Régionales 2015 : après DPDA, le caprice de Marine Le Pen envers Metronews

Régionales 2015 : après DPDA, le caprice de Marine Le Pen envers Metronews

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LAPIN - Dans le cadre des élections régionales, metronews devait réaliser mardi un entretien avec Marine Le Pen, présidente du Front national et candidate dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Ce rendez-vous programmé depuis trois semaines devait se tenir au Parlement européen de Strasbourg, où elle est députée. Sauf que le jour J, l'intéressée a tout annulé... invoquant soudainement la "ligne partisane" de metronews.

Le rendez-vous est fixé depuis trois bonnes semaines et devait se tenir ce mardi 24 novembre, à 14h30, dans ses bureaux du Parlement européen, à Strasbourg. Marine Le Pen, présidente du Front national, ne nous y reçoit pas comme députée européenne, mais comme tête de liste régionale dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, cette grande région de 6 millions d'habitants où des sondages la donnent possible gagnante le 13 décembre.

Son agenda chargé a voulu que nous la retrouvions non pas à Lille, ni à Beauvais, ni à Hénin-Beaumont, mais à Strasbourg. L'échange, filmé, était censé durer "25 minutes, pas plus", avait prévenu, au téléphone, son attachée de presse au Parlement. Le temps est précieux : ce mardi, les députés européens tenaient leur première session depuis les attentats de Paris. Message reçu. Notre entretien devait être concis : il devait permettre aux électeurs du Nord de se faire, enfin, une idée du programme que la candidate FN a présenté pour la première fois, la veille, lors d'un meeting à Amiens, à deux semaines seulement du scrutin, dans un contexte politique bouleversé par les attaques meurtrières du 13 novembre .

La "ligne partisane" de metronews

Puis, ce mardi, patatras. La punition est tombée vers 11 heures, alors que nous nous acheminions vers le Parlement. "Cette interview ne peut pas avoir lieu", nous annonce, un peu martiale, et assez embarrassée, la collaboratrice de Marine Le Pen au téléphone. La veille encore, c'est elle qui nous sollicitait pour caler "les derniers détails" de la rencontre. Et là, à quelques centaines de mètres seulement du Parlement, nous apprenons que l'interview est annulée. Un procédé qui rappelle furieusement l'annulation à la dernière minute, le 22 octobre dernier, de sa participation à l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2.

Un motif tombe du ciel : "La ligne partisane" dont metronews aurait fait preuve dans "certains articles" aurait provoqué une "rupture du rapport de confiance" entre notre rédaction et la présidente du FN. Quels articles, s'enquiert-on ? La porte-parole de Marine Le Pen est manifestement incapable de les citer. Nous sollicitons alors Alain Vizier, le porte-parole du FN. "Ah bon ? Je ne suis pas au courant", s'exonère-t-il, manifestement peu ému. "Désolé, je ne peux rien faire, je suis à Paris. Voyez avec l'attachée de presse au Parlement." Laquelle, de plus en plus ennuyée, choisit finalement d'agiter la carotte après le bâton. "Vous savez, c'est une question de temps. Il s'agit de restaurer la confiance", nous encourage-t-elle. Et de laisser miroiter, généreusement, une entrevue prochaine avec la présidente du FN. A condition d'être sage, cela va sans dire.

Nos questions... sans réponses

Alors, à défaut de refaire l'aller-retour entre Paris et Strasbourg d'ici le 6 décembre - il y a d'autres candidats aux élections régionales - nous relayons ci-dessous quelques unes de ces questions que nous avions préparées - évidemment non soumises à l'avance. Le seul hic, c'est que sans réponse, elle paraissent tout de suite... un tantinet abruptes et "partisanes".

1) Vos colistiers ont détaillé des propositions pour le Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Vous-même, pourtant, privilégiez des thèmes qui ne relèvent pas de la compétence régionale : fermeture des frontières, audit des employés soupçonnés de radicalisation (fichiers S), instauration d'une police des transports, baisse des impôts... Vous êtes-vous trompée d'élection ?

2) Vous vous référez souvent à la gestion d'Hénin-Beaumont, 26000 habitants, par le maire FN Steeve Briois. Cet exemple est-il suffisant pour démontrer aux électeurs du Nord que vos équipes sauront gérer une collectivité de 6 millions d'habitants ?

3) Parmi les propositions du FN, on trouve celles-ci : promotion des filières courtes dans l'agriculture, alimentation "bio" dans les cantines, "relocalisation" des emplois régionaux via les marchés publics, vidéosurveillance dans les transports... Toutes ces propositions sont faites par d'autres formations politiques. Sur les sujets régionaux, le FN a-t-il quelque chose de différent à proposer ?

4) Comment concevez-vous l'agenda d'un responsable politique qui serait à la fois président de région, président de parti, député européen et candidat à une élection présidentielle ?

Toutes les réponses seront, bien sûr, les bienvenues.

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