Présidentielle : qui sont les 5 candidats de Primaire.org, ce mouvement citoyen "sans ligne politique ou idéologique" ?

Présidentielle : qui sont les 5 candidats de Primaire.org, ce mouvement citoyen "sans ligne politique ou idéologique" ?

L'AUTRE PRIMAIRE - Un mouvement citoyen, une association de financement, un parti... et 5 candidats en lice. A l'ombre des primaires des grands partis politique, plus de 100.000 inscrits sont appelés à choisir, d'ici au 30 décembre, leur candidat "de la société civile" pour la présidentielle. Qui sont ces curieux invités du scrutin de 2017 ?

Ils sont cinq, inconnus du grand public, déconnectés des partis politiques, à vouloir transformer le pays et moderniser ses institutions loin des cadres établis de la Ve République. D'ici au 30 décembre, les quelque 110.000 internautes déjà inscrits sur la plateforme LaPrimaire.org sont appelés à trancher entre ces candidats citoyens dont le vainqueur tentera de porter un projet parallèle pour 2017, à l'ombre des primaires de la droite et de la gauche. Un appel aux dons a déjà permis de récolter 29.000 euros, avec pour objectif un budget de 300.000 euros pour la campagne à venir. Une association de financement, ainsi qu'un parti, ont été créés afin de répondre aux exigences légales. 


Tout a été prévu : au terme d'un processus amorcé en avril 2016 avec près d'un millier de citoyens, les cinq finalistes, Charlotte Marchandise, Michael Pettini, Michel Bourgeois, Nicolas Bernabeu et Roxane Revon ont franchi le premier tour courant octobre. Ils ont publié leur programme sur cette plateforme "sans ligne politique ou idéologique". Difficile, en effet, de trouver un clivage clair dans leurs propositions, même si des tendances se dégagent. "Ils sont à 80% d'accord sur les sujets", résume pour LCI l'avocat David Guez, l'un des initiateurs de LaPrimaire.org. Ce dernier cite l'instauration d'un revenu universel de base, la séparation des banques spéculatives et de dépôt, la transition écologique et surtout la réforme des institutions, voire l'instauration d'une VIe République. Des programmes marqués à gauche ? Pas si simple. "Il y a de fortes oppositions sur d'autres sujets", précise l'organisateur. "Ces candidats sont difficiles à situer parce que les clivages sont obsolètes. Ils les dépassent pour faire émerger de nouvelles lignes de force." Des propos qui ne déplairaient pas à Emmanuel Macron, le candidat "ni droite ni gauche" de la présidentielle... Qui sont donc ces cinq inconnus ?

Charlotte Marchandise, formatrice, 42 ans

Cette candidate, arrivée en tête du premier tour en octobre, est la seule élue. Elle est adjointe déléguée à la mairie de Rennes, après avoir intégré en 2014 sur une liste d'union de la gauche en tant que membre "de la société civile". Proche de l'écologie politique, clairement à gauche, elle en partage les priorités : "solidarité et justice sociale", adoption d'une nouvelle Constitution "par et avec le peuple", revenu de base universel, "transition énergétique, sociale et économique". Elle est également favorable à "la suppression des contrôles au faciès, aux "prisons ouvertes" pour la réinsertion des condamnés et veut mettre l'armée française sous l'égide des Nations Unies. 

Michael Pettini, 42 ans, médecin généraliste

Plus au centre sur l'échiquier politique, ce généraliste du Lot-et-Garonne, également favorable à une VIe République, fixe comme priorités "la santé et l'emploi". Estimant que le système de protection sociale à la française "ne fonctionne pas", il rejette toute "privatisation" mais veut réaliser des économies radicales, par exemple en supprimant les guichets de Sécu dans les petites villes ou encore les régimes spéciaux de retraite. Parallèlement, il prône "une taxation adéquate des primes et des très hauts salaires" en invoquant l'exemplarité.

Michel Bourgeois, avocat, 59 ans

Cet avocat à la Cour pénale internationale, qui vit dans les Alpes-Maritimes, est particulièrement inclassable. Il suggère, parmi ses priorités, de "réinstaller l'éthique au cœur de la vie politique" à travers une réforme de la Constitution, d'instaurer un "état d'urgence sociale", de favoriser "la création de monnaie locale dans chaque département", ou encore de taxer les produits venant de pays ne respectant pas les normes sociales.  Parallèlement, il prône la suppression de l'ISF, la baisse de l'impôt sur les sociétés, la "mise en concurrence" de la Sécurité sociale, et plaide pour qu'un travailleur sans titre de séjour acquitte des cotisations chômage... dont il ne bénéficiera pas. 

Nicolas Bernabeu, 31 ans, médecin

Ce soignant vivant en Corse, diplômé d'économie et de droit, est encore un peu plus à droite sur l'échiquier complexe de cette primaire. Il réclame une "simplification administrative" pour la création d'entreprises, une "limitation" des contraintes réglementaires qui pèsent sur elle, ainsi qu'une baisse des impôts et du coût du travail.  Pour autant, il propose lui aussi la création d'un "revenu de base" qui entraînerait une augmentation moyenne de "15% des salaires". Enfin, souverainiste, il prône la sortie de l'OTAN et le non respect des règles de l'Union européenne, une institution "pas démocratique", quitte à assumer le paiement de sanctions financières. 

Roxane Revon, 30 ans, professeur et metteur en scène

Cette Parisienne originaire de Provence partie vivre plusieurs années aux Etats-Unis, résolument pro-européenne, sensible aux questions d'assimilation, souhaite notamment une régulation de l'immigration selon des critères économiques définis au niveau des communes. Elle veut également décentraliser le système éducatif, "simplifier et alléger" la fiscalité, et préconise la "maîtrise des dépenses publiques". 

A la pêche aux parrainages

Sitôt le "candidat du peuple" choisi, le 30 décembre, ses soutiens devront partir, comme pour n'importe quel candidat à la présidentielle, à la chasse aux 500 parrainages d'élus locaux. Pas évident. "Une centaine de maires ont apprécié notre initiative", explique David Guez. "Mais on sait que ça va être compliqué."


Qu'il poursuive ou non son chemin jusqu'à la présidentielle, le candidat aura déjà rempli une partie de sa mission, selon l'organisateur : fournir des idées aux "gros" candidats. Et insuffler un peu de vent frais dans la campagne de 2017.

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2017 : la bataille de la gauche

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