Régionales en Ile-de-France : la non-campagne omniprésente de Bartolone

Régionales en Ile-de-France : la non-campagne omniprésente de Bartolone

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#JESUISPARTOUT - Tête de liste socialiste pour les élections régionales en Ile-de-France, Claude Bartolone a décidé de ne pas reprendre sa campagne avant lundi prochain. Ce qui ne signifie pas une retraite médiatique, loin s'en faut…

Ne lui dites pas qu'il fait campagne, il trouverait cela "insupportable". A la suite des attentats qui ont frappé Paris le vendredi 13 novembre, la tête de liste socialiste aux régionales en Ile-de-France, Claude Bartolon e, a indiqué lundi qu'il maintenait la suspension de sa campagne jusqu'après la cérémonie d’hommage national, prévue ce vendredi aux Invalides . Résultat : son agenda de meetings est désormais réduit à un seul, prévu le 3 décembre à Paris, soit trois jours avant le premier tour.

Le jour de sa campagne, celui d'avant les attentats, Claude Bartolone se posait pourtant en fer de lance du combat contre le FN : "Je veux être un éveilleur de conscience contre l'extrême droite, d’autant plus quand la droite favorise ce discours, assénait-il dans l'émission "Les Indés-LCI-metronews" . "Je suis un combattant pas un commentateur politique" martelait-il encore le soir sur BFMTV.

Les tréteaux non, les plateaux oui


Alors, à l'heure même où le FN paraît porté, dans les sondages, par les événements dramatiques récents, Claude Bartolone a-t-il délaissé le champ de bataille ? Le candidat a-t-il disparu des écrans radars médiatiques ? Pas du tout. En tout, depuis le 13 novembre, son compteur affiche même 1h30 d'émissions sur des grandes chaînes de radio/télé quand, pour Les Républicains, Valérie Pécresse n'est intervenue sur la même période qu'un quart d'heure, sur RTL et Europe 1. C'est que l'élu de Seine-Saint-Denis intervient comme… président de l'Assemblée nationale. E n mai dernier, il avait pourtant assuré à la droite, qui l'enjoignait de choisir entre ses deux casquettes, qu'il demanderait durant la campagne à ses vice-présidents de le "remplacer au perchoir pendant les travaux, notamment pendant les moments où ils sont télévisés" .

A ses adversaires qui l’accusent aujourd'hui d’avoir repris les fonctions qu'il avait promis de mettre entre parenthèse, l'intéressé rétorque : "Quand on vit une épreuve comme celle-là, chacun doit être à son poste". Le CSA invitait pourtant dès le 18 novembre, sans toutefois citer d'exemple, "les médias audiovisuels à ne pas privilégier l’exposition des candidats aux élections régionales appelés à s’exprimer sur l’actualité nationale et internationale". Mais Claude Bartolone d'insister : "Il y a beaucoup plus d'intérêt à être à coté des Français qui cherchent des explications, de nos compatriotes qui veulent se retrouver ensemble, plutôt que d'être sur des tréteaux pour présenter les orientation des uns et des autres". Feignant d'ignorer que son omniprésence sur les plateaux rend certes la nécessité des tréteaux moins aiguë pour lui que pour les autres concurrents. Retour sur une non-campagne très médiatique.

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Le 13 novembre : "Je suspends ma campagne"
Il est 23h03 quand Claude Bartolone, choqué comme tous les Français par les attaques qui viennent de frapper la capitale, annonce sur Twitter qu'il suspend sa campagne "
jusqu'à nouvel ordre", comme le feront tous les candidats aux élections régionales. Message qui occupe désormais la page d'accueil de son site de campagne , gelé depuis les attentats. S'ensuivra un silence d'une semaine sur Twitter, qui ne sera rompu que le 20 novembre par des images le montrant se recueillir place de la République à Paris.


