Qui est Ismaël Emelien, le "conseiller spécial" de Macron à l'Elysée cité dans l'affaire Benalla ?

PORTRAIT – Fidèle de la première heure d'Emmanuel Macron, Ismaël Emelien, 31 ans, occupe le poste stratégique de "conseiller spécial" du président, dont il a suivi l'ascension fulgurante. Il est désormais cité dans l'affaire Benalla car il a eu en sa possession les images de vidéosurveillance volées du 1er mai.

Il s'appelle Ismaël Emelien, il a 31 ans et il est l'atout du président de la République. Fidèle parmi les fidèles, le jeune homme est, depuis le 14 mai et la passation de pouvoirs entre Emmanuel Macron et François Hollande, le discret "conseiller spécial" du président. Mais l'affaire Benalla a fait surgir son nom dans le débat public.


Identifié comme le destinataire d'images de vidéosurveillance volées, qui ont transité par les mains de policiers et d'Alexandre Benalla - tous mis en examen pour le recel de ces images - Ismaël Emelien se retrouve exposé, d'autant plus que ces images ont été diffusées brièvement sur des comptes Twitter pro-Macron. L'Élysée reconnait qu'il a eu ces images en sa possession mais affirme avoir saisi la justice dès qu'elle a su la provenance de ces images. Alors qu'Ismaël Emelien ne s'est toujours pas exprimé sur cette affaire, LCI revient sur le parcours de ce proche du président brusquement projeté dans la lumière.

L'ombre du Venezuela

Ismaël Emelien était étudiant à Sciences Po Paris, jusqu'à ce qu'il mette ses études entre parenthèses en 2005, à l’âge de 19 ans, pour s'engager en politique aux côtés de Dominique Strauss-Kahn, son professeur. A cette époque, il participait notamment à l'écriture des discours de l'ancien candidat à la primaire socialiste avec Gilles Finchelstein, un autre proche. Ce n'est qu'après l'échec du ténor à cette primaire de 2006 qu'il reprendra le chemin de l'école. Etudes d'opinion, stratégie politique, communication de crise… le diplômé fait ses armes lors  de stages dans le privé mais aussi dans le public. 


Le parcours est exemplaire mais le tableau n'est pas tout blanc. En 2013, Ismaël Emelien, alors qu'il travaillait pour Havas, a en effet participé à la campagne de l'actuel président du Venezuela, Nicolas Maduro, qui fait l'objet de vives protestations dans son pays. "Je suis allé au Venezuela deux fois trois jours. J'ai consacré à cette mission environ une journée par semaine pendant trois mois", a d'ailleurs confirmé le conseiller à Mediapart qui l'avait interrogé à ce sujet. Mais le contrat n'aurait pas été renouvelé après la désillusion : Maduro n'était pas Lula.

La rencontre avec Emmanuel Macron

Ismaël Emelien et Emmanuel Macron se croisent tout d'abord à la fondation Jean-Jaurès mais les relations se consolident un peu plus tard. Lorsque ce dernier quitte son poste de secrétaire général de l'Elysée en 2014, ils envisagent de lancer une start-up ensemble. Mais avant que le projet ne voit le jour, Emmanuel Macron est nommé ministre de l'Economie. Il recrute alors Ismaël qui le conseillera jusqu'à son départ de Bercy, et même après. 


Au lancement du mouvement En marche !, le 6 avril 2016, Ismaël Emelien répond présent et occupe le poste de conseiller stratégie, campagne et mouvement. Mission réussie pour le trentenaire, qui a largement participé à l'élection d'Emmanuel Macron, et a obtenu sa place de conseiller spécial du président au sein de son cabinet. Au cours de la première année du quinquennat, Ismaël Emelien se fait très discret... jusqu'à ce que son nom soit évoqué dans l'affaire Benalla.

Emelien, destinataire des images de vidéosurveillance volées du 1er mai

Dans l'affaire Benalla, il y a une autre affaire : celle des images de vidéosurveillance du 1er mai, filmées sur la place de la Contrescarpe. Ces images auraient été remises par un policier à Alexandre Benalla le 18 juillet, afin que ce dernier assure sa défense. Benalla affirme dans Le Monde ne pas avoir regardé la vidéo et l'avoir remise "à l’Elysée à un conseiller communication".  Ce conseiller en communication, c'est Ismaël Emelien.


L'Élysée a confirmé qu'Ismaël Emelien a bien eu en sa possession la vidéo, mais se défend de toute infraction, en affirmant que le cabinet de la présidence a saisi la justice dès le 20 juillet, à cause du "doute" sur l'origine du document. C'est par ailleurs sur ce motif que l'Élysée décide de licencier Benalla. Le parquet de Paris enquête depuis sur ces faits de "recel de détournements d'images issues d'un système de vidéo-protection", et de "recel de violation du secret professionnel", commis entre le 18 et 20 juillet. C'est dans le cadre de cette enquête que Benalla et 3 policiers ont été mis en examen. Jusqu'ici, aucun élément concret ne semble exposer Ismaël Emelien.


Le 26 juillet, Mediapart révèle néanmoins que les images de vidéosurveillance dérobées ont été brièvement diffusées sur des comptes Twitter pro-Macron dans la nuit du 18 au 19 juillet. Des faits dont s'est saisi la justice, avait alors révélé LCI.

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