 2002". Même "allant" du côté de la ministre des Outre-Mer, Ericka Bareigts, qui indique soutenir Benoît Hamon par fidélité au Parti socialiste. 

Ces ministres qui préfèrent Macron

A ce jour, aucun ministre socialiste n’a rejoint le candidat d’En Marche !. Seule la secrétaire d’État à la Biodiversité, l’écologiste Barbara Pompili, a appelé à voter pour Emmanuel Macron. Mais certains de ses collègues du gouvernement vont très rapidement l’imiter. Jeudi 23 mars, le secrétaire d’Etat chargé aux Sports, le radical Thierry Braillard, a ainsi annoncé son ralliement "par conviction".

Quant à la rumeur plus qu’insistante du soutien du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, elle a finalement été conirmée dans une interview à Ouest France, à paraître ce jeudi. Le secrétaire d’État chargé du développement et de la Francophonie, Jean-Marie Le Guen, qui n’a jamais caché son hostilité au programme de Benoît Hamon, serait également dans les starting-blocks.

Il y a quelques semaines, la presse laissait aussi entendre que Ségolène Royal penchait également pour Emmanuel Macron. Fin janvier, elle avait déclaré ne pas écarter l’idée de le soutenir "pour assurer la présence de la gauche au second tour". Mais rien de concret depuis.

Ces ministres encore indécis

A un mois du premier tour, certains membres du gouvernement, et non des moindres, n’ont pris position ni pour Benoît Hamon, ni pour Emmanuel Macron. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, entretient ainsi le silence sur son choix. Certes, il avait félicité le vainqueur de la primaire de la gauche dès l’annonce des résultats du second tour fin janvier. 

Mais en réalité, ce tweet n’avait rien d’un blanc-seing. L’ancien maire de Nantes désire avant tout faire barrage à François Fillon et Marine Le Pen. Et compte-tenu de la dynamique d’Emmanuel Macron, il pourrait tourner le dos au candidat de PS.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, est tout aussi mystérieuse sur l’identité du candidat pour qui elle envisage de voter. Fin janvier, elle a par exemple demandé à Benoît Hamon "de rassembler la gauche et au-delà pour pouvoir gagner" et non "pour témoigner". 

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, est tout aussi muette. Il est naturellement difficile pour elle de soutenir le candidat de son parti, dont l’une des mesures principales est d’abroger la loi Travail qu’elle a portée l’an passé. "Le débat se pose entre ma loyauté et ma cohérence politique", confiait-elle début février à L’Obs. Un examen de conscience auquel est également confronté la secrétaire d'État en charge de l'Aide aux victimes, Juliette Méadel.

Enfin, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, met un point d’honneur à ne pas vouloir se positionner. Si ce proche de François Hollande se dit fidèle au PS, il refuse de prendre parti pour Benoît Hamon. Sans doute conserve-t-il une certaine rancœur vis-à-vis d’un des artisans de la non-candidature du président de la République. En même temps, Emmanuel Macron a également sa part de responsabilité dans l’absence de François Hollande dans cette élection présidentielle. Et il n’est pas sûr que Stéphane Le Foll lui pardonne d’ici le premier tour…

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Hamon ou Macron : Le Foll entretient le mystère sur son choix

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