VIDÉOS - "La Grande confrontation": six séquences à retenir du débat (houleux) entre Eric Zemmour et Daniel Cohn-Bendit

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
EUROPE, STOP OU ENCORE ? - Ce lundi soir, à moins de deux semaines des élections européennes, LCI organisait une "Grande confrontation" entre Eric Zemmour et Daniel Cohn-Bendit. Protectionnisme, fiscalité, citoyenneté, immigration, les débats entre les deux hommes aux convictions diamétralement opposées ont été intenses. La preuve par six.

Deux visions de l'Europe se sont affrontées pendant plus de deux heures et demi ce lundi soir sur LCI. A deux semaines des élections européennes, Daniel Cohn-Bendit et Eric Zemmour ont échangé sur le devenir du Vieux continent. Entre idéologies divergentes, passe d'armes et arguments qui ont fusé, l'ancien député européen écologiste a croisé le fer avec l'intellectuel de droite sur plusieurs thématiques. On vous résume cette soirée événement en six séquences fortes.

Eric Zemmour s'explique sur son refus d'être candidat du RN

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Eric Zemmour : "Je suis favorable à un grand rassemblement des droites, et même des populistes"

Alors qu'on apprenait ce lundi que Marine Le Pen avait proposé à Eric Zemmour d'être candidat du Rassemblement National pour les Européennes, ce dernier a réagi sur LCI : le polémiste a expliqué avoir refusé cette proposition car il avait "envie de continuer un combat culturel et idéologique ". De plus, il dit de pas avoir souhaité "rentrer dans une bataille électorale." Et pour cause, selon l'essayiste, il faut "un grand rassemblement des droites, et même des populistes". 

Le mea culpa de Daniel Cohn-Bendit

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"Je ne veux pas me battre en disant on a toujours eu raison" : le mea culpa de Daniel Cohn-Bendit

Entre un Eric Zemmour attaché aux frontières, aussi bien sur le plan identitaire qu'économique, et un Daniel Cohn-Bendit, europhile assumé, les oppositions ne pouvaient qu'être exacerbées. Cela s'est fait sentir sur la question épineuse du protectionnisme : "Evidemment les gens de la Commission nous ont expliqué depuis vingt  ans que le protectionnisme c'était mal. J'attends un mea culpa de tous les gens comme vous. Ça je l'accepterais, car on peut se tromper", a lancé Eric Zemmour à son adversaire du soir.


Une amende honorable que ce dernier finira par lui faire : "Il y a eu une faillite à plusieurs niveaux. Moi je ne suis pas quelqu'un qui dit qu'il n'y a pas eu un tas d'erreur dans la construction européenne, c'est vrai. Admettons, je fais mon mea culpa : le libre échange a souvent été exagéré. On n’a pas compris assez vite la nécessité de régulation sociale et écologique. Je ne veux pas me battre en disant : 'On a toujours eu raison'."

Eric Zemmour et ses "désaccords" avec Le Pen

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"J'ai des accords et des désaccords avec le Rassemblement national"

Aux demandes de mea culpa d'Eric Zemmour ont quasiment instantanément répondu celles de Daniel Cohn-Bendit qui, regrettant le manque de convergence fiscale, sociale et écologique entre les différents pays de l'Union, voyait l'écrivain le rejoindre. De quoi amener l'homme politique franco-allemand à faire remarquer à son adversaire que Marine Le Pen était, elle, opposée à cette convergence. "Donc vous n'êtes pas d’accord avec elle, vous êtes hypocrite et faux-cul", a-t-il lancé à son interlocuteur. Ce à quoi Eric Zemmour a répondu en assumant avoir des "accords et des désaccords" avec le parti d'extrême droite. "Je ne suis pas le porte-parole de Marine Le Pen", a-t-il en effet protesté. 

"Il est bien que l’empire achète des petits soldats de sa propagande"

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Eric Zemmour tacle une étudiante en Erasmus

Alors que Yousra Baadj, étudiante en médecine, défendait le principe d’Erasmus comme révélateur d'une identité européenne, Eric Zemmour n’a pas fait dans la dentelle pour lui répondre. "Vous avez tout à fait raison, il est bien que l’empire achète des petits soldats de sa propagande, c’est parfait, vous avez bien travaillé", lui a-t-il répondu tout en sarcasme, lui qui avait auparavant balayé l’expérience de cette invitée en assurant qu’Erasmus était un programme de "privilégiés". 


De quoi faire bondir Daniel Cohn-Bendit, qui est allé jusqu’à qualifier son adversaire d’un soir "d’ordure". "Une jeune fille dit ce qu’elle aime et tu la dénonces comme un petit soldat de l’empire, c’est vraiment dégueulasse, tu es la malhonnêteté intellectuelle, la méchanceté d’un petit franchouillard qui ne sait qu’être méchant". Avant, tout de même, de s’accorder sur le fait que le célèbre programme d’échange devait s’adresser à tous les publics et pas seulement ceux qui peuvent faire des études : "C’est pour ça qu’a été mis en place un Erasmus pour les ouvriers, les artisans. Ce ne sont pas des agents de l’empire, mais des gens qui dépassent la bassesse d’un franchouillard qui ne comprend rien."

Cohn-Bendit défend l'Europe par l'amour

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Cohn-Bendit :"Faites l'amour, vous faites l'Europe!"

Au milieu d’un débat pour le moins houleux, Daniel Cohn-Bendit a sorti de sa manche un souvenir qui rappellera aux quadras les souvenirs de "L'Auberge espagnole". L'ex-député européen se souvenait d’un débat avec des centaines d’étudiants Erasmus, au cours duquel il avait demandé combien il y avait de couples mixtes. "Plus d’un tiers vivaient ensemble, avaient des enfants. Et je me suis dit qu’il y avait trop peu d’Erasmus. S’il y en avait un million chaque année, vous vous retrouveriez avec la situation suivante : une Hollandaise d’origine turque, qui part faire un an d’Erasmus à Montpellier, y rencontre un jeune Français d’origine maghrébine. Ils tombent amoureux et ils ont des enfants. Ils sont quoi ? Hollandais ? Turcs ? Français ? Algériens ? Non, ils sont Européens !" Et de terminer, vibrant : "Faites l’amour, vous faites l’Europe !"

Passe d’armes sur l’immigration

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Daniel Cohn-Bendit : "Moi je défends les interêts de l'être humain"

Sans surprise, les échanges étaient vifs entre les deux hommes sur la question de l’immigration. Daniel Cohn-Bendit présentait ainsi une solution qui n’est pas "l’immigration tous azimuts" mais une politique d’accueil transnationale. "Il faut savoir comment accueillir et le faire dans les meilleures conditions tout en sachant comment protéger les frontières, non pas de la France, mais de l’Europe." Une opinion à laquelle Eric Zemmour a rapidement rétorqué. 


L’essayiste fustige ainsi à la présidence Giscard d’Estaing, où se serait "développé un droit social favorable à l’étranger" les rendant "quasiment égaux à ceux des Français". Une observation à laquelle l’ancien élu répond : "Ce sont les valeurs universelles (…) Moi je suis universaliste, je défends les intérêts de l’être humain." A quoi Eric Zemmour répondra, dans un échange cacophonique qui aura marqué une bonne partie de la soirée : "Moi je défends les Français, il n'y a pas d'être humain".

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