Un électeur sur trois toujours indécis : le week-end pascal en famille, moment privilégié pour choisir

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
HESITATION - Deux sondages Odoxa et Ipsos Sopra Steria diffusés vendredi témoignent du niveau historique d'incertitude des électeurs sur leur choix pour le premier tour. Et si un week-end prolongé en famille leur permettait de trancher ?

Jamais les électeurs n'avaient été aussi indécis dans la dernière ligne droite avant une présidentielle. C'est du moins ce que rappellent en boucle les sondeurs et les commentateurs. Ce vendredi, deux sondages semblent corroborer leur constat : une enquête Odoxa pour France Info, selon laquelle 32% des électeurs ne savent toujours pas pour qui voter le 23 avril, et un sondage Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde, qui pointe les doutes de ceux qui sont tentés de voter pour Benoît Hamon (43% d'indécis), Jean-Luc Mélenchon (34%) ou même Emmanuel Macron (32%). 

Le choix tardif, une tradition

Si les électeurs se montrent particulièrement perdus dans cette campagne, le choix tardif n'est pas une nouveauté. Lors de la présidentielle de 2012, le poids des indécis était en moyenne de 25% (contre le tiers aujourd'hui) et déjà, certaines enquêtes témoignaient d'une situation analogue à quelques jours du scrutin. Début avril 2012, une enquête du Cevipof avait ainsi montré que 46% des électeurs n'avaient pas tranché, contre 44% qui s'étaient décidés depuis longtemps, et 10% qui avaient pris leur décision récemment. Parmi les plus représentés dans la catégorie des indécis : les jeunes de moins de 24 ans, les électeurs centristes ou les adeptes du ni gauche-ni droite.  Dans son ouvrage La décision électorale en 2012, le politologue Pascal Perrineau montrait également, a posteriori, que 16% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen, 17% des électeurs de François Bayrou et jusqu'à 20% de ceux d'Eva Joly (EELV) s'étaient décidés "au dernier moment". En outre, 43% des électeurs ayant choisi l'abstention, le vote blanc ou nul s'y étaient résignés au dernier moment. 


En remontant plus loin encore, dans les archives de l'institut Sofres, une enquête post-électorale montrait que lors de la présidentielle de 1995, 11% des électeurs avaient hésité jusqu'au dernier moment, 10% s'étaient décidés dans les derniers jours de campagne, et 19% avaient tranché durant la campagne. 

Quel déclencheur ?

Pour ce scrutin 2017, les fameux indécis n'ont plus que neuf jours pour se déterminer. Or, traditionnellement, les sondeurs et les politologues ont tendance à considérer que les réunions de famille lors du week-end de Pâques jouent un rôle dans la "cristallisation" des choix, évoquée notamment par l'éditorialiste Christophe Barbier, vendredi matin sur BFMTV. Que ces réunions de familles soient conflictuelles ou pas, elles permettraient à chacun de se polariser sur l'échiquier politique. 


"Les électeurs viennent de commencer à regarder les programmes", nous indiquait ainsi la semaine dernière Frédéric Micheau, directeur du département Opinion et Politique chez OpinionWay. "Ils auront l'occasion d'en discuter avec leurs proches lors du week-end pascal." La réunion de famille peut apparaître comme un élément décisif, au même titre, rappelait le sondeur, que "les événements d'actualité" ou d'autres facteurs exogènes pouvant surgir au dernier moment, et peser sur le scrutin. 


Décisif ou non, ce week-end de Pâques n'aura en tout cas pas échappé au radar des candidats. Pas question pour eux d'aller chasser les oeufs : Marine Le Pen tiendra samedi un meeting à Perpignan, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon seront dimanche à Toulouse et à Bordeaux ; et ce lundi férié, Emmanuel Macron et Marine Le Pen investiront les grandes salles parisiennes de Bercy et du Zénith, tandis que François Fillon occupera le terrain à Nice. Chacun sait qu'une partie de ce scrutin se jouera probablement dans la dernière ligne droite. 

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