Valls votera Macron : "Si on revoit les mêmes, on donne des chances au FN"

Valls votera Macron : "Si on revoit les mêmes, on donne des chances au FN"

MERCI MAIS NON MERCI - En annonçant qu'il voterait Emmanuel Macron, Manuel Valls se voyait-il comme une plus-value pour le candidat d'En Marche ! ? Nous avons posé la question à certains de ses sympathisants, et l'enthousiasme est modéré.

"Je ne prendrai aucun risque pour la République". C'est ainsi que Manuel Valls a justifié son soutien à Emmanuel Macron - et donc, son refus de voter Benoît Hamon, défiant ainsi les statuts de son parti -, mercredi 29 mars, sur le plateau de BFM. Cela pourrait n'être qu'un nom de plus sur la liste des socialistes de l'aile droite du parti qui ont décidé de se déclarer pour l'ancien ministre de l'Economie de François Hollande. Mais l'enthousiasme pour le moins mesuré dans le camp Macron incite à penser que les ralliements en série en provenance du centre-gauche ne font pas forcément les affaires de l'équipe du candidat.

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Car Manuel Valls a beau promettre n'avoir "rien à négocier" - sous-entendu, un poste de ministre, une investiture En Marche ! retirée dans sa circonscription ? -, cette "prise de responsabilité", comme il l'appelle lui-même, pourrait bien nuire aux projets de renouvellement d'Emmanuel Macron. Un rapide tour sur les pages Facebook de soutien au candidat laisse entrevoir un rejet de celui qui fut le Premier ministre emblématique du dernier quinquennat, tant rejeté : 

Au-delà de Manuel Valls, le renouvellement affiché par Emmanuel Macron est-il tenable quand on reçoit les soutiens de vieux routiers de la politique tels que Robert Hue, candidat communiste à la présidentielle de 1995, ou Anne-Marie Idrac, ministre d'Alain Juppé entre 1995 et 1997 ? Fadhil, 24 ans, mesure le risque : "On est inquiet de ce que pourraient en penser les citoyens lambda".

Et ceet étudiant, également élu municipal de Noisy-le-Sec, de surtout tiquer sur la mauvaise image de l'ancien Premier ministre : "Son impopularité, sa façon de gouverner avec le 49.3 : on craint qu'en dehors du mouvement, En Marche ! paraisse incohérent." Clivant à Matignon, Manuel Valls continue de l'être dans les esprits. Fadhil a de mauvais souvenirs du "côté sécuritaire de Valls, son discours sur le terrorisme, où il disait qu'expliquer, c'était excuser, là où Emmanuel Macron essayait de comprendre";

Même critique du côté de Malika, DRH de 47 ans, déçue de la gauche qui "ne digère pas le débat sur la déchéance de nationalité [...] Dans la communauté de culture musulmane, nous étions 87% à avoir voté Hollande, nous avons été trompés jusqu'au bout."

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Les caciques du PS, c'est plutôt un handicap- Holden, sympathisant macroniste

Le jeune élu, conscient que les Français souhaitent tourner la page du quinquennat Hollande et du "risque de continuité" que charrient ces ralliements, ne met pas pour autant tous les profils dans le même sac : "Si on parle de la venue d'anciens ministres, un [Philippe] Douste-Blazy, avec ce qu'il a fait à l'Onu ou un [Jean-Yves] Le Drian, c'est que du positif."

Holden, sympathisant d'Emmanuel Macron, est plus sceptique. Séduit "aussi bien par la forme que par le fond", il aimait chez le favori des sondages le fait "qu'il n'était pas une émanation du PS. Il crée quelque chose, une nouvelle manière de faire la politique." Mais le "feuilleton des ralliements" a douché une part de son enthousiasme. "Les caciques du PS qui le soutiennent, c'est plutôt un handicap. [...] Je n'arrive pas à voir ça comme un atout. [...] Du coup, la droite le présente comme un héritier de Hollande et c'est un boulet pour lui."

Une inquiétude reprise par Malika, qui craint de voir En Marche ! transformé "en arrière-boutique du PS : il y a quelques temps, c'était impensable d'imaginer Le Drian nous rejoindre." Un ralliement de plus qui accréditerait les critiques formulées par la droite et le Front national, qui font de Macron l'héritier de François Hollande : "Si on revoit les mêmes, confirme Malika, on donne de plus en plus de chances au FN."

Les précautions de Macron

Un boulet dont Emmanuel Macron commence à sentir le poids. En témoigne ses récentes apparitions médiatiques, où il n'a eu de cesse de clamer que les ralliements ne donnaient rien à ceux qui les faisaient. Son remerciement à demi-mot, ce mercredi matin sur Europe 1, juste après la déclaration de Manuel Valls, se situe dans la même veine. "Je le remercie [...] mais pour ce qui est de la démarche [pour gouverner] et de ce que j'entends conduire, je serai le garant du renouvellement des visages, du renouvellement des pratiques", a-t-il précisé. Comprendre : pas de passe-droit, quel que soit le poids politique.

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Une réaction de nature à rasssurer notre sympathisant et notre militant. "La mise au point a fait du bien", confirme Fadhil. "C'était important de le dire", renchérit Holden. Car pour l'un comme pour l'autre, les ténors politiques, c'est bien, mais à petite dose. D'autant que l'impression d'opportunisme est tenace : "Que représente un ralliement le 29 mars 2017, à quatre semaines du premier tour ? Je ne vois ça que comme un frein", conclut Holden. Qui n'a pas encore décidé, entre Macron, Hamon... et Mélenchon.

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