VIDÉO - Présidentielle : peut-on dire que Whirlpool est un nouveau Florange ?

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
QUESTION - Le chassé croisé entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, mercredi à Amiens est assurément un des moments-clés de cet entre-deux-tours. Le candidat d'En Marche, Emmanuel Macron, a eu droit à un accueil houleux sur le site Whirlpool, où les salariés sont en grève contre une fermeture programmée. Comme un air de Florange où, en 2012, le site d'ArcelorMittal avait été le théâtre d'un conflit social qui s'était invité dans la campagne présidentielle.

A 11 jours du second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron était en déplacement ce mercredi à Amiens. Ou plus exactement à l'usine Whirlpool de la ville, siège d'une grève depuis des semaines en raison d'une fermeture programmée. Une visite qu'a précédé - à l'improviste - son adversaire Marine Le Pen et qui marque surtout le premier temps fort de l'entre-deux-tours. A l'inverse de sa rivale du FN, le candidat "en marche" a calé à son arrivée sur les lieux où l'attendaient des salariés qui l'ont vivement interpellé. Comme un air de déjà-vu : François Hollande, lui aussi, avait eu sa campagne fortement impactée par un déplacement aux hauts fourneaux de Florange, en février 2012. 


La comparaison est tentante. Peut-on la faire ? Eléments de réponse.

Oui, Whirlpool est le nouveau Florange

Florange, ce site sidérurgique de Moselle appartenant à ArcelorMittal, avait été l'objet en février 2012 d'un affrontement entre Nicolas Sarkozy – à qui François Hollande reprochait des promesses non tenues concernant le site ArcelorMittal de Gandrange, à 5 km de là, qui a fini par être fermé – et le candidat socialiste. Le 24 février, François Hollande se rend ainsi sur place pour exprimer sa "solidarité" aux métallos. Assurément un temps fort de sa campagne où on voit le futur président, perché sur la plate-forme d'un camion, haranguer les salariés désespérés.  Au final,  629 emplois sur les 2.500 du site seront supprimés.


Cinq ans plus tard, opposé à Marine Le Pen, Emmanuel Macron se retrouve à son tour dans le "bain bouillonnant" d'un conflit social. Chez lui, à Amiens  où le groupe d'électroménager Whirlpool a décidé de délocaliser sa production en Pologne et de fermer l'usine de sèche-linges en juin 2018. Face à lui : des salariés en grève qui lui ont réservé un accueil houleux. Encore plus remontés puisque Marine Le Pen, sa rivale FN, l'a précédé. Alors que certains crient "Marine présidente !", s'en est suivi un échange vif, parfois tendu, qui s'est prolongé pendant plus de 40 minutes, le candidat a tenté de répondre aux questions des salariés. François Hollande était monté sur un camion ? Emmanuel Macron, lui, a emprunté un mégaphone pour se faire entendre, dans la fumée des barricades en arrière-plan.

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Emmanuel Macron tente de communiquer en vain avec les salariés de Whirlpool

Non, Whirlpool n'est pas le nouveau Florange

A l'époque, par le biais d'une formule ambiguë, François Hollande avait pris trois engagment concernant la réouverture du site de Florange, définitivement fermé en avril 2013.  Autant de promesses qu'il a trainé comme un boulet durant son quinquennat. Emmanuel Macron a donc visiblement retenu la leçon puisque, ce mercredi à Amiens, il s'est bien gardé d'en faire autant : "Je ne suis pas en train de vous dire que je suis en train de sauver vos emplois. Parce que personne ne peut le faire dignement", a-t-il estimé. Comme un écho au 7 avril, quand il s'était déjà refusé à toute "démagogie" sur ce dossier : "Je considère qu'une campagne présidentielle, ce n'est pas pour tenir des propos d'estrade avec des promesses sans pouvoir les tenir", avait-il déclaré lors de L'Emission politique sur France 2. Sa rivale Marine Le Pen s'est, elle, affichée moins précautionneuse par voie de communiqué : "Et je m’engage à sauver ce site.  Whirlpool Amiens ne fermera pas. Je l’ai dit, je le répète, je l’assume et j’en prends l’engagement ferme." La promesse de la candidate FN a évidemment été dégainée par les salariés de Whirlpool à l'intention d'Emmanuel Macron : "La réponse n'est pas la suppression de la mondialisation, ni la suppression des frontières. Ne vous trompez pas de combat!", a répondu le finaliste de la présidentielle à ces salariés. 

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Echange d'Emmanuel Macron avec les salariés de Whirlpool

Si les images témoignent d'une situation électrique à l'arrivée du candidat, c'est aussi car plusieurs militants FN étaient présents, dont Eric Richermoz, secrétaire départemental du FN.  Finalement, c'est un Emmanuel Macron bien plus apaisé qu'à son arrivée qui a quitté le site picard dont la fermeture est programmé à juin 2018.  


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