Il a traité de "connards" ceux qui ont voté Le Pen dans sa commune : le maire d'Annezin "regrette" le "ton de haine" de ses propos, pas le fond

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
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EXPLICATIONS - Dimanche soir, la commune d’Annezin, dans le Pas-de-Calais, a plébiscité Marine Le Pen : la candidate FN y est arrivée en tête avec 38,07% des voix. Ce résultat a fait dire au maire divers gauche Daniel Delomez qu’il envisageait de démissionner car il ne voulait pas consacrer sa vie à des "connards". Ce lundi matin, il explique à LCI regretter le ton de ses propos, mais pas le fond.

Ce lundi matin, lorsque nous appelons Daniel Delomez à son bureau de la mairie d’Annezin, dans le Pas-de-Calais, nous ne sommes pas les premiers journalistes qu’il a au téléphone. C’est que ses propos relayés par L’Avenir de l’Artois dimanche soir ont fait grand bruit. Alors que Marine Le Pen est arrivée en tête dans sa commune (un peu moins de 6000 habitants au dernier recensement) avec 38,07% des voix, il s’est exclamé : "Il est possible que je démissionne car je ne veux pas consacrer ma vie à des connards".

"Je regrette ce ton de haine et de rejet. Mais c'est le fond de ma pensée"Daniel Delomez

Au lendemain de ces propos choc, le maire nous dit regretter leur forme, mais ne renie rien sur le fond. "Je regrette le terme de 'connards', ce n’est pas mon style de parler comme cela. Je regrette ce ton de haine et de rejet. Mais c’est le fond de ma pensée,", confie-t-il. "J’ai prononcé cette phrase pendant la proclamation des résultats, à la fin de la soirée. J’ai vu des gens contents de ce résultat, ça m’a perturbé. Surtout que ceux qui rigolaient, je sais qu’ils profitent du système", ajoute-t-il.

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L'ambiance dans les QG des candidats après l'annonce des résultats

Le maire envisage toujours de démissionner

Pense-t-il toujours démissionner ? "Oui", nous répond-il. "J’ai déjà failli démissionner pour des problèmes de santé, là c’est un nouvel élément déclencheur." Daniel Delomez dit ne pas craindre les critiques de ses administrés après cette sortie : "Je suis allé au tabac ce matin acheter le journal, personne ne m’a rien dit."

Sur Twitter, Florian Philippot, vice-président du FN, s'est indigné qu'un maire puisse traiter de "connards" ses administrés. "Il a raison, ma parole est déplacée", admet l'intéressé.


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