Revenu universel : utopie ou futur proche ?

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DÉBAT - De la gauche en passant par la droite, voire l'extrême-droite : l'idée de l'instauration d'un revenu universel fait de plus en plus parler d'elle. Renaud Pila, spécialiste politique de LCI, nous explique en détails ce concept qui n'a pas fini de nourrir les débats, à quatre mois du premier tour de l'élection présidentielle.

Le revenu universel : un concept présent dans la bouche de tous les candidats, ou presque. Benoit Hamon en a même fait son cheval de bataille. Et l'idée fait mouche. Renaud Pila, spécialiste politique LCI, nous explique pourquoi : " Cela peut paraître aujourd’hui totalement utopique mais c’est sans doute pour ça que cette idée fait un tabac dans les réunions publiques de Benoit Hamon. C’est une idée assez futuriste. Elle part du constat que, dans les années à venir, avec la robotisation, la révolution numérique, ce qu’on appelle l’ubérisation de l’économie, il n’y aura pas forcément de travail pour tout le monde. Ou, en tout cas, notre rapport au travail va totalement changer. La robotisation de nombreuses taches va peut-être diminuer notre temps de travail. Et du coup, pour compenser la perte de revenus, il faudrait créer un revenu qui permettrait à chacun de vivre décemment. L'idée du revenu universel est qu'il couvre les besoins primaires, comme manger, s'habiller, se loger", précise-t-il.

"L'idée d'un revenu de base pour tous fait son chemin"

Une idée séduisante si l'en est. Tant et si bien qu'ils sont désormais nombreux, au sein de la sphère politique, à la défendre.  Renaud Pila ajoute : " Presque tous les candidats à la primaire de gauche s’y intéressent. Mais le plus original c’est qu’à droite aussi ou à l’extrême-droite, l’idée d’un revenu de base pour tous fait son chemin. A droite, chez les candidats de la primaire, il s’agissait plutôt en réalité d’une refonte de tous les minima sociaux. Car en réalité toute la classe politique française se rend bien compte qu’avec le chômage de masse qui ne diminue pas en France, il va bien falloir s’attaquer à la pauvreté de centaines de milliers de personnes avec d’autres moyens que le RSA. Un seul chiffre, 1/3 seulement des personnes qui auraient droit au RSA le touchent en France car elles ne sont pas inscrites car mal informées".

Le revenu universel : combien ça coûte ?

C'est la question qui fâche : si le concept séduit sur le papier, combien coûterait-il à mettre en place ? Renaud Pila l'assure : "Très cher".  Notre journaliste précise : "Même dans l’équipe de Benoit Hamon, on ne cache pas la réalité. Eux évaluent la mise en place de leur revenu universel d’existence d’environ 700 euros pour tout le monde à environ 300 milliards d’euros par an, quasiment le montant du budget de la France. Mais Benoit Hamon affirme qu’il procéderait par étapes. D’abord, le revenu universel ne concernerait que les jeunes de 18 à 25 ans, et ne coûterait que 45 milliards par an. Et puis, progressivement, il s’étendrait. Il serait financé par une hausse de la fiscalité des plus riches avec une fusion de l’impôt sur la fortune et de la taxe foncière".


Plusieurs pays ont déjà tenté ce genre d'expérience, avec plus ou moins de succès. En juin de l'année dernière, les Suisses, interrogés via un référendum sur la question, avaient massivement rejeté l'idée d'instaurer ce type de mesure dans leur pays. 

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