Régionales 2015 – Emmanuelle Cosse (EELV) : Face au FN, "ce que fait Masseret est extrêmement dangereux"

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
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INTERVIEW - La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts revient pour metronews sur l'accord trouvé avec Claude Bartolone en Ile-de-France, où elle est vice-présidente sortante, pour tenter de garder la région à gauche dimanche. Elle évoque également la possibilité que le FN l'emporte dans le Grand Est et s'en prend à Jean-Yves Le Drian, candidat PS en Bretagne.

Les écologistes, socialistes et communistes d'Ile-de-France ont été les premiers à passer un accord pour le second tour. Vous vous y retrouvez ?
Je suis satisfaite de la manière dont nous avons travaillé. Nous avons œuvré dans le respect mutuel, mais aussi dans l'intérêt des Franciliens. Dans cet accord, il y a des mesures très fortes, notamment sur les transports, la santé, la place de la nature en ville. Concernant les transports, on retrouve nos propositions sur la gratuité du Passe Navigo pour les enfants jusqu'à 11 ans, le renfort de la présence humaine pour améliorer la sécurité des voyageurs, et des mesures concernant la sécurité des femmes en particulier. Il y a aussi le chèque bio, la lutte contre la pollution de l’air ou encore une accélération sur la rénovation énergétique des logements. L’écologie est respectée dans cet accord.

Vous acceptez l'idée d'un réseau de transports 24h/24 en région parisienne. Votre vice-président écologiste aux Transports, Pierre Serne, jugeait pourtant cela inutile et compliqué il y a à peine un an…
Nous partageons cet objectif depuis le début mais nous sommes vigilants à ce que sa mise en œuvre ne dégrade pas la qualité de l’offre de transports dans un premier temps. Cette mesure peut répondre à des besoins, notamment pour des personnes qui travaillent la nuit.

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Vous comptiez 51 conseillers régionaux franciliens. Il n'y aurait plus, selon cet accord, que 24 élus écologistes au conseil régional. Pouvez-vous encore peser en cas de victoire ?
Nous baissons comme le reste de la gauche mais nous resterons assez nombreux pour défendre l’écologie au conseil régional. Le nombre est important, et la qualité aussi. Il s'agit d'élus qui se consacrent à 100 % à leur mandat, à l'image de notre combat pour le Passe Navigo unique. Je ne suis pas inquiète de la qualité d'une gestion collective par la gauche. Mais il faut dire les choses : rien n'est gagné pour le second tour, c'est incertain. Toutes celles et ceux qui s'interrogeaient sur leur vote au premier tour doivent absolument se mobiliser pour le second.

Ecologistes et socialistes ont trouvé des accords dans toutes les régions, sauf en Bretagne . Que se passe-t-il avec le candidat socialiste ?
Jean-Yves Le Drian n'a pas voulu d'accord avec nous. Cela va à l'encontre de nos demandes, mais aussi de celles de Jean-Christophe Cambadélis et de Manuel Valls. Je suis consternée que quelqu'un décide par sectarisme de ne pas faire l'union de la gauche. Cette manière de se comporter est stupéfiante. De plus, c'est très mauvais pour cette région qui souffre du manque d'écologie. Regardez la question des algues vertes par exemple !

Dans le Grand Est, le socialiste Jean-Pierre Masseret a décidé de se maintenir, contre l'avis de son parti, quitte à faire gagner le FN . Comprenez-vous sa position ?
Non, je ne la comprends pas. Dans cette région comme ailleurs, les écologistes ont fait preuve de la plus grande responsabilité. Ce que fait Jean-Pierre Masseret est extrêmement dangereux, il devra assumer demain les conséquences. Au-delà de ces questions immédiates, quand on a un vote FN de cette ampleur dans plusieurs régions, il faut penser le long terme et s'interroger sur ses causes profondes.

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