En 1993, le tract très, très à droite de Marine Le Pen, jeune candidate aux législatives

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Marine Le Pen perd la présidentielle

EXTRÊME - En 1993, la jeune Marine Le Pen, 25 ans, s'engage sur le terrain de la politique pour la première fois à l'occasion des législatives. L'occasion d'exhumer une profession de foi pour le moins éloignée du FN "dédiabolisé".

Du haut de ses près de 35 années de mandats cumulés, Marine Le Pen a une vie politique déjà bien remplie. Elue pour la première fois en 1998, la candidate du FN à la présidentielle s'est pourtant cassé les dents à l'occasion de son baptême électoral, en 1993, lors de l'élection législative de la 16e circonscription de Paris, rappelle France Info dans un long récit de cette campagne.

"500.000 séropositifs", un chiffre largement surévalué

Une campagne difficile pour la jeune femme, parachutée par son père pour se mettre dans les pattes de son ennemi politique du moment, le RPR Bernard Pons, raconte encore le site. A cette occasion, nos confrères ont exhumé la profession de foi de Marine Le Pen. Le résultat est, pour quelques sujets, différent de ce que défend aujourd'hui la candidate du parti frontiste, même si, sur quelques positions, le cousinage est bien présent. 

Elle y dénonce notamment le bilan du PS, au pouvoir depuis 1988 et qui, en roue libre, s'apprêtait à essuyer une beigne mémorable : "4,5 millions de chômeurs, 4 millions de délits et de crimes, 7 millions d'immigrés, 500.000 sans-abri" et... "500.000 séropositifs". 500.000 séropositifs ? Un chiffre sorti d'on ne sait où et qui paraît hautement exagéré aux yeux de Christian Andréo, directeur général adjoint d'Aides, l'association de lutte contre le Sida, qui s'est ému de ces chiffres sur Twitter : "Ordure un jour, ordure toujours [...]. Les estimations les plus hautes n’ont jamais dépassé 200.000 personnes. Estimation actuelle : 150.000."

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Un difficile héritage paternel

La rhétorique visait évidemment la population homosexuelle, à l'époque, particulièrement touchée par le phénomène au début des années 1990. Rien de surprenant là, au vu des nombreuses sorties de route du fondateur du Front national sur le sujet. Jean-Marie Le Pen avait ainsi, en 1987, utilisé le terme "sidaïque", éminemment discriminant, associé au mot "lépreux", pour qualifier les porteurs du virus. On peut retrouver aussi dans ses citations les plus outrageantes la suivante : "L'homosexualité constitue une anomalie biologique et sociale". Ou encore cette menace, restée célèbre : "Je vais te faire courir, moi, tu vas voir, rouquin, pédé !"

Depuis, la rhétorique du Front national sur l'homosexualité s'est lissée, si l'on met de côté les dérapages toujours réguliers du père. Depuis cette affiche de 1993, le rétablissement de la peine de mort a lui aussi pris du plomb dans l'aile. La priorité nationale, l'aide aux petits patrons, la politique familiale, la lutte contre l'immigration, en revanche, sont toujours là.

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