Qu'est-ce que l'Alliance Bolivarienne à laquelle Jean-Luc Mélenchon veut adhérer ? Il s'explique lui même sur TF1

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Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

LÀ-BAS - Le rappel du point 62 du programme de la France insoumise a surpris Clémentine Autain et n'a pas mis très à l'aise Alexis Corbière, deux des lieutenants de Jean-Luc Mélenchon. Mais quelle est donc cette alliance ?

C'est un de ces points de programme qui reviennent incidemment au milieu d'une interview politique et qui ne mettent pas à l'aise ceux qui y sont confrontés. Le point 62 du chapitre consacré aux relations internationales du programme de la France insoumise dit la chose suivante : "Instaurer une politique de développement avec l'Amérique latine et les Caraïbes en adhérant à l'Alba", l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique. Cela a été le cas pour Alexis Corbière et Clémentine Autain, respectivement invités de France 5 lundi 11 avril et mercredi 13 avril, qui ont affiché une certaine gêne devant le sujet.

Il peut faire lever quelques sourcils. D'abord sur le plan géographique, la France étant une nation européenne. Ce serait toutefois oublier que la France partage des centaines de kilomètres de frontière avec le Brésil, comme se plaît à le rappeler Jean-Luc Mélenchon, qui estime aussi que l'Alba se révèle être une opportunité "pour les Antilles et la Guyane française". Mais moins sur le plan politique : en effet, cette alliance est née en 2004 sur l'impulsion de Fidel Castro et Hugo Chavez, défunts leaders venezuelien et cubain régulièrement cités par le candidat des Insoumis.

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Une communauté de pays

L'idée des deux leaders révolutionnaires était de proposer une communauté de pays de la région "andine et caribéenne avec pour principal objectif de réduire la pauvreté et les inégalités sociales résultant de l'application indiscriminée de politiques néo-libérales". Neuf pays y figurent, récapitule le site de la direction générale du Trésor : Venezuela, Cuba, Bolivie, Equateur, Nicaragua, Sainte-Lucie, Saint Vincent et les Grenadines, saint-Kitts-and-Nevis, La Dominique, Antigua et Barbuda. 

Le tout dans le plus pur esprit bolivariste, libérateur d'une grande partie de l'Amérique latine au XIXe siècle et inspirateur du chavisme.

Une monnaie virtuelle et une banque

Face à la suprématie du dollar dans cette région du monde, les membres de l'Alba ont décidé de créer le Système unitaire de compensation régional, le SUCRE, afin de favoriser les échanges par l'intermédiaire des banques centrales des pays membres. Cette alliance bénéficie également, grâce à la souscription de six pays, d'un capital de milliard de dollars, destinés à développer chez eux des projets à dimension sociales.

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Mélenchon s'explique sur le point 62 de son programme : l'adhésion de la France à l'agence bolivarienne

Des invités gênants

On peut supposer qu'une partie de la gêne vient du fait que l'Alba, foncièrement anti-impérialiste, n'est pas toujours regardante auprès de ses invités. C'est ainsi que l'Iran est un pays observateur depuis une dizaine d'années, tout comme la Syrie. Deux pays avec lesquels la France entretient de difficiles relations. Relations qu'une arrivée de Jean-Luc Mélenchon révolutionneraient assurément. L'ambassade de France au Venezuela rappelait d'ailleurs qu'en 2015, la France avait bien peu d'échanges commerciaux avec ces pays : 1,3 milliards d'euros en 2015, soit "moins de 6% des échanges entre la France et l'Amérique latine."

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