Dans la 18e circonscription de Paris, El Khomri et Bournazel se disputent la caution "majorité présidentielle"

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
ÉTIQUETTE - Les deux finalistes du scrutin, dans la 18e circonscription de Paris, font chacun valoir le soutien de la majorité, l'une dit avoir la confiance d'Emmanuel Macron, l'autre, celle d'Edouard Philippe.

La 18e circonscription de Paris est décidément pleine de surprises. Historiquement ancrée à gauche, elle a d'abord vu les deux candidatures de gauche, portées par Paul Vannier (France insoumise) et Caroline de Haas (18e citoyenne), se casser les dents au 1er tour, propulsant les deux candidats se réclamant de la majorité présidentielle, l'ex-ministre Myriam El Khomri (PS) et le proche d'Edouard Philippe Pierre-Yves Bournazel (LR/UDI). Elle voit désormais deux candidats pro-majorité s'affronter sans pitié.

La campagne du second tour à peine entamée, Myriam El Khomri n'économise pas son énergie contre son adversaire. Quelques jours plus tôt, devant le comité local de la République en marche (REM), elle s'était pourtant engagée à se désister en sa faveur dans le cas où un candidat de la gauche pouvait gagner le srutin. Ce dimanche, quelques minutes après que les résultats étaient dévoilés, la plaçant onze points derrière son adversaire, elle a rapidement dégainé quelques tweets assassins à son endroit, dans une tentative de capter les voix de la gauche.

Mais face à Pierre-Yves Bournazel, qui pouvait lui se targuer du soutien - filmé - du Premier ministre Edouard Philippe (donné quelques jours avant le premier tour), l'ex-ministre du Travail, qui ne peut guère compter sur le soutien de ses ex-adversaires (qui ont passé la campagne à rappeler le lourd passif de la loi Travail), a dégainé l'atout-maître : le soutien du président de la République en personne.

La guerre des soutiens

"Avec le Président, ils ont échangé sur le sujet", a expliqué le staff de l'ex-ministre à LCI. "Le président de la République lui a confirmé son soutien officiel, il lui a dit qu'elle pouvait s'en prévaloir." L'occasion étant trop belle, l'entourage de la candidate, qui a toujours l'étiquette du PS, devrait en faire usage sur les documents de campagne. Une annonce qu'on aurait plutôt tendance à remettre en question dans l'entourage de son adversaire. Devant l'absence de preuves matérielles, le clan Bournazel évoque ainsi des "fake news". On imagine pourtant mal une candidate ainsi scrutée se prévaloir d'un soutien présidentiel sans l'aval de l'intéressé.


Une posture méfiante qui n'étonnera pas, alors qu'un proche du vainqueur du 1er tour pointe auprès de LCI "la malveillance" de Myriam El Khomri, dans ses tweets du premier tour. L'enjeu de la campagne de second tour est clair : pousser le concurrent en dehors de la majorité présidentielle. Myriam El Khomri a rappelé que son adversaire "cachait" son logo LR/UDI. Pierre-Yves Bournazel, quant à lui, renvoie l'intéressée à son passé du quinquennat Hollande. Auprès de LCI, il y a quelques jours, il attaquait : "Elle est comptable du quinquennat de François Hollande et du mandat du député dont elle était suppléante. Je m’inscris davantage dans le renouvellement." 


Interrogé sur cette bisbille sur France Info, mardi 13 juin, Edouard Philippe a réitéré son soutien à Pierre-Yves Bournaze : "J'ai travaillé avec lui pour soutenir Alain Juppé et que sais qu'il fera un très bon député." Le même jour, Myriam El Khomri s'est vue privée, sans surprise, du soutien de Jean-Luc Mélenchon. Sur RTL, le favori dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône a écarté tout appel au vote : "Il n'est pas question d'appeler à voter pour Myriam El Khomri alors qu'elle voulait faire un 'front républicain' contre nous."

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