Marine Le Pen et Emmanuel Macron s'y sont rendus : que se passe-t-il à Whirlpool Amiens ?

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
ON FAIT LE POINT - Comme il l'avait promis, Emmanuel Macron, originaire d'Amiens, s'y est rendu ce mercredi pour évoquer le cas de l'usine en difficulté Whirlpool. Une visite tout sauf paisible, d'autant que Marine Le Pen l'a court-circuitée en se rendant auprès des salariés le matin même. Mais quelle est la situation à Whirlpool, sur le point de devenir un enjeu symbolique de la campagne ?

C’était une promesse qu'il avait faite. Emmanuel Macron était en visite mercredi à l’usine Whirlpool d’Amiens (Somme), région dont il est originaire. Un déplacement plus qu'agité : accueilli sous les huées et les sifflets sur le site, il a peiné à s'exprimer au milieu de la cohue. Il faut dire qu'alors qu'il discutait avec l'intersyndicale à la Chambre de commerce et de l'industrie, Marine Le Pen avait décidé de lui griller la politesse en allant, par surprise, directement à la rencontre des salariés sur le site. La confrontation des images fait d'ores et déjà de cette séquence un moment fort de la campagne du second tour de la présidentielle. Mais que se passe-t-il sur ce site promis à la fermeture ? 

Ce qu’il s’est passé

Il y a trois mois, le groupe électroménager annonce sa décision de délocaliser la production en Pologne et de fermer l'usine de sèche-linges en juin 2018, dans cette région de Picardie déjà frappée par de nombreuses fermetures de sites industriels.

Des salariés énervés

Depuis le début de semaine, la tension monte, sur le site en sursis. Depuis lundi, une soixantaine de salariés de l'usine Whirlpool d'Amiens (Somme) bloquent l'entrée poids lourd du site en organisant un piquet de grève, ainsi que la production.

Cette action est symbolique par sa date : "Voilà trois mois jour pour jour que les négociations du PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) ont débuté et, depuis, que du blabla... Depuis la manifestation à La Défense (le 18 avril, NDLR) nous n'avons eu aucun contact avec la direction", explique ainsi Frédéric Chanterelle, délégué CFDT. Il a précisé que cette grève "se poursuivra jusqu'à de nouvelles négociations avec la direction : on les avait prévenus, ils ne nous ont pas écoutés. Arrêtons de tourner en rond désormais !"


Les salariés qui font le blocage n'empêchent pas leurs collègues d'accéder au site afin que ces derniers "ne perdent pas une journée de salaire". Cependant, les grévistes s'étant organisés par roulement et travaillant sur des lignes en continu, la production a dû être interrompue. "Seulement trois machines sont sorties ce matin, contre 800 d'habitude. A présent, tout est bloqué et ce jusqu'à ce que les négociations avancent pour de vrai car là, depuis trois mois, on fait du sur place!", a expliqué Cécile Delpirou, élue CFE-CGC.

Une direction qui joue le timing

Contactée par l'AFP, la direction de Whirlpool a pour sa part indiqué "comprendre l'émotion des salariés" mais appelle "à ce que la grève prenne fin afin qu'un dialogue social apaisé et constructif puisse reprendre", indiquant ne pas vouloir s'exprimer sur l'activité de l'usine.

En vidéo

VIDEO. JT 13 – Whirlpool va fermer son usine d’Amiens en 2018

Et le gouvernement ?

Le gouvernement planche sur une éventuelle reprise du site employant 290 salariés, auxquels s'ajoutent 250 intérimaires employés quasiment en permanence et une centaine de salariés du sous-traitant Prima.

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