Mélenchon, Montebourg ou l'autonomie : le trilemme embarrassant du PCF pour 2017

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2017 : la bataille de la gauche

IL FAUT BIEN CHOISIR - Les militants du PCF auront la lourde tâche, ce week-end, de déterminer une stratégie pour la présidentielle. Rallier Jean-Luc Mélenchon, pousser une candidature autonome, poursuivre le rapprochement avec Arnaud Montebourg... C'est le grand flou. Etat des lieux.

Le Parti communiste a un certain talent pour repousser le moment du choix. Résumons : en mars 2016, le conseil national du PCF adoptait un "projet de base commune de discussion". Avec une seule certitude : il fallait "écarter l'impasse Hollande et Valls par l'émergence d'une autre voie à gauche" en vue de la présidentielle. En juin, lors de son 37e congrès, il repoussait la décision à l'automne. Fin septembre, le Conseil national décidait... de prendre une décision en novembre.


L'heure du choix est-elle arrivée ? Pas si simple. Les militants PCF doivent donc normalement se déterminer lors de la conférence nationale, prévue le 5 novembre. En clair, deux options sont sur la table, comme l'a expliqué le porte-parole du PCF, Olivier Dartignolles, vendredi matin sur Europe 1. Tout d'abord apporter un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, parti tout seul début 2016 avec "La France insoumise" et dont les relations avec l'état-major communiste sont exécrables. Ou lancer une candidature autonome, comme le suggérait récemment une contribution d'élus hostiles à Mélenchon, qu'ils qualifiaient de "populiste de gauche".

Décider ou décider d'attendre ?

Mais c'est là que tout se complique. Les communistes vont s'exprimer sur un choix... qui ne les engage pas définitivement. Car comme l'explique le porte-parole du PCF, ils peuvent décider de rallier Jean-Luc Mélenchon, possible 3e homme du premier tour de la présidentielle... Mais "sans rallier son mouvement, La France insoumise", que les responsables du PCF jugent trop réducteur. Autrement dit : le choix de Jean-Luc Mélenchon resterait dépendant des négociations ultérieures avec l'intéressé. 


Ils peuvent décider au contraire de soutenir un ou une candidate communiste. Mais, là encore, ce candidat "aura la possibilité de s'effacer si on trouve une candidature commune à gauche", souligne le porte-parole. Car dans l'esprit de certains cadres du PCF, l'hypothèse d'une victoire d'Arnaud Montebourg à la primaire socialiste en janvier pourrait changer la donne et "recomposer la gauche". Bref, un candidat communiste ferait campagne en attendant le résultat du choix des sympathisants socialistes... 


Le trilemme du PCF, décidemment embarrassé par cette présidentielle mais aussi par la stratégie à retenir en vue des législatives, où il jouera ses derniers sièges, est illustré par la position de son patron, Pierre Laurent. Si ce dernier semble pousser les militants à soutenir Jean-Luc Mélenchon, il ne ferme toujours pas la porte à une candidature commune de toute la gauche. D'où cette conclusion qui n'en est pas une :

Si Montebourg gagne la primaire, on ne peut pas dignement se retrouver avec une candidature Mélenchon, Montebourg et EELV Pierre Laurent

En vidéo

Pierre Laurent plaide pour une "candidature commune" à gauche

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