Le 15 novembre : "Nous avons arrêté de diminuer les effectifs de police"
A la veille de la réunion du Parlement en Congrès à Versailles, c'est le président de l'Assemblée nationale qui est invité du "Grand Jury" RTL-Le Figaro-LCI. Nulle mention ne sera faite à l'antenne de sa candidature aux régionales. En revanche, Claude Bartolone ne se prive pas de tacler la droite, notamment lorsqu'il souligne en creux le bilan de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité : "Nous avons arrêté de diminuer les effectifs de police, de gendarmerie, heureusement. Grâce aux décisions qui ont été prises par le président de la République et les différents gouvernements qui se sont succédé depuis 2012, on a arrêté avec cette politique absurde". Et de souligner, plus tard, que cette décision a concerné… "notamment le département de Seine-Saint-Denis". L'interview de 28 minutes ne sera pas relayée sur son site de campagne mais le sera sur son site officiel, claudebartolone.fr .

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Le 16 novembre : "L
a lutte contre la xénophobie, ça ne peut pas être le concours Lépine"
Le matin du Congrès de Versailles, c'est encore le président de l'Assemblée nationale qui apparaît sur le plateau des "4 vérités" sur France 2. Au cours de l'interview de 7 minutes, celui-ci martèle l'expression "unité nationale". Répétant toutefois le tacle à Nicolas Sarkozy de la veille sur les effectifs de sécurité, il y ajoute cette réponse aux propositions de l'ex-chef de l'Etat la veille sur TF1 : "Je le dis aux uns et aux autres, la sécurité des Français, le renforcement des valeurs de la République, la lutte contre la xénophobie, ça ne peut pas être le concours Lépine". L'interview ne figure pas non plus sur son site de campagne, mais elle est partagée sur sa page Dailymotion.


Le 17 novembre : "Il y avait ceux qui supprimaient des postes pour l'Education nationale..."
Etat d'urgence, réforme de la Constitution... le président de l'Assemblée nationale assure mardi matin pendant 10 minutes le service après-vente du Congrès dans la matinale de Bruce Toussaint, sur iTélé . Le soir même, il répond aux questions de Maïténa Biraben, durant un quart d'heure, dans le "Grand Journal" de Canal +. Rassembleur le matin, il l'est moins le soir : "Je ne veux pas tomber, à un moment où je parle de rassemblement, sur des différences entre les uns et les autres (mais) il y avait ceux qui supprimaient des postes pour l'Education nationale et la gendarmerie, il y a ceux qui les recréent..."


Le 18 novembre :
"Le temps n'est pas aux effets de manche d'une campagne électorale"
Alors que l’opération du Raid est toujours en cours à Saint-Denis, Claude Bartolone est pour la première fois présenté, sur Europe 1 ce matin-là (13 minutes), à la fois comme président de l'Assemblée nationale et comme élu de Seine-Saint-Denis. "Je veux apporter mon soutien aux forces de l’ordre et à nos militaires qui sont actuellement sur le terrain", salue l'élu. "Comment éviter que votre Seine-Saint-Denis soit un lieu de radicalisation ?", lui lance d'ailleurs Jean-Pierre Elkabbach. Le socialiste revient par ailleurs sur l'épisode houleux, la veille, de Questions au gouvernement à l'Assemblée, regrettant : "Il y avait peut-être plus un climat de campagne électorale qui s'était installé, plutôt qu'une volonté de garder cette unité nationale qui est indispensable". Avant de faire cette mise au point : "Aujourd'hui le temps n'est pas aux invectives et aux effets de manche d'une campagne électorale".


23 novembre :
Ce lundi matin, jour du début de la campagne officielle pour les élections régionales, Claude Bartolone ne sort pas d'une séance à l'Assemblée. Mais il est de nouveau, dès le matin, à un micro (celui de RFI, pendant 8 minutes), pour expliquer… pourquoi lui ne reprendra pas sa campagne. "Chacun fait comme il le ressent (mais)
faire campagne comme si de rien n'était me paraissait insupportable (...) Aujourd'hui, il y a  beaucoup plus d'intérêt à être à coté des Français qui cherchent des explications, de nos compatriotes qui veulent se retrouver ensemble, plutôt que d'être sur des tréteaux pour présenter les orientations des uns et des autres".

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