Primaire(s) à gauche : 5 questions pour y comprendre quelque chose

Primaire(s) à gauche : 5 questions pour y comprendre quelque chose

MODE D'EMPLOI - Alors que la droite connaît désormais les 8 candidats à sa primaire, les candidatures potentielles se multiplient comme des petits pains à gauche. Combien y a-t-il de primaires ? Qui sont les candidats ? Quels poids pèsent-ils ? Faisons le point sur ces primaires compliquées.

Combien de candidats porteront-ils des valeurs dites "de gauche" au premier tour de l'élection présidentielle ? Seul un devin pourrait y répondre à l'heure actuelle, tant les candidatures se multiplient dans tous les camps, de l'ex-Front de gauche au Parti socialiste en passant par les écologistes. Dans cette foire aux ambitions personnelles, voici ce que l'on peut déjà comprendre.

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Benoît Hamon, candidat du PS à la présidentielle

Combien y a-t-il de primaires à gauche ?

On compte pour l'heure deux primaires organisées parmi les forces de gauche. La première est celle des écologistes d'EELV, dont la ligne officielle est hostile au gouvernement depuis la démission deux de ses ministres en 2014. Ce scrutin par voie postale est ouvert à tout citoyen français ou résident en France qui aura signé une "charte des valeurs" et qui sera inscrit avant le 1er octobre 2016. L'inscription coûtera 5 euros, sauf pour les adhérents EELV. Les Français de l'étranger voteront par voie électronique. Le scrutin se déroulera en octobre, à deux tours (ce qui n'est pas encore tranché). Les résultats seront proclamés les 19 octobre et 6 novembre. 

La seconde primaire est celle de la Belle Alliance populaire, c'est-à-dire surtout le Parti socialiste et quelques alliés du gouvernement, les radicaux de gauche ayant exclu d'y participer en juin dernier. Elle est prévue les 22 et 29 janvier 2017, les modalités précises du scrutin devant être adoptées le 2 octobre. Le dépôt des candidatures aurait lieu entre le 1er et le 15 décembre. 

Qui participe à la primaire écolo ?

Quatre candidats ont obtenu les parrainages requis : les députés européens Yannick Jadot, Michèle Rivasi et Karima Delli, ainsi que l'ancienne ministre Cécile Duflot. Ils auront l'occasion de confronter leurs idées lors de deux débats organisés à la télévision ou à la radio, dont le premier devrait se tenir le 1er octobre. 

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Qui participe à la primaire du PS et de ses alliés ?

François Hollande n'étant pas officiellement candidat - malgré les signes dans ce sens -, sa participation à la primaire est inconnue pour l'heure. Au PS figurent plusieurs représentants de "l'aile gauche", ouvertement anti-Hollande, Gérard Filoche, Marie-Noëlle Lienemann et le député Benoit Hamon, déclarés candidats tout en souhaitant que la primaire dépasse ce cadre et s'élargisse à gauche. L'ex-ministre Arnaud Montebourg s'est dit favorable à une participation à condition que le déroulement soit "loyal". Sous-entendu : il ne souhaite pas que le débat se résume à un plébiscite ou non de François Hollande.

L'ancien ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, tout à sa conquête du centre (ou "ni droite, ni gauche") a déjà dit en juin qu'il n'était "pas intéressé" par cette primaire. Le député écologiste "réformiste" François de Rugy , en revanche, est en lice, ainsi que l'ex-député européen Jean-Luc Bennahmias.  

Qui veut une primaire de la gauche unie ?

Certaines voix souhaitent que la gauche organise une grande primaire unique afin de conjurer le scénario probable d'une défaite au profit du Front national au premier tour de la présidentielle. C'est le cas de l'ex-ministre Christiane Taubira, qui appelait lundi, dans Libération, à une union de la gauche dès le premier tour. Au PS, les "frondeurs", réunis ce week-end à La Rochelle, plaidaient dans ce sens, lançant un appel au PCF et à EELV. Arnaud Montebourg soutient le principe : 

Plus la primaire est large, plus elle est efficace- Arnaud Montebourg

Mais en réalité, on en est loin. Les candidats socialistes peinent déjà, en leur sein, à trouver un terrain d'entente pour n'avoir qu'un seul représentant face à François Hollande. Les partisans de Benoit Hamon et de Marie-Noëlle Lienemann, par exemple, envisagent une primaire en ordre dispersé, rejetant un ralliement prématuré à Arnaud Montebourg, dont ils ne partagent pas certaines idées, notamment sur le plan économique. "On a besoin que le juge de paix soit le peuple de gauche", justifie Benoit Hamon. 

VIDEO. Ce week-end, les frondeurs du PS, réunis à La Rochelle, ont discuté du "tout sauf Hollande"

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Les frondeurs du PS réunis à La Rochelle pour discuter du « tout sauf Hollande »

De leur côté, les écologistes d'EELV ont déjà dit "niet", à l'instar de Cécile Duflot, qui refusait, lundi sur RTL, de faire "entrer tout le monde dans une boîte". Quant au PCF, il reste tiraillé entre un soutien à Jean-Luc Mélenchon - qui est parti tout seul à la présidentielle, suscitant l'ire de l'état-major communiste - et une alliance avec l'aile gauche du PS et les écolos, façon "gauche plurielle" de Lionel Jospin, mais contre François Hollande. Jean-Luc Mélenchon a, de son côté, balayé toute candidature unique dès son début de campagne en février. "Le seule primaire dont je suis sûr, c'est le premier tour de l'élection présidentielle", avait-il tranché. 

Que pèserait un candidat unique de la gauche ?

Une simple analyse des rapports de force permet de comprendre pourquoi certains, à gauche, rêvent d'union. Notre sondage TNS Sofres-One Point pour LCI montrait ainsi, la semaine dernière, que la pure et simple addition des scores de candidats de gauche permettrait de surclasser largement le candidat de la droite et du centre au premier tour. Voire, en ajoutant les voix prêtées à une candidature d'Emmanuel Macron, de devancer même le score potentiel de Marine Le Pen. C'est-à-dire que le rapport de force global entre la gauche et la droite serait favorable à la première, malgré le passif prêté au quinquennat Hollande. 

Un scénario qui reste, on l'aura compris, tout à fait improbable. Mais il permettra, en cas d'échec en 2017, à chaque force de gauche d'accuser l'autre d'être responsable de la défaite. 

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