Quand le candidat Fillon ressort la notation des ministres... du Premier ministre Fillon

SURVEILLANCE - C'est l'une des promesses de François Fillon : les ministres seront évalués sur une liste d'objectifs à remplir et leur place dans le gouvernement sera en danger en cas d'échec. Ce qui n'est pas sans rappeler une méthode utilisée en 2008.

Régime sec pour les ministres. Si François Fillon est élu président le 7 mai 2017, les membres de son équipe gouvernementale seront surveillés de près. C'est ce qu'a annoncé le candidat de la droite et du centre à la présidentielle, lundi 13 mars, lors de la présentation de son projet présidentiel, et plus particulièrement de son projet pour la "transparence de la vie publique".


Ainsi, l'ancien Premier ministre a-t-il promis "un gouvernement restreint de 15 membres", avec des ministres choisis "sur le critère de la compétence", dotés de "10 personnes par cabinet". Sûrement échaudé par sa propre expérience à Matignon et les nombreuses sorties de route gouvernementales sous le quinquennat Hollande, il a également appuyé sur la nécessaire "collégialité et solidarité gouvernementale", la "prévention des conflits d'intérêt" et "la bonne utilisation des moyens publics".

Mais de toutes ces déclarations d'intention, une retient en particulier l'attention :

Les ministres auront des objectifs précis à remplir avec des échéances à respecter. Leur travail fera l'objet d'un suivi, qui sera publié. Les ministres qui ne rempliront pas leurs objectifs ne resteront pas au gouvernement. L'Etat n'est pas une entreprise mais il n'est pas interdit de s'inspirer des méthodes de management qui ont fait la preuve de leur efficacité dans le monde entier.François Fillon, le 13 mars

2008 de retour

Une promesse particulièrement forte, qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler un usage mis en place lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy, sous l'égide d'un Premier ministre du nom de... François Fillon. A l'époque, début 2008, les ministres devaient recevoir un bilan individuel de leur action, expliquait Le Figaro. On annonçait alors que tous les trimestres, en fonction de l'avancée de leurs projets de loi respectifs, ils seraient évalués selon trente critères, par un cabinet d'audit dépêché pour l'occasion. Des entretiens qui n'avaient nullement gêné les ministres, tous prêts à se soumettre à l'exercice. Secrétaire d'Etat, Eric Besson (pas concerné par la notation) faisait ainsi valoir son expérience du monde de l'entreprise et de ses entretiens annuels pour légitimer la méthode.


On ne pouvait pas en dire autant de Philippe Séguin, président de la Cour des comptes à l'époque - et l'un des mentors politiques de François Fillon -, qui avait critiqué le fait de faire appel à un cabinet privé pour pareille évaluation. Un classement des ministres avait fuité dans L'Expansion,  début 2009, où François Fillon apparaissait à... la 9e place. Premier de la classe : Eric Woerth, alors au Budget. Bonnet d'âne : le ministre de l'Education Xavier Darcos. Loin de reculer sur l'échiquier gouvernemental, il avait ensuite rejoint le ministère du Travail, d'où il partira un an plus tard.

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