Quel que soit le résultat du second tour, des syndicats appellent à descendre dans la rue dès lundi

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ELECTIONS - Le collectif Front social, composé de sections de différents syndicats, appelle à un rassemblement lundi, à 14 h, place de la République, à Paris. L’idée est de lancer une mobilisation pour défendre les acquis sociaux, et ce, quel que soit le président élu.

Quel que soit le président élu, ils appellent à descendre dans la rue. Pour marquer le coup et ce, dès le début du quinquennat. Plusieurs sections de syndicats comme la CGT, SUD ou l'Unef, réunies au sein du collectif Front social, appellent à un rassemblement lundi, à 14 h, place de la République à Paris.

Cet appel de la "base" des syndicats bouscule volontairement le calendrier de leurs centrales nationales. Ces sections n’ont en effet jamais accepté la fin de la bataille contre la loi travail, et veulent faire passer leur message : "Participer à la première mobilisation sociale du quinquennat que ce soit la peste ou le choléra qui arrive au pouvoir".

Instaurer un rapport de force

"On considère qu'on n'a pas grand-chose à attendre des propositions faites par les candidats" Emmanuel Macron et Marine Le Pen, explique Frédéric Guillo, de la CGT-préfecture de police de Paris, membre de ce collectif créé le 27 avril.  "Dès lors, il faut que les salariés organisent un rapport de force", ajoute-t-il, reconnaissant "un décalage avec les confédérations sur la forme et l'urgence" d'une éventuelle mobilisation.

Le collectif comprend notamment la CGT-Goodyear, SUD PTT-92, l'Unef-Montrouge, Sud Education 92, 76 ou 95 ou CNT-Lille, mais aussi des associations comme la compagnie Jolie Môme ou Droit au logement, assure Romain Altmann, responsable du turbulent syndicat Info'Com, qui a souvent eu maille à partir avec la direction de la CGT. Il y a un an, ses affiches sur les violences policières, au plus fort de la loi travail, avaient déclenché la polémique. Le Front social est un "réseau horizontal" constitué par les militants de "la base", explique Romain Altmann.

Le 22 avril, à la veille du premier tour, ces organisations avaient déjà organisé un rassemblement et une manifestation, également place de la République, où près de 2.000 personnes étaient venues, selon la police. Une "faible mobilisation" que les organisateurs mettent au crédit de la jeunesse du mouvement. "C'est une construction récente qui va se développer sur le long terme", espère Frédéric Guillo.

Le point commun à tous ces syndicats est la frustration d'avoir vu la mobilisation contre la loi travail s'arrêter juste après les manifestations nationales du 15 septembre. Une décision prise par les directions de la CGT, FO, Solidaires, FSU ou l'Unef "sans concertation avec la base", regrette Barthélémy Piron, militant de l'Unef Nanterre. Sur une ligne dure, la plupart de ces syndicats avaient poussé tout au long de la bataille contre la loi travail à une "grève générale", en vain. 

Quelle ampleur pour ce collectif ?

Les contours de la suite de la mobilisation restent toutefois flous, mais le collectif détient une caisse de grève, mise en place pendant la loi travail, contenant 140.000 euros, selon Romain Altmann. Les centrales nationales relativisent l'importance de ce collectif, porté par "quelques" syndicats alors que le pays en compte des "centaines". Interrogée par l'AFP, la CGT n'a pas souhaité réagir, estimant que cette problématique relevait de son "fonctionnement interne". Côté Solidaires, on qualifie ce collectif de "petit et étroit". "Tout ce qui fait du mouvement est utile, mais on n'a pas besoin d'avoir une folle opposition sur le front syndical en cette période", a expliqué Eric Beynel, son porte-parole.

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Dans une tentative de rassemblement, Solidaires a convié les principaux syndicats à une réunion le 11 mai, pour parler de la montée du Front national lors de cette présidentielle, mais aussi du programme d'Emmanuel Macron. "Présenter aux salarié-es un front unitaire montrant que nous sommes les uns et les autres prêts à défendre leurs droits et à en conquérir de nouveaux serait dans cette période tout à fait positif", explique Solidaires. Seul la CFE-CGC a répondu pour l'instant, pour dire qu'elle déclinait l'invitation.

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