Qui est Gaspard Gantzer, le conseiller com' de Hollande qui a finalement refusé d'être candidat REM aux législatives ?

Élections Européennes 2019
PORTRAIT - Gaspard Gantzer, conseiller à la communication de François Hollande, a fait brièvement partie des candidats La République En Marche aux législatives. Enarque âgé de 37 ans, il avait été investi jeudi 11 mai, avant d'y renoncer le lendemain, devant la levée de bouclier qu'avait suscitée son investiture.

À huit jours de la fin du dépôt légal des candidatures, le mouvement En Marche! a dévoilé jeudi l’identité de 428 de ses 577 candidats pour les législatives. Si Manuel Valls a été recalé d'office, Gaspard Gantzer, le conseiller en communication du président sortant François Hollande, avait été accueilli à bras ouverts... jusqu'à ce qu'il renonce. Investi dans la 2e circonscription de l'Ille-et-Vilaine, à Rennes, il a finalement renoncé, le lendemain, a-t-il affirmé à l'AFP, faisant valoir que, ses "attaches" étant à Paris, ce choix n'était "pas une bonne idée", sans oublier de remercier Emmanuel Macron pour sa confiance.


Il faut dire que l'investiture n'était pas passée inaperçue. Par son origine, d'abord. La devait-il à François Hollande ? C'est ce qu'avait affirmé à LCI Jean-Paul Delevoye, chargé des investitures de la République en Marche, selon qui celle de Gaspard Gantzer répondait à "une demande" du futur prédécesseur d'Emmanuel Macron. Des propos démentis à LCI par des proches du chef de l'Etat sortant. Mais c'est surtout à Rennez que la nomination avait été mal accueillie. Le parachutage de ce Parisien avait été vécu comme un signe de "mépris", rapporte Ouest France, par certains élus locaux, PS, LR et FN confondus. "Vieilles ficelles politiciennes", "recyclage de la Hollandie", "candidature venue d'ailleurs"... Même Jean-Yves Le Drian, trophée socialiste capté par Emmanuel Macron, n'avait pas du tout apprécié, indiquait encore Ouest France.

Un camarade de classe d'Emmanuel Macron

À 37 ans, Gaspard Gantzer est un pur produit de la classe politique. Énarque, il a fait ses classes avec… Emmanuel Macron. Si ce dernier a fait une ascension fulgurante, Gaspard Gantzer, lui, prend son temps. Tout juste diplômé, en 2004, et jeune encarté du PS, il entre au ministère du Travail en tant qu’administrateur civil, avant de travailler pour le Centre national du cinéma. Après un an passé au CNC, la politique lui manque.


Pistonné par l’un de ses professeurs à Science Po, également directeur de cabinet de Bertrand Delanoë, il est embauché en 2008 par Christophe Girard, adjoint à la Culture à Paris. Passionné par la communication, il rejoint le service dédié de la Ville de Paris et devient porte-parole de Bertrand Delanoë de mai 2012 à janvier 2013. La même année, il est enrôlé dans l’équipe de com’ du Quai d’Orsay, puis, mi-avril 2014, il est appelé à remplacer Aquilino Morelle, conseiller en communication à l’Élysée. Ce dernier avait été forcé de quitter ses fonctions, soupçonné de conflit d’intérêts.

L'homme de l'ombre de François Hollande

Bien que petit nouveau à l'Elysée, Gaspard Gantzer retrouve un certain nombre de visages familiers. Parmi lesquels Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint de l'Elysée, et Nicolas Revel, également secrétaire général adjoint et ex-directeur du cabinet de Bertrand Delanoë. Sa femme, Emilie Lang, travaille pour le service de presse. Pendant près de trois ans, il devient l'ombre de François Hollande. Chef du pôle communication de la présidence de la République, il est également chargé des relations avec la presse.


Lorsque Libération avait fait son portrait en janvier dernier, Gaspard Gantzer avait assuré aux journalistes du quotidien ne pas avoir reparlé à Emmanuel Macron depuis son départ du gouvernement. À la question d'une possible future collaboration, il avait estimé : "Je ne pense pas, ça serait difficile. Je n’arrive pas du tout à me projeter. Je ne sais pas à quoi ma vie va ressembler". Un retournement de situation total, très mal vécu à l'Elysée, selon un confidentiel d'un journaliste du Figaro

Un fêtard dans l'âme

Malgré l'enchaînement de ses postes à responsabilité, Gaspard Gantzer est un fêtard invétéré. Dès ses premiers jours aux côtés de François Hollande, ce penchant pour les soirées bien arrosées l'a rattrapé alors qu'il n'avait pas pensé à faire le tri sur son profil Facebook et sa page Twitter. Résultat : de nombreuses photos de lui, clope au bec ou verre à la main, ont émergé sur les réseaux sociaux. Les journalistes du Lab d’Europe 1 évoquaient alors les "drôles de cigarettes" du conseiller. Des roulées qui pouvaient s'apparenter à des joints. Interrogé, il avait affirmé n'avoir "aucune idée" de leur composition.

Depuis ces fuites, le nouveau candidat aux législatives a pris l'initiative de privatiser sa page Facebook. 

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