Résultats municipales 2014 : ces villes qui basculent à droite

Résultats municipales 2014 : ces villes qui basculent à droite

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ÉLECTIONS - En prenant de nombreuses villes au PS (45 de plus de 30.000 habitants), dont certains de ses bastions historiques, la droite lui a infligé une défaite historique. Survol de ces points chauds qui ont basculé.

C'était la plus grande crainte de François Hollande. Elle était fondée : ce dimanche, le second tour des élections municipales a confirmé les résultats du premier. Et la droite a ravi de nombreuses villes à la gauche (dont 45 de plus de 30.000 habitants). Metronews passe ici en revue les victoires les plus symboliques.

Limoges (Haute-Vienne)
La ville était aux mains de la gauche depuis 1912 ! C'est donc dire si l'UMP se les frotte ce dimanche, grâce au triomphe de son candidat Emile-Roger Lombertie, élu au détriment du député maire sortant, le socialiste Alain Rodet, selon des résultats partiels communiqués par la préfecture portant sur plus de 95% des bulletins.

Toulouse (Haute-Garonne)
Cela s'est joué dans un mouchoir de poche mais l'histoire retiendra surtout le symbole. L'ancien maire UMP Jean-Louis Moudenc a en effet repris la Ville rose au maire sortant socialiste Pierre Cohen, qui a reconnu sa défaite. Selon de premières estimations, la liste Moudenc (UMP-MoDem-UDI) a obtenu environ 51% contre 49% pour la liste Cohen (PS-PCF-PRG-EELV).

Nevers (Nièvre)
À la base, il était étiqueté divers gauche. Mais après avoir fusionné sa liste avec l'UMP et l'UDI entre les deux tours pour mettre fin à l'hégémonie du PS, qui datait de 1971, Denis Thuriot a fait tomber un bastion socialiste sous les couleurs de la droite, battant, avec 49,80% des voix, le jeune maire sortant Florent Sainte Fare Garnot (42%) et le candidat FN Christophe Gaillard (8,20%).

Charleville-Mézières (Ardennes)
Depuis la fusion entre Charleville et Mézières en 1966, tous les maires de la préfecture des Ardennes ont été élus avec l'étiquette socialiste ou divers gauche. Avant même l'union des deux communes, la SFIO gérait déjà Charleville depuis 1944. La victoire de l'UMP Boris Ravignon, ce dimanche, avec 54,94% des voix, face au maire PS sortant Philippe Pailla (33,88%), peut donc être qualifiée d'historique sans crainte d'exagérer.

Chambéry (Savoie)
Gérée par la gauche depuis 25 ans, la ville a basculé à droite avec la victoire de l'UMP Michel Dantin aux dépens de la maire socialiste sortante Bernadette Laclais. Le député européen, qui avait frôlé l'élection au premier tour, l'emporte logiquement (et largement) au second avec 54,74% des voix.

La Roche-sur-Yon (Vendée)
La mairie était à gauche depuis 1977. Elle a, elle aussi, basculé ce dimanche, l'UMP Luc Bouard battant le maire PS sortant Pierre Regnault avec 53,90% contre 46,10% des suffrages. Rappelons, au passage, que M. Regnault avait succédé en 2004 au socialiste Jacques Auxiette, qui tenait la ville depuis 1977, après l'élection de celui-ci à la présidence du conseil régional des Pays de la Loire. Et qu'en 2008, il avait été réélu dès le premier tour avec 50,08% des voix.

Roubaix (Nord)
Cela s'est joué de peu mais le maire PS sortant a lui-même admis sa défaite. À la tête d'une liste UMP-UDI, Guillaume Delbar l'a emporté avec un score de 34,85%, contre 33,18% pour son rival de gauche. La liste Front national (FN), menée par Jean-Pierre Legrand, a, elle, obtenu 17% des voix, c'est à dire moins qu'au premier tour (19,31%). Quant à la participation, une des plus faibles du premier tour, elle a connu un léger sursaut, passant de 38,42% à 44,41%.

Angers (Maine-et-Loire)
La seconde tentative a été la bonne. Christophe Béchu (UMP) a été élu avec 53,4 % des voix, contre 46,6 % pour le candidat socialiste Jean-Claude Antonini, qui l'avait battu de quelques centaines de voix en 2008. Le président UMP du conseil général de Maine-et-Loire, ancien conseiller municipal, ancien conseiller régional, ancien député européen et toujours sénateur (à 39 ans) a ainsi gagné l'un des rares mandats qui manquait à son imposante collection.

