"Pas question de toucher à l'Assurance maladie" : la grande mue du projet santé de François Fillon

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Fillon candidat de la droite pour 2017

RASSURER - C'est en février que François Fillon a décidé d'enterrer une fois pour toutes le projet initialement défendu lors de la primaire de la droite sur la sécurité sociale, qui prévoyait de privatiser une partie de la prise en charge et lui a valu de nombreuses critiques. Depuis, le candidat veut au contraire... mieux rembourser certains soins.

Qu'on ne dise pas à François Fillon qu'il a fait volte-face ou édulcoré son projet. Le candidat de la droite préfère expliquer, comme il le faisant dans Le Parisien, qu'il a "rebâti, enrichi et amélioré" ses propositions en matière de santé après une consultation des professionnels du secteur. Des mesures qu'il avait développé le 21 février à la Mutualité française, où plusieurs candidats à la présidentielle se succédaient sur ce thème. 

Dans son intervention, François Fillon s'était employé activement à rassurer les Français. Affirmant qu'il avait été "caricaturé" en "chantre de la privatisation" de la Sécurité sociale au service des "assureurs privés", le candidat sérieusement malmené dans les sondages avait promis, au contraire, de "mieux rembourser" les dépenses, évoquant notamment "le remboursement total des lunettes pour les enfants" et un remboursement complet des frais pour les prothèses auditives et dentaires d'ici la fin du quinquennat. Preuve de sa bonne volonté, l'ancien chef de gouvernement avait annoncé des "assises de notre système de santé" fin 2017. Et de marteler : 

Pas question de toucher à l'Assurance maladie et de privatiser- François Fillon

Rétropédalage par étapes

En affirmant avoir été "caricaturé" par ceux qui défendent "les forces de l'immobilisme", François Fillon n'en achevait pas moins ici une profonde révision en trois étapes de son projet pour la Sécu. 

Dans la première mouture, effacée fin 2016 du site Internet du candidat, il n'était pas question, comme aujourd'hui, de "consolider le caractère obligatoire et universel de l'Assurance maladie dont le niveau de prise en charge des dépenses de santé ne diminuera pas". Pour "assurer la pérennité" du système de santé, François Fillon affichait alors noir sur blanc une solution plus radicale : "focaliser l'Assurance maladie universelle sur des affections graves ou de longue durée, et l'assurance privée sur le reste". Voici un extrait de la première mouture de son projet santé : 

Face au tollé suscité, y compris dans son camp, le projet avait été discrètement amendé sur le site de campagne, faisant disparaître toute référence à un recours à l'assurance privée. En même temps, François Fillon dénonçait déjà des "caricatures" faites de son programme. Voici la deuxième version :

Dans la foulée, François Fillon publiait une tribune dans Le Figaro où il changeait de braquet, assurant désormais vouloir, non pas privatiser une partie du système, mais au contraire "réaffirmer le principe d'universalité" de l'Assurance maladie obligatoire, qui "continuera à couvrir les soins comme aujourd'hui et même, mieux rembourser les soins qui sont largement à la charge des assurés, comme les soins optiques ou dentaires". En janvier, le candidat expliquait que les premières propositions avaient été "mal comprises" et retirées au bénéfice d'une concertation avec les professionnels.  Dans la présentation faite mardi à la Mutualité, François Fillon précise l'ultime version de son projet pour la Sécu. Il est question, pour parvenir à un meilleur remboursement des soins quotidiens, d'organiser "un nouveau partenariat entre l'Assurance maladie et les complémentaires santé" et de "préparer des accords sur le partage de remboursement" avec les mutuelles. 

En matière de santé, l'ancien Premier ministre n'a pas varié sur un point : il souhaite toujours réaliser 20 milliards d'économie sur cinq ans et "ramener l'Assurance maladie à l'équilibre". Mais celui qui envisage de supprimer 100.000 postes dans les hôpitaux assure que les coupes franches concerneront les emplois administratifs et non les personnels soignants. Ces derniers ne passeront de 35 heures à 39 heures de travail hebdomadaire. 

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