Amer après son pari perdu, Jean-Luc Mélenchon refuse de donner une consigne de vote pour le second tour

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
RESULTAT - Amer au soir du premier tour, le candidat de la France insoumise a annoncé qu'il respecterait les résultats quand ils "seront connus", sans donner de consigne pour choisir entre Emmanuel Macron. A quelques coudées du second tour, il termine tout de même sur une belle dynamique une campagne qu'il avait pourtant partie de loin.

Une heure après le dévoilement des premières estimations, dimanche soir, Jean-Luc Mélenchon et ses équipes se refusaient à reconnaître les résultats du premier tour de la présidentielle. "Nous ne validons pas le score annoncé sur la base de sondages. Les résultats des grandes villes ne sont pas encore connus. J'appelle à la retenue et les commentateurs à la prudence", avait écrit vers 21h le candidat de la France insoumise.


Annoncé à 19% dans les premières estimations - "ce n'est pas le résultat que nous espérions" - tout près de François Fillon mais distancé par Marine Le Pen, deuxième du scrutin, Jean-Luc Mélenchon a finalement assuré, autour de 22h, à son quartier général : "Nous respecterons les résultats quand ils seront connus."


Amer, le 4e homme de la présidentielle 2012 a réservé ses critiques aux "médiacrates et oligarques [qui] jubilent" et n'a pas voulu départager les deux finalistes du scrutin. Une tâche qu'il laisse "aux 450.000 insoumis qui l'ont soutenu". Il a renvoyé dos à dos Emmanuel Macron et Marine Le Pen : "Ceux qui prétendent aujourd'hui nous représenter sont incapables" d'une "prise de conscience écologique" et d'une volonté de protéger "les acquis sociaux élémentaires". 


Alors que cette absence de prise de position était critiquée, son lieutenant Alexis Corbière a écarté d'un revers le reproche dimanche soir : "On s'est toujours battu contre l'extrême droite, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est que ce soir, on entend les mêmes discours qui débouchent sur la reproduction d'une politique sociale-libérale qui accroît les inégalités."

Une intransigeance bénéfique vis-à-vis du PS

Reste que, si la campagne de Jean-Luc Mélenchon ne se termine pas aussi haut qu'il l'aurait souhaité, elle va plus loin qu'on ne lui promettait voilà quelques mois. Candidat depuis février 2016, en se basant non plus sur le soutien d'un parti mais sur celui de centaines de milliers de citoyens favorables à son projet, Jean-Luc Mélenchon a longtemps plafonné. "Nous avons été éclipsés par les primaires de droite puis de gauche", convenait la membre du Parti de gauche Danielle Simonnet auprès de LCI, quelques semaines avant le premier tour. Mais les difficultés traversées par Benoît Hamon, candidat socialiste lâché par une bonne partie de son camp tout au long de sa campagne, lui furent finalement bénéfiques, lui qui refusa à plusieurs reprises de rallier un parti qu'il avait durement critiqué tout au long de sa campagne. Sans compter des apparitions médiatiques qui le présentèrent à son avantage.


Après des scores particulièrement difficiles pour sa famille politique à l'occasion des élections européennes, municipales, départementales et régionales, Jean-Luc Mélenchon, qui a annoncé que ce serait là sa dernière campagne présidentielle, réussit de toute façon un redressement spectaculaire, mais insuffisant pour se qualifier au second tour. Il est aujourd'hui incontournable dans la stratégie politique à venir à gauche, notamment pour les prochaines élections législatives.

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Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

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