Mélenchon écarte l’idée d’une alliance "composite" avec Hamon et Jadot

Mélenchon écarte l’idée d’une alliance "composite" avec Hamon et Jadot
Élections Municipales 2020

NO WAY - Interrogé sur une pétition réclamant "une coalition entre Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot" et rassemblant près de 60.000 signataires, le représentant de la France insoumise a rejeté l’idée d’une grande alliance de la gauche.

Jean-Luc Mélenchon le dit et le répète, il n'envisage aucune alliance avec les candidats à gauche de l’échiquier politique. Dans une interview à paraitre ce dimanche dans le journal La Provence, le député européen a assuré qu'il "n'échangerai(t) pas des bouts de programmes contre des sièges aux législatives."

Ces derniers jours, les appels se font pourtant plus pressants. Une pétition lancée fin janvier réclame une alliance entre Jean-Luc Mélenchon, l’écologiste Yannick Jadot et le socialiste Benoît Hamon. Elle a recueilli près de 60.000 signatures ce samedi soir. 

Le 31 janvier, la députée européenne EELV Michèle Rivasi et Noël Mamère allaient également dans ce sens en signant dans Le Monde "un appel à une candidature unique de la gauche progressiste et écologique".  "Force est de constater qu’entre les trois candidats (…) existent d’énormes convergences", soulignent-ils. "Ces convergences justifient qu’ensemble nous construisions une véritable digue contre les idées portées par la famille Le Pen et le clan Fillon." Leur but : éviter un éparpillement des votes de gauche et ne pas subir un bis repetita de la présidentielle de 2002.

Notre responsabilité est de dépasser les ego pour parler projet. Dépasser les appareils pour créer une dynamique qui parle à l'ensemble des Français et des Françaises.- Yannick Jadot

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Une alliance pour faire barrage contre la droite, le candidat EELV lui-même en est convaincu. Ce jeudi, lors d’une conférence de presse,  il a évoqué l'urgence de "dépasser les appareils" et "les ego" pour composer d’ici deux semaines un projet commun. Les discussions "n’avancent pas assez vite", a-t-il lâché, agacé.

Mais Jean-Luc Mélenchon se montre peu enclin à emprunter cette voie. "Personne ne peut croire qu'il est possible de gouverner un pays avec une majorité composite de gens qui s'attendent les uns les autres au coin du bois", a-t-il indiqué à nos confrères de La Provence. "Croyez-vous une seule seconde que si M. Hamon et moi nous nous sautions au cou, des centaines de milliers de gens bondiraient d'enthousiasme et oublieraient tout ?", a-t-il ajouté. "Au contraire, ce serait la déception en masse chez tous ceux qui ne sont pas prêts à amnistier le PS. On ne leur fera pas une deuxième fois le coup du discours du Bourget."

Benoît Hamon "ne peut prétendre à la fois nous tendre la main et recycler dans sa campagne tout le PS dont nous avons combattu la politique ces dernières années."- Jean-Luc Mélenchon

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En somme, une convergence des programmes est impossible tant que son rival sera lié au PS et surtout aux "élephants" en place. Un argument que l’on retrouve également dans plusieurs billets publiés sur son blog. Benoît Hamon "ne peut prétendre à la fois nous tendre la main et recycler dans sa campagne tout le PS dont nous avons combattu la politique ces dernières années", écrit-il. Le candidat socialiste "parle de former une majorité gouvernementale. Mais on ne peut pas former une majorité gouvernementale cohérente et stable sans avoir tranché avant les grandes questions. Je ne prends qu’un exemple : comment prétendre demain abroger la loi El Khomri en reconduisant la masse des députés qui l’ont soutenue hier ? En tant que ‘frondeur’, Benoît Hamon est bien placé pour savoir que quand c’est flou, il y a un loup. "

Sur ce point, Yannick Jadot le rejoint. "Nous l'avons dit depuis le début, les écologistes ne monteront pas dans le vieux bus diesel du Parti socialiste", a-t-il averti. "Je crois qu'un certain nombre de ses faux amis au sein du PS, qui ont énormément critiqué son projet plutôt écolo, veulent le faire monter dans ce bus-là, veulent le piéger."

Mais il a tant de choses à faire. Il a dû rendre visite à Cazeneuve, à M. Hollande et s'arranger avec les courants du PS. Disons qu'il était très occupé. Je ne lui en veux pas.- Jean-Luc Mélenchon, évocant l'absence de contacts avec Benoît Hamon depuis sa victoire à la primaire

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Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

Alors qu'ils sont soutenus par de nombreux socialistes déçus du quinquennat de François Hollande, la position de Jean-Luc Mélenchon et de Yannick Jadot est effectivement délicate. Mais si la candidat écologiste croit sincèrement à une alliance honnête, qui dépasserait les partis politiques, le représentant de "La France Insoumise" a de sacrés doutes. Il assure de toute façon n’avoir reçu aucun appel du candidat du PS. : "Mais il a tant de choses à faire. Il a dû rendre visite à Cazeneuve, à M. Hollande et s'arranger avec les courants du PS. Disons qu'il était très occupé. Je ne lui en veux pas", ironise-t-il.

S’il envisage une coalition, c’est plutôt au second tour. Il proposerait alors "aux socialistes et aux écologistes sincères, désireux de rompre avec le passé, de gouverner avec nous." Encore faut-il y évincer ses concurrents de droite et d’extrême droite pour l’atteindre.

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