Avec Perpignan, Louis Aliot offre au RN sa première grande ville depuis 2001

Avec Perpignan, Louis Aliot offre au RN sa première grande ville depuis 2001
Élections Municipales 2020

SECOND TOUR - Louis Aliot, figure historique du FN puis du Rassemblement national, a été élu dimanche 28 juin à Perpignan, la plus grande ville remportée par le parti de Marine Le Pen depuis plus de vingt ans. L'épilogue d'une campagne modérée qui a permis au candidat d'élargir un électorat en quête d'un nouveau leadership.

Pour Louis Aliot, la quatrième fut la bonne. Figure historique du FN, puis du RN, le député des Pyrénées-Orientales a remporté une victoire de taille, dimanche 28 juin, en prenant Perpignan au maire LR sortant, Jean-Marc Pujol, avec plus de 53% des suffrages, selon les estimations données en début de soirée. 

L'ex-compagnon de Marine Le Pen affrontait, comme en 2014, un front républicain réuni mais fragile derrière la candidature du maire sortant, après le retrait de Romain Grau (LaREM) et Agnès Langevine (EELV). Mais contrairement au précédent scrutin, la participation plus forte du second tour a cette fois profité au candidat du RN, et non à son adversaire. 

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"Le front républicain est mort"

Le symbole est fort : avec ses plus de 120.000 habitants, Perpignan est la plus grande commune française - depuis Toulon entre 1995 et 2001 - à passer dans le giron du parti de Marine Le Pen, qui lorgne déjà sur la présidentielle de 2022. La commune des Pyrénées-Orientales constitue une belle prise pour le mouvement.

"On a fait voler en éclat le front républicain", s'est réjoui, sur TF1, le député européen Jordan Bardella dimanche soir, vantant "une campagne sérieuse". "Le front républicain est mort, vive la démocratie."  

La présidente du RN, Marine Le Pen, a vu dans cette victoire l'occasion pour son mouvement "de démontrer nos capacités à gérer les grandes collectivités locales". "Nombre de gens, y compris venant de la gauche, ont voté Louis Aliot. C'est la victoire du rassemblement des Français autour d'un projet", a-t-elle ajouté. 

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"Dégagisme" local

"C’est la victoire d’une équipe, s'est réjoui Louis Aliot. Nos militants se sont battus longtemps pour faire cesser un système qui a duré trop longtemps. Les murs sont faits pour être abattus. Nous sommes fiers de ce que nous avons fait et nous pouvons donner l’exemple pour la suite", a-t-il estimé, qualifiant le front républicain "d'escroquerie".

La victoire du candidat RN est d'abord le signe d'un "rejet assez fort de l'équipe sortante" et d'un jeu politique local "frappé au coin du clientélisme", pour reprendre l'analyse faite avant le second tour  par le politologue Olivier Rouquand dans une tribune au HuffPost. Une ambiance propice au "dégagisme" chez les électeurs, quel que soit le milieu socio-professionnel. En mars, l'historien Nicolas Lebourg décrivait ainsi à LCI "une bourgeoisie locale qui se cherche manifestement un champion, un territoire qui se cherche un patron". 

Campagne consensuelle

Pour élargir son électorat et remporter la victoire, Louis Aliot a mené une campagne centrée sur des thèmes partagés par de nombreux Perpignanais. "Il veut rassurer en se présentant comme celui qui va gérer la ville avec bon sens, sans faire de vagues. Il a bien compris que les thèmes de l'immigration et de l'islam avaient constitué un verrou en 2014, et veut éviter une nouvelle surmobilisation de l'électorat populaire", observait ainsi Nicolas Lebourg. 

Débarrassé de la marque RN au profit d'une liste "sans étiquette", Louis Aliot s'est également passé d'une visite de soutien des ténors du mouvement, à commencer par Marine Le Pen. Seule figure médiatique venue à sa rencontre, le 11 juin dernier : Robert Ménard, le maire de Béziers largement réélu en mars dernier... Après s'être dispensé, lui aussi, d'un soutien officiel du RN. 

Dans cette quête de notabilité, Louis Aliot s'est bien sûr illustré sur des sujets sécuritaires chers à son mouvement, dans un contexte local de montée des statistiques des vols avec violences et des coups et blessures. Mais il a ciblé tout autant la gestion de la ville par la municipalité sortante, la lutte contre le "clientélisme" et la relance économique de la ville. Les propos rassurants des figures locales ralliées au nouveau maire ont fait le reste du travail auprès de l'électorat. 

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