Affaires judiciaires, malaise TV, propos homophobes... ces députés susceptibles d'entacher La République en Marche

CANARDS BOITEUX - Malgré leurs déboires médiatiques ou judiciaires, ils avaient été investis et maintenus comme candidats par la République en marche. Le verdict des urnes ne leur a pas donné tort, puisqu'ils sont désormais députés.

Ils risquent de faire tache dans un parti qui prône la moralisation de la vie politique. Différents candidats aux législatives se présentant sous les couleurs de La République en Marche (REM) sont en effet mis en cause dans certaines affaires ou polémiques dont on se passerait bien quand on prétend incarner le renouveau des pratiques politiques.


Des ombres au tableau qui s'ajoutent à l'enquête préliminaire ouverte sur les activités passées de Richard Ferrand, le ministre de la Cohésion des Territoires, à la tête des Mutuelles de Bretagne et sur les soupçons d'emplois fictifs qui touchent le MoDem. 

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La loi de moralisation aurait-elle pu empêcher les récents scandales ?

Voici un aperçu de ces néo-députés susceptibles de faire grincer des dents dans la probable future majorité présidentielle. Et ce même si, à l'heure actuelle, leur casier judiciaire est vierge. 


Travail dissimulé

En Haute-Garonne, Corinne Vignon est soupçonnée de travail dissimulé dans le cadre d'une activité d'astrologie qui aurait pu être exercée entre 2012 et 2014. Le procureur de Toulouse a annoncé jeudi 15 juin avoir ouvert une enquête préliminaire à ce sujet.  L'interessée a reconnu sur France 3 avoir donner des consultations d'astrologie mais nie avoir été rémunérée pour cela. Pas de quoi détourner les électeurs, qui l'ont élue avec 52,97% des voix.


Optimisation fiscale

Dans le Rhône, Bruno Bonnell, l'entrepreneur bien parti pour battre Najat Vallaud-Belkacem, a été accusé d'avoir installé certaines de ses sociétés au Delaware, un Etat américain bien connu pour ses facilités fiscales. Il l'a toutefois emporté avec 60,32% des voix.

 Harcèlement moral

Dans les Pyrénées-Orientales, Romain Grau, qui était sur les bancs de l'ENA avec Emmanuel Macron, est visé par une enquête préliminaire pour harcèlement moral dans la société de maintenance aéronautique dont il est le directeur général. Les 250 salariés subiraient des pressions et des rythmes de travail infernaux. Le candidat a réagi "par l'étonnement" sur France Bleu Roussillon. Il a été élu avec 57,22% des voix.


Détournement de fonds

A Paris, Buon Tan, élu municipal du 13e arrondissement, est visé par une enquête préliminaire pour abus de confiance car il est soupçonné d'avoir détourné des fonds ayant appartenusau Conseil représentatif des associations asiatiques de France (Craaf), dont il a été le président. Ce que le candidat réfute dans un communiqué de presse ci-dessous.

Buon Tan est désormais le député de la 9e circonscription de Paris, avec 55,3% des voix.


Coups et blessures

Dans les Hauts-de-Seine, Laurent Zameczkowski, patron de PME,  fait l'objet d'une plainte pour violences conjugales et dégradation de biens privés, selon des informations du Parisien. Le candidat a déposé en retour plainte pour diffamation. Il aurait en outre, selon Le Point, un compte non déclaré à Hong Kong, "ouvert en 2012" et "sans activité dessus", selon l'interessé. 

Indemnités de frais de mandat détournées

Le député de la 6e circonscription du Calvados Alain Tourret a été épinglé par Mediapart pour l'usage très privé qu'il a fait de ses indemnités représentatives de frais de mandat : golf, vacances, places de cinéma... Là où cette enveloppe mensuelle doit servir à rémunérer la permanence et les frais liés au quotidien d'un député. L'intéressé a reconnu son erreur et confessé "une erreur de jugement". Il n'aura pas l'occasion de les faire à nouveau : l'IRFM sera désormais supprimée et les frais liés à la fonction ne seront remboursés que sur facture, selon la loi de moralisation de la vie politique voulue par François Bayrou.


L'homosexualité, une "abomination"

Il était revenu, confusément, sur des propos tombant sous le coup de la loi pour incitation à l'homophobie. Olivier Serva, candidat soutenu par La République en marche dans la 1ère circonscription de Guadeloupe, avait qualifié l'homosexualité de "péché", d'"abomination" en 2013, en plein débat sur le mariage pour tous. Après s'en être excusé et avoir retiré ses propos, il a réalisé... 61,74% des voix.

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Législatives : quels sont les bénéfices de l’étiquette "En Marche" ?

Claire O'Petit, 67 ans, nouvelle députée REM dans la 5e circonscription de l'Eure, est connue pour son franc-parler dans l'émission "Les grandes gueules" sur RMC. Membre du MoDem une dizaine d'années, elle le quitte en 2014. Elle qui se défend d'être "béni oui oui" et fustigeait les taxes sur les ondes, se revendique être une Macroniste de la première heure. Pas faux... sauf que lors des dernières régionales, elle aurait demandé à être investie en position éligible sur la liste de Nicolas Bay, en Normandie. Pas de quoi lui faire manquer l'élection : elle a été élu avec 56% devant la candidat FN Vincent Taillieu. 

Et en bonus

Elles se sont attirées des procès pas forcément justifiés par leurs balbutiements, leur langue de bois mal maîtrisée ou leur manque d'expérience sur les plateaux télévisés. Anissa Kheder, candidate dans la 7e circonscription du Rhône, a remporté d'une très courte tête sa circonscription, face au républicain Alexandre Vincendet.

Et Fabienne Colboc a été élue dans la 4e circonscription d'Indre-et-Loire, avec 58,26% des voix, en dépit de ce grand moment de gêne télévisuelle : 

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