Primaire à gauche : le ton monte entre les candidats sur l'accueil des migrants, Valls pris en tenailles

IMMIGRATION - La politique d'accueil des migrants a donné lieu ce dimanche aux premiers échanges tendus des débats de la primaire de la gauche, opposant Manuel Valls pris en tenailles par les autres candidats.

Premières tensions entre les sept candidats à la primaire de la gauche, à l'occasion du deuxième débat, ce dimanche 15 janvier. L'ancien Premier ministre a défendu avec vigueur l'attitude de la France, qui a accueilli depuis 2015 moins de migrants que d'autres pays, l'Allemagne au premier rang, et s'est vu attaquer en particulier par Benoît Hamon et Vincent Peillon.


Manuel Valls a reconnu que la France n'avait pour l'heure accueilli que 5.000 réfugiés sur les 30.000 qu'elle a promis d'accueillir, et défendu cet objectif, plus faible s'il est rapporté au nombre d'habitants que celui promis ailleurs, en expliquant que les Français ne souhaitaient pas un accueil massif.

J'en ai assez qu'ici comme ailleurs on mette toujours cause la France. Ou on ouvre les frontières ou on est capable de les maîtriser !Manuel Valls

Benoît Hamon attaque Valls

"La France a eu raison de mener cette politique", a déclaré l'ancien Premier ministre, en jugeant que "l'histoire nous a donné raison", sans préciser en quoi. "Avec cette politique, sommes-nous à la hauteur de nos valeurs ?", s'est interrogé Benoît Hamon, en répondant par la négative.


"Nous pouvons accueillir davantage de migrants", a assuré Hamon, en expliquant vouloir "dire à Manuel Valls" que l'honneur de la France était de faire vivre ses valeurs. La France est l'un des pays "les moins volontaires pour faire face à ce qu'était cette détresse", a déploré l'ancien ministre de l'Education nationale, qui propose notamment un "visa humanitaire" permettant d'accueillir temporairement les réfugiés.

Sylvia Pinel au secours de Valls

Avec Manuel Valls, "nous avons un désaccord profond" sur l'accueil des réfugiés, a expliqué Vincent Peillon, reprochant à l'ancien Premier ministre d'avoir fait "la leçon" en Allemagne à la chancelière Angela Merkel, qu'il avait accusée devant des journalistes d'avoir ouvert les portes de l'Europe aux migrants.


La candidate du Parti radical de gauche, Sylvia Pinel, a rappelé la tradition "humaniste et digne" de la France et appelé à une meilleure réponse européenne, en prônant en particulier la création d'un droit d'asile européen. L'écologiste François de Rugy a porté la critique la plus dure contre le candidat de la droite François Fillon, qui a selon lui ressorti le mot d'ordre du Front national : "immigration zéro".

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