Législatives : les 6 faits à retenir de la soirée électorale du 2nd tour

ÉLECTIONS - Pas un raz-de-de-marée En Marche mais une solide vague jaune, une percée frontiste, un gros moment de tension... Voici les faits majeurs que nous a réservé la soirée électorale du 2nd tour des élections législatives, ce dimanche 18 juin.

Des résultats (légèrement) inattendus, des percées, des retournements de situation, des moments de grande tension... la 8e soirée électorale de ces huit derniers mois, qui a envoyé au moins 350 députés de la République en Marche et du Modemn à l'Assemblée nationale, aura été riche en moments forts et en enseignements. Voici ce que nous avons retenu. 

Abstention, toujours plus haut

17,75% à midi, 35,33% à 17h... L'abstention a battu des records à chaque heure de la journée, dimanche 18 juin, aussi bien par rapport au premier tour du 11 juin qu'au second tour des législatives de 2012. Finalement, en fin de soirée, elle s'élevait à 56,64% des voix, sur 97% des bulletins dépouillés. Un chiffre qui place la participation comme la plus faible de la Ve République pour un scrutin législatif, battant ainsi le record établi... lors du premier tour. De quoi se poser la question à la fois du mode de scrutin, de notre système représentatif, mais aussi du calendrier électoral. Autant de facteurs qui semblent avoir tous concouru à faire bouder les urnes à plus d'un citoyen sur deux.

La déferlante de marcheurs atténuée

Les instituts de sondage prédisaient 400 députés au mouvement présidentiel. Et, au vu des comportements électoraux du premier tour, l'hypothèse n'avait rien de farfelue. Mais la "vague" de députés La République en marche (REM) n'aura finalement pas été aussi forte que prévue. "Seuls" 306 députés marcheurs feront leur entrée (ou leur rentrée) à l'Assemblée nationale. De quoi rassurer Emmanuel Macron, qui craignait d'avoir fort à faire pour gérer autant de néo-députés, et les autres partis, qui craignaient de leur côté l'hégémonie du parti présidentiel. Reste qu'avec ses alliés du MoDem, qui effectuent un retour fracassant à l'Assemblée (41 députés), le gouvernement d'Edouard Philippe dispose d'une (très) confortable majorité, avec un grand chelem pour ses six ministres. Avec au moins 345 députés dévoués à sa cause, il a une majorité comparable à celle de Jean-Marc Ayrault en 2012 ou François Fillon en 2007 (331 et 335) mais moins composite (deux partis contre quatre).

La percée du Front national

On promettait à la formation d'extrême droite les pires résultats, après un premier tour médiocre. Et si le Front national a effectivement résisté, en faisant élire 8 députés (voir ci-dessous), le résultat reste décevant au regard de ce que clamait vouloir le parti voilà quelques mois. Et ne le privera pas d'une explication de texte entre cadres, prévue le 20 juin, en présence, peut-être, de Jean-Marie Le Pen. Entre les libéraux identitaires, incarnés notamment par la néo-députée Emmanuelle Ménard, et les incarnateurs du courant anti-euro si décrié, les frères Philippot, tous les deux été balayés au second tour, le débat est loin d'être terminé.

Un groupe pour la France insoumise

C'était un des enjeux du scrutin. Le mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon, fondé en 2016, parviendrait-il à surmonter l'écueil de l'éparpillement de ses cadres dans toutes les circonscriptions ? La réponse est mitigée. Même si la France insoumise (FI) est en reflux par rapport à la présidentielle, avec un électorat démobilisé, le mouvement s'offre tout de même une arrivée clinquante à l'Assemblée nationale. Avec 15 députés du cru, dont quelques remontadas notables, le mouvement peut d'ores et déjà former un groupe à l'Assemblée, avec ce que cela comporte d'avantages. Mais il peut aussi compter sur trois élus non encartés qu'il a soutenus, dont François Ruffin, trois communistes face à qui il n'a présenté personne (notamment Marie-Georges Buffet), et deux divers gauche. D'une manière ou d'une autre, c'est suffisant pour se passer de l'appui des communistes, avec qui Jean-Luc Mélenchon et son entourage ont coupé les ponts au début de la campagne.

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Le coup de balai continue

Myriam El Khomri, Najat Vallaud-Belkacem, Jacques Myard, David Douillet... les élections législatives ont vu partir nombre de représentants des précédentes mandatures, renvoyés à leurs chères études. A noter, parmi les victimes de ce néo-dégagisme (le concept initial, propre à Jean-Luc Mélenchon, ayant été détourné par En marche), le départ de Marisol Touraine. L'ancienne ministre de la Santé avait pourtant fait tout bien pour s'assurer une réélection, en parvenant à s'éviter une candidature de marcheur face à elle. Mais ce ne fut pas suffisant : elle a été très largement battue par l'UDI Sophie Auconie. 

Gros coup de chaud à Evry

Cela aura été un des feuilletons de la soirée. En s'annonçant vainqueur avec 50,3% des voix face à l'insoumise Farida Amrani, l'ancien Premier ministre a déclenché une petite tempête dans sa 1ère circonscription de l'Essonne. En effet, celle qu'il devance  de 139 voix a contesté le comptage de bulletins et s'est à son tour déclarée gagnante. Le reproche ? Un recompte des bulletins du bureau de vote de la mairie d'Evry, qui l'avait initialement donnée gagnante.

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En conséquence, Farida Amrani a décidé de déposer plusieurs recours pour "plusieurs irrégularités" dans la ville de Manuel Valls. 

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