Prime aux candidats "hors système", élimination de la droite et du PS : quels enseignements tirer de ce premier tour ?

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Emmanuel Macron dans la course à l'Elysée

DÉCRYPTAGE - Le premier tour de l'élection présidentielle a confirmé la recomposition annoncée des forces politiques, sur fond de rejet des partis au gouvernement depuis plus de trois décennies. Le Parti socialiste et Les Républicains sont les grands perdants du scrutin.

La déferlante a fini par tout emporter. Au soir du premier tour, le candidat du PS Benoît Hamon (6.5% des voix à 23h30, loin derrière Jean-Luc Mélenchon) et celui de la droite François Fillon (moins de 20% des suffrages) ont été balayés par Emmanuel Macron et Marine Le Pen, deux candidats qui ont fait campagne, chacun à sa manière, contre le système politique hérité des deux partis qui gouvernent le pays depuis trois décennies. 

Un grand ménage qui avait débuté à l'occasion des primaires de droite et de gauche, et dont les vainqueurs des primaires font eux-mêmes les frais aujourd'hui. LCI fait le point sur les enseignements que l'on peut tirer au soir du premier tour. 

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L'implosion de la gauche

Premier enseignement de ce scrutin : le score historiquement faible du candidat du PS, qui laisse le parti de François Mitterrand en miettes. Lâché par une partie de son camp au profit d'Emmanuel Macron durant la campagne, Benoît Hamon a lui-même reconnu "un échec historique" et "une défaite morale pour toute la gauche", appelant à une "renaissance" de la gauche victime de sa "folie autodestructrice". 

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VIDÉO - Le discours de Benoît Hamon, qui appelle à voter Macron

Mais la question est de savoir si cette gauche renaîtra des cendres du PS, ou bien de la dynamique enclenchée par Jean-Luc Mélenchon, quatrième homme de l'élection avec plus de 19% des voix. L'unique solution pour le Parti socialiste sera de tenter de sauver les meubles lors des législatives en juin prochain, afin de pouvoir peser dans le prochain quinquennat si Emmanuel Macron est élu à la présidence de la République. 

La droite rate une alternance historique

On savait François Fillon miné par les affaires qui ont conduit à sa mise en examen en mars dernier. Mais les derniers jours de campagne semblaient annoncer une nouvelle dynamique pour le candidat de la droite, élu très largement lors de la primaire de son camp en novembre dernier. Mais celui qui était parvenu à endiguer une fronde chez Les Républicains en organisant un meeting de soutien au Trocadéro n'a pu qu'acter, dimanche soir, son échec : 

Cette défaite est la mienne, c'est à moi et à moi seul de l'assumer- François Fillon

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Présidentielle 2017 : le discours en intégralité de François Fillon

Si François Fillon s'est bien gardé d'annoncer un quelconque retrait de la vie politique, les premières réactions très critiques dans son camp laissent penser qu'une recomposition pourrait rapidement se faire chez Les Républicains. 

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La droite, qui espère toujours peser lors des législatives - certains la rêvent même majoritaire, malgré une éventuelle victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle -, va devoir se trouver un chef de file pour l'incarner. L'enjeu est important : il s'agit pour elle d'éviter un éparpillement de ses élus et de ses électeurs, dont une partie pourrait juger plus utile de donner une majorité au candidat d'En Marche s'il accède au pouvoir. Le bilan donne le vertige : il y a encore cinq mois, la droite était donnée largement gagnante de l'élection présidentielle. 

Le Front national confirme son poids politique

Si le scrutin du premier tour la place en dessous des prévisions des sondages, Marine Le Pen réussit son pari : accéder au second tour de l'élection présidentielle, comme Jean-Marie Le Pen en 2002, mais avec cinq points de plus que son père. Et quatre points de plus qu'en 2012. Avec 7,3 millions de voix, le Front national confirme ainsi sa lente progression, vérifiée à chacune des élections intermédiaires depuis cinq ans. Dimanche soir, il réalise son plus haut score lors d'une élection présidentielle.

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Présidentielle : Jean-Marie Le Pen "fier" de la présence de Marine Le Pen au second tour

Malgré tout, Marine Le Pen n'est pas parvenue à prendre la tête du premier tour comme elle l'aurait souhaité pour se donner une dynamique au second. L'isolement de son parti ne lui permet pas d'envisager de reports de vote massifs, même si un sondage Harris Interactive publié dimanche soir montrait que 23% des électeurs de François Fillon et 12% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon envisageaient de se rabattre sur la candidate FN. Cet isolement prive également le parti d'extrême droite d'alliances possibles avec d'autres partis en vue des législatives. Cette ligne solitaire, critiquée par une fraction du FN - et notamment Marion Maréchal-Le Pen - pourrait réveiller les vieilles dissensions internes si Marine Le Pen échoue à prendre le pouvoir le 7 mai prochain. 

Les Français plébiscitent un renouvellement démocratique

En portant Jean-Luc Mélenchon, partisan d'une VIe République, à plus de 19% des voix, en éliminant François Fillon, député depuis 1981, mis en examen dans une affaire d'emplois présumés fictifs, et en qualifiant Marine Le Pen et Emmanuel Macron, qui ont promis le renouvellement de la classe politique, les Français ont plébiscité les projets affirmant vouloir renouveler les institutions et les pratiques politiques. 

Ils confirment ce que les sympathisants de droite et de gauche avaient amorcé lors des primaires avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ou encore Manuel Valls : l'élimination des responsables politiques ayant un long passif dans un gouvernement et ayant effectué des fonctions au plus haut niveau de l'Etat. 

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