Juppé démonte les projets de référendum de Sarkozy sur l'immigration et le terrorisme

Alain Juppé en meeting à Malakoff le 8 octobre 2016.
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CHRONIQUE DE LA PRIMAIRE - Sur son blog, Alain Juppé s'en prend ce lundi aux projets de référendum de Nicolas Sarkozy sur le regroupement familial et les "fichés S" de la lutte antiterroriste. Son concurrent, dit-il, aborde les enjeux "par le petit bout de la lorgnette".

Sachant son adversaire dans une mauvaise passe, Alain Juppé est bien décidé à ne pas lui laisser un seul espace pour respirer. Ce lundi, le maire de Bordeaux a donc publié sur son blog un texte fustigeant la dernière proposition choc de Nicolas Sarkozy, à savoir les deux référendums qu'il propose de soumettre aux Français au lendemain de son éventuelle élection. L'un sur la suspension du regroupement familial pour les immigrés. L'autre sur la détention préventive des "fichés S", ces individus non judiciarisés mais surveillés dans le cadre d'enquêtes antiterroristes.

Citant le général de Gaulle, pour qui "le référendum était un acte démocratique solennel qui donnait la parole au peuple afin qu'il se prononce sur une question décisive pour l'avenir de la Nation", Alain Juppé étrille la double proposition de Nicolas Sarkozy.

Les questions posées ne sont pas à la hauteur des enjeux. Je dirais même qu’elles abordent les problèmes par le petit bout de la lorgnette.- Alain Juppé

Pour Alain Juppé, le référendum sur le regroupement familial ne concerne pas "l'avenir de la Nation" puisqu'il concerne "à peine plus de 10.000 personnes sur les 200.000 arrivants sur notre sol". Le favori de la droite, qui envisage lui-même de durcir les conditions du regroupement, estime qu'il serait "excessif de les suspendre". Il avait eu un débat de ce type avec le maire de Béziers, Robert Ménard, lors de son passage dans "L'émission politique" sur France 2 la semaine dernière.

"La ligne rouge de l'Etat de droit"

S'agissant des individus "fichés S", s'il juge qu'il "ne faut pas exclure le placement en centre de rétention, à la condition qu'il se fasse avec l'intervention du juge judiciaire", le maire de Bordeaux rejoint les arguments du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Il affirme ainsi qu'il ne faut pas franchir "la ligne rouge de l'Etat de droit". 

Dernier argument pour invalider la proposition de Nicolas Sarkozy : le calendrier. Ce dernier ayant évoqué la date du 18 juin 2017 pour soumettre ces référendums, Alain Juppé explique que ces consultations, "organisées en même temps que les élections législatives (ndlr : le second tour est déjà programmé le 18 juin), ne pourraient que créer de la confusion dans le choix de nos concitoyens". Et faire oublier les autres priorités : emploi, environnement, éducation... 

Sur Europe 1, lundi matin, François Fillon avait également dénoncé "l'enfumage" de ces projets de référendums. La polémique ne devrait pas en rester là, le camp Sarkozy ayant manifestement décidé de faire de ces référendums l'étendard de cette nouvelle semaine de campagne pour la primaire à droite. 

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