Benoît Hamon détaille son programme en empruntant à Peillon, Montebourg et Pinel

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Benoît Hamon, candidat du PS à la présidentielle

SYNTHÈSE - Benoît Hamon détaille jeudi matin son projet pour la présidentielle. Dans les mesures dévoilées par "Le Parisien", on découvre des propositions portées durant la primaire par ses concurrents Arnaud Montebourg, Sylvia Pinel et Vincent Peillon.

L'art de la synthèse version Hamon. Le candidat socialiste, qui détaille son projet jeudi matin, s'est employé à "enrichir" ses propositions en donnant des gages à ceux qui, à gauche, s'inquiétaient de mesures parfois jugées mal ficelées ou mal financées. Parmi les éléments dévoilés par Le Parisien, on retrouve bien sûr les propositions qu'il porte depuis la primaire socialiste, mais aussi des idées venues de ses concurrents. Voici ce que l'on peut retenir. 

Revenu universel : taxer les banques

La proposition phare de Benoît Hamon d'instaurer un revenu universel d'existence, déjà remaniée plusieurs fois, est enrichie d'une nouvelle précision. Ce "complément de revenu", qui concernera les salariés touchant moins de 2800 euros brut dans un premier temps, sera financé "sans aucun impôt", mais avec des financements innovants dont "une taxe sur les superprofits des banques". Une forme de contrepartie, aux yeux du candidat, pour qui les banques "ont été aidées à survivre à la crise" durant le choc financier de 2009-2010.

La taxe sur les robots dédiée à l'emploi

Accusé par ses détracteurs de n'envisager que "la fin" du travail, Benoît Hamon apporte une précision intéressante sur son projet de taxe sur les robots qui se substituent au travail humain. Le candidat préconise d'utiliser cette taxe pour "financer un fonds de transition travail dédié à la formation au retour à l'emploi des personnes dont le travail est désormais effectué par une machine intelligente". On ne parle plus ici de raréfaction du travail, mais bien de retour à l'emploi. 

Made in France et nationalisations : merci Arnaud Montebourg

Dans la nouvelle mouture de son projet, Benoît Hamon intègre également l'une des propositions phares de son ancien rival Arnaud Montebourg. Sur le front du "made in France", le candidat socialiste propose ainsi de réserver 50% des marchés publics aux TPE et PME françaises. Une proposition qui serait, assure-t-il, "absolument compatible" avec la législation européenne sur la concurrence. Par ailleurs, Benoît Hamon fait sienne l'idée d'Arnaud Montebourg (et de Jean-Luc Mélenchon) de procéder, si besoin, à des "nationalisations temporaires" pour des fleurons industriels menacés. 

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Allocation au premier enfant : merci Vincent Peillon

Le projet présenté jeudi contient également une proposition qui avait été avancée par le député européen Vincent Peillon durant la primaire (mais aussi, à droite, par Nathalie Kosciusko-Morizet). Il s'agit de l'allocation "dès le premier enfant" (contre le deuxième actuellement), qui serait perçue par une famille. Une mesure de pouvoir d'achat mais aussi, plaide le candidat", pour soutenir notre démographie". 

Une touche de Sylvia Pinel

Le projet de Benoît Hamon doit également intégrer des mesures chères aux radicaux de gauche (PRG), portées durant la primaire par Sylvia Pinel, qui a annoncé mercredi le soutien de son parti au candidat PS. On y retrouvera notamment la réforme de la gouvernance de la zone euro. Ou encore cette précision sur la légalisation du cannabis, souhaitée tant par Benoît Hamon que par le PRG et les écologistes : il s'agit de créer "des points de vente d'Etat" interdits aux mineurs et assortis "éventuellement" de "prescriptions de santé". 

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Dans l'éducation, des embauches et du "travailler plus pour gagner plus"

Benoît Hamon confirme son souhait d'embaucher 40.000 enseignants supplémentaires, dont la moitié dans le primaire. S'il refuse l'autonomie des établissements prônée par Emmanuel Macron, il confirme vouloir mettre en place son "service d'aide public aux leçons" pour accompagner les enfants dans leurs devoirs. Qui en aura la charge ? "Les enseignants", explique Benoît Hamon, qui propose une mesure que ne renieraient pas les tenants du "travailler plus pour gagner plus" : 

Les enseignants travailleront plus mais ils seront payés en heures supplémentaires- Benoît Hamon

En vidéo

Benoît Hamon, invité du JT 20H du 14 mars 2017

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