De l'immigration réduite au moratoire, les propositions changeantes de Marine Le Pen sur l'immigration

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
PROGRAMME - Marine Le Pen a inclus dans son projet présidentielle des mesures sur l'immigration qui font l'ADN du Front national depuis plusieurs décennies. Quelques jours avant le premier tour, la candidate a toutefois durci ses propositions en annonçant l'instauration d'un moratoire sur l'immigration légale.

Ne pas se laisser doubler sur l'immigration. Quelques jours avant le premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen, talonnée par le candidat de la droite, François Fillon, avait annoncé in extremis un durcissement de ses positions sur ce sujet dont le Front national a fait son thème central depuis la fondation du parti. Alors que le candidat de la droite et du centre proposait d'établir des quotas, de durcir les conditions du regroupement familial et de "réduire l'immigration légale au strict minimum", la candidate FN a voulu frapper les esprits.


Marine Le Pen, aujourd'hui qualifiée pour le second tour, a donc annoncé "un moratoire sur l'immigration légale pour pouvoir faire un bilan" de la situation en France. Ce moratoire, qui n'était pas inclus dans ses 144 propositions de campagne, concerne la délivrance de "visas de longue durée", et plus précisément le regroupement familial. L'enjeu, estime Marine Le Pen, c'est que "notre pays fait l'objet d'une véritable submersion migratoire" et qu'il est urgent de stopper l'immigration, "un drame économique et social" pour les salariés français qui "installe dans notre pays le communautarisme". Le moratoire, qui épargnerait les étudiants et les visas touristiques de courte durée, durerait "plusieurs mois", le temps de faire un "bilan précis". 

Une immigration au compte-gouttes

C'est ce moratoire fraîchement dégainé qui doit aboutir, dans un second temps, aux propositions de campagne initialement formulées par Marine Le Pen. A l'instar de François Fillon, cette dernière veut fixer un plafond d'immigrés légaux en France. Mais quand le candidat de la droite éliminé au premier tour renvoyait l'évaluation de quotas à un vote au Parlement, Marine Le Pen, elle, fixe l'objectif : 10.000 immigrés légaux par an et pas un de plus. 


Par comparaison, près de 230.000 titres ont été délivrés à des étrangers en 2016, dont 32.000 pour motif humanitaire, 22.000 pour motif économique et 88.000 pour raison familiale, selon la Direction générale des étrangers en France (DGEF). L'an passé, il y a eu parallèlement près de 95.000 départs du territoire français. La candidate du FN souhaite "mettre fin à l'automaticité du regroupement familial", qui concernait près de 11.500 personnes en 2015. 

Arrêt des régularisations de clandestins, école payante pour leurs enfants

Marine Le Pen souhaite par ailleurs "rendre impossible la régularisation ou la naturalisation des étrangers en situation illégale", et "simplifier et automatiser leur expulsion". Elle a également plaidé pour la suppression de la scolarisation gratuite pour les enfants de parents en situation irrégulière.

En matière d'asile, Marine Le Pen remet en cause le droit existant. Ce dernier est fondé par la Constitution, qui dispose que "tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République". Pour la candidate, ce droit ne pourra pas être accordé sur le territoire français mais "à la suite de demandes déposées dans les ambassades et consulats français dans les pays d'origine ou les pays limitrophes", donc depuis l'étranger. 

Abolition du droit du sol

Marine Le Pen veut supprimer la tradition française de droit du sol héritée du XIXe siècle en matière d'acquisition de la nationalité française et interdire la double nationalité extra-européenne (5% de la population française aurait la double nationalité, mais il n'existe pas de statistique précise sur la question). La nationalité ne pourra être acquise que par la filiation, ou par la naturalisation, "dont les conditions seront par ailleurs plus exigeantes". 

Retour aux frontières nationales

En matière d'immigration, enfin, Marine Le Pen veut sortir des accords de Schengen pour permettre à la France de rétablir définitivement ses frontières nationales (un contrôle aux frontières temporaire a été rétabli par les autorités françaises après les attentats de novembre 2015). 


La candidate veut reconstituer les effectifs supprimés dans les douanes "par le recrutement de 6.000 agents durant le quinquennat". La douane compte aujourd'hui 16.800 agents, contre 22.500 en 1993. 

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