Rallier Hollande en 2017 ? Les candidats écolos refusent de "prêter allégeance"

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DÉBAT - Les candidats à la primaire écologiste – Cécile Duflot, Karima Delli, Michèle Rivasi et Yannick Jadot – tenaient leur premier débat mardi sur LCP. Un point les réunit : pas question, pour l'heure, d'évoquer un rapprochement avec le PS, et encore moins avec François Hollande.

S'allier ou non avec le Parti socialiste. À chaque élection, locale ou nationale, la question taraude les écologistes. Elle a poussé des ministres à la démission en 2014, et failli faire exploser le parti EELV au printemps dernier, après la nomination de son ex-patronne, Emmanuelle Cosse, au gouvernement, contre l'avis de ses camarades.


Posée par les journalistes lors du premier débat de la primaire d'EELV sur LCP, mardi, cette éternelle question des alliances a été évacuée de concert par les quatre candidats, Cécile Duflot, Michèle Rivasi, Yannick Jadot et Karima Delli. La question exacte : seraient-ils prêts à participer à un nouveau gouvernement de François Hollande ? Réponse de la députée européenne Michèle Rivasi :

Il est hors de question de faire allégeance à un PS déficient, qui n'a pas tenu sa parole. Notre position, c'est l'autonomieMichèle Rivasi

Dans la même veine, l'eurodéputée Karima Delli estime que "la question ne se pose pas". "On n'est qu'à la première étape de la primaire des écologistes." Tout juste envisage-t-elle de soutenir François Hollande s'il se retrouvait face au FN au second tour… Yannick Jadot juge également cette idée saugrenue : "la probabilité est faible que François Hollande soit président, et que nous rejoignons son gouvernement". Et de préciser : "si on a perdu en lisibilité, c'est parce qu'on a pensé nos alliances avant notre projet". 

Oui, mais...

Si les écologistes sont attachés au principe de "l'autonomie", qu'ils appliquent traditionnellement à chaque élection, ils ne ferment pas pour autant les portes. Comment l'explique Cécile Duflot, ancienne ministre du Logement, dans une forme de mea culpa, les stratégies d'alliances ne sont pas exclues, mais elle passeront cette fois après le projet.

Nous avons une part de responsabilité, nous sommes souvent perçus dans une logique d'alliance. Il faut être dans une logique de construction et de cap politiqueCécile Duflot

Toutefois, Michèle Rivasi ose se projeter un peu plus dans l'avenir. "Il peut y avoir des gens de centre-droit, de centre-gauche, qui nous rejoignent […] On ne va pas fermer les portes, on est pour le rassemblement." 


Avec la présidentielle et surtout les législatives, le parti EELV joue gros. Entre les tenants d'alliances avec le Front de gauche et ceux qui envisagent de rouvrir les discussions avec les socialistes, les tensions risquent de déchirer une formation déjà abîmée par la fuite de ses militants. D'où la prudence relative des candidats et le mot d'ordre, du moins provisoire : autonomie. 

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Les enjeux de la primaire EELV : 4 candidats sont sur la ligne de départ

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