Tours (Indre-et-Loire)
Jean Germain, sénateur-maire PS sortant de Tours, a reconnu sa défaite face au candidat de droite Serge Babary (UMP), dans une courte déclaration à la presse. "A partir des résultats provisoires, je félicite Serge Babary pour sa victoire", a ainsi admis celui qui briguait un quatrième mandat. "Jean Germain n'a pas attendu la fin du dépouillement pour reconnaitre sa défaite, il sait que sur certains bureaux de gauche, il perd 20 à 30 points", a, de son côté, enfoncé M. Babary, qui avait distancé la liste de M. Germain avec 36,42% des voix au 1er tour.

Laval (Mayenne)
La ville que le ministre de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, avait ravie en 2008 à la droite, a cette fois échappé aux socialistes, avec la victoire de la liste d'union de la droite menée par le sénateur François Zocchetto (UDI). Bien sûr, il y a un contexte national porteur mais je crois que ce n'est pas la principale explication", a voulu se convaincre le nouveau maire sur les ondes de France Bleu Mayenne.

Saint-Etienne (Loire)
C'est par un communiqué que le maire PS sortant Maurice Vincent a reconnu la victoire de son rival UMP Gaël Perdriau, évoquant un "contexte national particulièrement défavorable à la gauche". Pour mémoire, la gauche avait profité, en 2008, de la division entre la droite et le centre pour ravir la mairie après 25 ans de règne ininterrompu de la droite. Cette année, la droite était partie unie, ce qui a donc fait la différence, avec l'émergence d'un FN s'invitant au second tour.

Quimper (Finistère)
Le socialiste Bernard Poignant briguait un quatrième mandat de rang. Mais, depuis le hall de l'hôtel de ville, il vient de reconnaître la victoire "nette et franche" de son rival UMP Ludovic Jolivet, qui l'a emporté avec 56,65% des voix, contre 43,35% pour le proche conseiller de François Hollande.

Reims (Marne)
Élue en 2008, la socialiste Adeline Hazan a reconnu sa défaite. Selon les estimations de deux instituts de sondages, elle n'a recueilli que 42,7% des voix contre 46,2% à l'UMP Arnaud Robinet.

Amiens (Somme)
"C'est bon." Ainsi la candidate de la droite unie, Brigitte Fouré (UDI-UMP-MoDem), a-t-elle revendiqué sa victoire à Amiens, reprenant la ville au PS, vainqueur en 2008. "Ce qui est rassurant, c'est que la liste que j'ai l'honneur de représenter a obtenu une majorité absolue des suffrages, et que, dans une triangulaire, on aboutisse à ce résultat, est exceptionnel", a-t-elle pris soin de souligner.

Caen (Calvados)
Avec 57,04% des voix pour la liste UMP-UDI, c'est un véritable triomphe pour Joël Bruneau face à l'alliance PS-EELV-PCF menée par le sortant Philippe Duron. "Nous n'osions pas forcément espérer un tel écart", a bien voulu reconnaître l'heureux nouveau maire au micro de France Bleu Basse-Normandie.

Carcassonne (Aude)
Gérard Larrat, 71 ans, tient sa revanche. Ce dimanche, il récupère pour la droite la mairie qu'il avait dû abandonner en 2009 après l'annulation des élections municipales pour fraude. Sa liste a obtenu 40,42% des voix devant celle du député-maire sortant PS Jean-Claude Perez, qui a recueilli 39,24% des suffrages.

Angoulême (Charente)
L'UMP Xavier Bonnefont, qui avait fusionné sa liste entre les deux tours avec l'UDI, a repris au PS Philippe Lavaud la mairie d'Angoulême qu'il détenait depuis 2008. La fusion avec EELV (7,45%) et le soutien du Parti communiste (5,30%) n'ont donc pas suffi face à l'union de la droite, l'UDI Samuel Cazenave ayant récolté 20,37% des suffrages au premier tour.

Tourcoing (Nord)
Son entourage vient de l'annoncer à l'AFP : Michel-François Delannoy, le maire PS sortant, est sorti. La liste du député UMP Gérald Darmanin aurait obtenu 45,61%, contre 43,43% à M. Delannoy, selon cette même source.

Bastia (Haute-Corse)
Certains osent parler de "séisme". Le candidat de gauche Jean Zuccarelli, fils du maire sortant Emile Zuccarell, s'est incliné au profit du nationaliste Gilles Simeoni, qui avait fusionné sa liste avec avec celle d'un élu de gauche et celle... du candidat UMP-UDI. C'est la première fois qu'une grande ville corse sera dirigée par un nationaliste.

Maubeuge (Nord)
L'UMP Arnaud Decagny l'emporte à Maubeuge avec 45,28 % des voix, contre 42, 87 % pour Rémi Pauvros, le maire socialite sortant. Avec Roubaix, Tourcoing (lire ci-dessous), Halluin, Saint-Omer et Bailleul, ce sont six villes de gauche qui ont basculé à droite dans la région Nord – Pas-de-Calais. Une véritable razzia.

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