D'ex-conseiller à favori du second tour : comment Emmanuel Macron a remporté son pari fou

DÉCRYPTAGE - Qualifié pour le second tour de la présidentielle où il affrontera Marine Le Pen, Emmanuel Macron a réussi en un an son pari de doubler la droite et la gauche. Pourtant, rien n'était gagné, lors du lancement de son mouvement En Marche.

Il a eu beau mener la course en tête pendant des semaines dans les sondages, rien n’était acquis dans cette campagne extraordinairement serrée où quatre postulants se tenaient dans un mouchoir de poche. Au soir du premier tour, Emmanuel Macron, donné à plus de 23% vers 21 heures, s’invite donc au second tour de l’élection présidentielle, où il affrontera Marine Le Pen, porteur, comme Jacques Chirac en 2002, de ce fameux "front républicain" contre la candidate du Front national.

L'ex-conseiller devenu candidat

A 39 ans, Emmanuel Macron vient de remporter un pari inédit dans l’histoire de la Ve République : écarter les deux partis qui se partageaient l’exécutif depuis plus de 50 ans, exception faite de la parenthèse centriste de Valéry Giscard d’Estaing. Profitant de la faiblesse du candidat de la droite, François Fillon, miné par l’affaire des emplois présumés fictifs, et de la débâcle de celui du Parti socialiste, Benoît Hamon, Emmanuel Macron tient une première victoire, avant le second tour. 


Il est pourtant parti de loin. Conseiller de l’ombre il y a cinq ans, jamais élu, l'ex-banquier était passé à la lumière en gagnant la confiance de François Hollande, au point de se voir confier le portefeuille de Bercy après le départ d'Arnaud Montebourg en 2014. Au gouvernement, ses positions libérales lui ont valu une opposition constante d'une bonne partie de la gauche, y compris au sein de la majorité. Hors du gouvernement, de nombreux responsables des deux bords lui ont collé durablement l'image d'un "Judas" portant la marque de la trahison vis-à-vis de son mentor, François Hollande.


Pour autant, de la fondation d'En Marche, il y a à peine un an, à son annonce de candidature en décembre, prenant de vitesse un François Hollande rejeté par l'opinion, l'ancien banquier a connu une dynamique jamais contredite dans les enquêtes d'opinion. Quand ses opposants promettaient de révéler son "inexpérience" lors de la campagne, Emmanuel Macron a su contourner les écueils en cristallisant un projet "social-libéral" tirant profit de la radicalité des programmes de ses concurrents, François Fillon à droite, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon à gauche, et séduisant l'opinion par son discours transpartisan et son message de renouvellement de la classe politique. 

Un électorat qui s'est construit sur le tard

Au-delà de ses "marcheurs", les quelque 242.000 adhérents d'En Marche revendiqués à ce jour, Emmanuel Macron aura mis du temps à consolider un électorat fraîchement conquis. Dans les enquêtes d'opinion, il a fallu en effet attendre la dernière quinzaine de la campagne pour voir naître un "socle" d'électeurs moins indécis. 


Le résultat de premier tour confirme cette cristallisation. Reste à savoir de quelle manière le candidat d'En Marche s'adressera à l'ensemble des Français pour remporter son pari le plus largement possible, dans le duel frontal qui l'attend avec la candidate du Front national. 

En vidéo

VIDÉO - Le discours de Benoît Hamon, qui appelle à voter Macron

Suivez la présidentielle sur notre page spéciale


Le 23 avril et le 7 mai, retrouvez les résultats sur notre page spéciale

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Emmanuel Macron dans la course à l'Elysée

Plus d'articles

Sur le même sujet