Municipales : "C'est une déception", reconnaît Gilles Le Gendre

Municipales : "C'est une déception", reconnaît Gilles Le Gendre
Élections Municipales 2020

INTERVIEW - Invité politique d'Elizabeth Martichoux lundi 29 juin, le chef de file des députés LaREM Gilles Le Gendre confie sa déception au lendemain des municipales et la déroute du parti majoritaire.

Comment caractériser les résultats de ces municipales quand on est du côté des perdants? Interrogé sur LCI ce lundi au lendemain du second tour des municipales, Gilles Le Gendre n'a "pas voulu raconter d'histoire". Et a admis sa "déception", comme la porte-parole du gouvernement la veille. Et, comme Sibeth Ndiaye, le patron des députés de la majorité n'a cependant pas voulu parler de "défaite", saluant le début d'un "ancrage" municipal.

LaRem prend "une claque" à Paris

Sur LCI, Gilles Le Gendre a d'abord eu une pensée pour ceux qui se sont engagés et qui doivent désormais "ressentir un sentiment assez amère". "L'intensité de leur engagement n'est en rien dans cette défaite", a-t-il souligné, mettant plutôt en cause l'abstention record qui serait allée à rebours des intérêts du parti. "Nous savions que ce serait difficile. Ça l'a été encore plus que prévu, notamment en raison de cette abstention record qui renforce la prime aux sortants."

Symbole de la défaite du parti présidentiel, le cuisant échec d'Agnès Buzyn, l'ex-ministre de la Santé, dans la capitale. Sur ce dossier, Gilles Le Gendre le confie sans barguigner, Paris a été "la somme catastrophique de toutes les erreurs qu'il ne faut pas commettre", manière de faire référence aux couacs de la campagne de Benjamin Griveaux, de sa désignation jusqu'à son abandon sur fonds de photos intimes, et à la campagne d'Agnès Buzyn en pleine expansion du coronavirus. "Nous prenons en effet une claque", a-t-il reconnu, espérant que cela puisse servir de "leçon". "Lorsqu'on affronte un scrutin difficile, et celui de Paris l'était, plus que divisés, nous n'avons aucune chance de gagner." La candidate En Marche n'y est cependant "strictement pour rien", a assuré Gilles Le Gendre, qui pointe des erreurs "depuis le début". "Le dossier parisien a été très mal engagé. Il faut le reconnaître."

Nous partions de zéro- Président du groupe LaREM à l'Assemblée nationale.

En revanche, tout ne semble pas tout noir pour le président du groupe LaRem à l'Assemblée nationale, qui se félicite d'avoir atteint un "objectif extrêmement difficile", à savoir celui d'apparaître dans le paysage municipal "dont nous étions totalement absents". "Ça ne peut pas se faire en un jour." Arguant que le bilan n'est pas "nul", Gilles Le Gendre considère même qu'il n'est "pas si mal". "Nous aurons environ 400 maires dans des villes de plus de 1000 habitants et nous aurons autour de 10.000 élus. Ça ne relativise pas, ça n'atténue pas la déception, mais peut à petit nous continuerons cet ancrage territorial."

Un échec aussi pour Emmanuel Macron?

Outre l'argument de l'abstention, faut-il voir dans les résultats de ce scrutin une forme de dégagisme de la part des Français ? "Je ne crois pas", a fait valoir l'intéressé, arguant que LaREM n'était "pas au pouvoir" dans les villes avant ces élections. Alors est-ce au moins un avertissement avant l'élection présidentielle ? Non plus, estime Gilles Le Gendre. Selon lui, l'échec de la majorité n'est "en aucun cas" celui d'Emmanuel Macron. Seule chose "très claire" pour le chef de fil des députés LaREM, c'est que ce scrutin ne permet pas "de tirer des leçons nationales" hormis évidemment celle de la "percée" verte. Qui ne permettrait toutefois pas une "extrapolation de ce que seront les prochains scrutins nationaux". 

Gilles Le Gendre voit par contre dans ces résultats le désir de la population pour que la majorité engage "une transition écologique plus rapide et plus forte". "Ça oblige la majorité au pouvoir à avoir une réponse écologique extrêmement forte dans les prochaines semaines et les prochains mois." Mais s'il a reconnu que sur cette question, il fallait "absolument accélérer", le député de la capitale a esquissé une critique envers la vague verte, pointant du doigt une certaine "ambiguïté politique". "De quelle écologie parlent-t-ils ?" s'est-il demandé, débutant une division entre deux courants. Si, "quand elle est au plus près du local, l'écologie est très souvent extrêmement positive et constructive", Gilles Le Gendre pense ainsi qu'au niveau national, ce mouvement connaîtrait une "bifurcation très claire". Celle entre une "transition écologique qui continue de s'appuyer sur la création de richesse" et celle qui "mise sur la décroissance". 

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Si le chef des députés de la majorité interpelle les Verts, il n'en reste pas moins sévère avec ses propres rangs. Désormais, le parti de la majorité doit "apprendre à mener ces scrutins" dont il n'était pas familier. "Il y a peut être eu un problème de stratégie, parfois de division, peut-être d'exécution."

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