Régionales : face au FN, un front républicain plus improbable que jamais

Régionales : face au FN, un front républicain plus improbable que jamais

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LAISSEZ VOTER - Mercredi matin, Nicolas Sarkozy a définitivement enterré sur Europe 1 la possibilité de fusions de listes gauche-droite entre les deux tours pour tenter d'enrayer la dynamique exceptionnelle du Front national. Restent deux options : la possibilité, problématique, des retraits de listes, ou bien celle de laisser faire le suffrage universel dans le cadre de triangulaires à hauts risques.

Lever un dernier obstacle face au FN ou laisser passer la tempête ? A quatre jours du premier tour des élections régionales, l'hypothèse d'un front républicain pour "faire barrage" à la poussée exceptionnelle du Front national - une ligne longtemps défendue à droite comme à gauche - n'a jamais été aussi éloignée. Mercredi matin, Nicolas Sarkozy, comme il l'avait fait pour les départementales du mois de mars, l'a même enterrée sans autre forme de procès.

La droite ne fusionnera pas

Sur Europe 1 , le patron des Républicains a assuré que les listes d'union de la droite seraient maintenues "partout où nous serons en position de les maintenir". Pas question, a-t-il dit, de céder aux "combines d'état-major" qui consisteraient, notamment, à fusionner des listes de droite et de gauche en cas de triangulaire pour ne laisser qu'une tête de liste lors de duels serrés au second tour - comme on peut l'attendre dans le Nord ou en Paca. La veille, plusieurs ténors LR allaient dans le même sens. Alain Juppé lui-même, jadis défenseur du front républicain, s'est contenté d'appeler à "combattre sans relâche" le FN.

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A gauche, Manuel Valls a bien tenté à plusieurs reprises d'amorcer une stratégie de rapprochement entre gauche et droite - mardi, également sur Europe 1 , le Premier ministre a appelé chacun à "prendre ses responsabilités" pour "empêcher le FN de gagner une région". Mais ses propos, jugés trop précoces, ont profondément irrité certaines têtes de listes de son propre camp, dont Pierre de Saintignon, candidat PS dans le Nord. Mercredi sur BFMTV, Emmanuelle Cosse laissait comprendre que la question d'un front républicain ne pourrait être abordée qu'au soir du premier tour.

"Laisser jouer le suffrage universel"

"La fusion de listes en cas de triangulaire est improbable", résume le politologue Philippe Braud, interrogé par metronews. "Le front républicain n'a pas la cote et cette façon extrême de le concevoir donnerait du crédit aux propos du FN sur 'l'UMPS'". Autre solution : le retrait de liste au profit du mieux placé face au FN. "Cette hypothèse est très possible, à condition que l'écart entre les listes de gauche et de droite soit important", résume le politologue. "Si la triangulaire est serrée, le retrait d'une liste est plus compliqué et pourrait laisser une chance au FN". D'autant que ce retrait laisserait la liste arrivée en 3e position - la gauche dans bien des cas - sans aucun élu au conseil régional.

Il reste une dernière solution, qui pourrait s'imposer la semaine prochaine : laisser faire les électeurs. "La position partagée, je pense, par de nombreux cadres politiques, c'est qu'il faut laisser jouer le suffrage universel", explique Philippe Braud. "Il est possible qu'une ou deux régions basculent, et alors ? Ce serait l'occasion de mettre le FN au pied du mur et de démontrer l'inanité de son programme." En acceptant qu'il préside, pour six ans, aux destinées de plusieurs millions de Français.

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