Primaire à droite : ces couleuvres que devra avaler Hervé Mariton pour soutenir Alain Juppé

Primaire à droite : ces couleuvres que devra avaler Hervé Mariton pour soutenir Alain Juppé

CHRONIQUE DE LA PRIMAIRE DE LA DROITE ET DU CENTRE - Hervé Mariton, qui n'a pas se porter candidat à la primaire, a annoncé mercredi son ralliement à Alain Juppé. Une idylle qui va forcer le député de la Drôme à mettre de côté certains de ses engagements.

Les appels du pied de François Fillon, le candidat soutenu par les anti-Mariage pour tous, n'y ont rien fait. Hervé Mariton, dont la candidature à la primaire à droite a été invalidée, a créé la surprise mercredi en annonçant qu'il ralliait Alain Juppé, dont il assure partager "l'audace", le "réalisme" et "l'engagement".

 Que les mauvaises langues ne disent pas que c'est tout simplement pour soutenir le plus fort (et s'assurer un maroquin ministériel). Même s'il faut noter que selon notre dernier sondage, Alain Juppé fait la course en tête (39%), bien loin devant François FIllon (8%). Il s'agit, explique le député de la Drôme, de valeurs partagées. D'ailleurs, assure-t-il : 

Je soutiens celui qui m'a promis le moins- Hervé Mariton

Sur son site, Hervé Mariton évoque ses points communs avec le maire de Bordeaux, réputé plus modéré que la plupart de ses concurrents à la primaire (hormis Nathalie Kosciusko-Morizet) : la suppression de l’ISF, l'abrogation des 35 heures, le report de la retraite à 65 ans, la "réinstauration de la double peine", la "restriction du regroupement familial pour maîtriser l’immigration" (Nicolas Sarkozy, au passage, propose sa "suspension"...) ou encore la "suspension des allocations en cas d’absentéisme scolaire notamment". Il pourrait rajouter leur vision partagée de l'Union européenne.

Mais le député de la Drôme, beaucoup plus conservateur qu'Alain Juppé sur les valeurs, ne cache pas qu'il y a aussi de grosses différence entre eux. Et prévient d'emblée : 

Il n’est pas question que je renie mes convictions- Hervé Mariton

En effet. Le candidat Hervé Mariton défendait plusieurs idées aux antipodes des propositions, ou positions, d'Alain Juppé. Et objectivement, bien plus compatibles avec celles de François Fillon ou de Nicolas Sarkozy.

Le mariage pour tous

Le député de la Drôme, proche des opposants au Mariage pour tous - il va d'ailleurs participer à la Manif pour tous du 16 octobre -, prône l'abrogation pure et simple de la loi Taubira. Alain Juppé, pour sa part, a écarté depuis longtemps cette hypothèse, évoquant dès 2014 "une étape dans l'évolution de nos sociétés" sur laquelle il est exclu de revenir. 

Pour autant, le maire de Bordeaux partage son engagement contre la "gestation pour autrui", au point, selon Hervé Mariton, qu'il vient de lui confier une "mission" pour "porter le combat" contre la GPA en Europe et dans le monde. 

Le droit du sang

C'était l'un des credos de pré-campagne d'Hervé Mariton. Ce dernier vantait le principe du rétablissement du "droit du sang" pour devenir Français, jugeant que "la présomption doit être que la naissance sur le sol français n’induit pas l’acquisition de la nationalité". 

Jugeant que "la suppression pure et simple du droit du sol serait une erreur manifeste" et une "remise en cause du modèle français", Alain Juppé a proposé de son côté une simple révision du régime actuel. Il souhaite conditionner l'acquisition de la nationalité française pour les enfants nés en France "à la régularité du séjour d'au moins l’un des deux parents au moment de la naissance".

L'interdiction du burkini

Lors des débats de l'été sur le burkini, ce vêtement polémique que certains maires ont voulu interdire sur les plages de France, Alain Juppé s'était opposé, après l'invalidation d'un arrêté par le Conseil d'Etat, à toute "loi de circonstance" sur le sujet, appelant à "calmer le jeu" et à "ne pas jeter de l'huile sur le feu". 

Alors que Nicolas Sarkozy se disait carrément favorable à une révision de la Constitution, Hervé Mariton soutenait également les maires qui avaient pris ces arrêtés  pour des motifs "d'ordre public" et estimait que "la loi française doit s'imposer à tous". Il a toutefois appelé à éviter les "provocations inutiles", relativisant la polémique estivale sur le burkini.

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