Sécurité : ce que proposent les candidats à Paris

Sécurité : ce que proposent les candidats à Paris

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MUNICIPALES 2014 - Les candidats aux municipales s'affrontent depuis plusieurs semaines déjà sur la délinquance et la sécurité à Paris. Derrière la polémique, ils se mettent d'accord sur une priorité : le retour de la police de proximité. Qui n'est pas du ressort d'un maire de Paris.

Peut-il y avoir un consensus en matière de sécurité ? En campagne électorale, en tout cas, jamais. Depuis plusieurs semaines, les candidats aux municipales à Paris s'affrontent sur les sujets brûlants de la hausse des cambriolages et de la baisse des effectifs de police, des thèmes désormais abordés par l'ensemble des partis, y compris à gauche.

Le retour de la police de proximité

C'est le thème le plus partagé par les candidats… Mais aussi un sujet sur lequel la mairie de Paris n'a pas compétence. Le pouvoir de police dépend en effet de la préfecture de police. Lundi, saluant la Brigade sécurisée de terrain  (BST) fraîchement installée gare du Nord, Anne Hidalgo a réitéré ses affirmations concernant la perte de "1.433 policiers" sous le précédent gouvernement de droite, louant l'initiative de l'actuel ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, de restaurer ces effectifs. Pour l'heure, seuls 332 policiers supplémentaires ont été réaffectés fin 2013 à Paris. A gauche, Danielle Simonnet (Front de gauche) comme Christophe Najdovski (EELV) réclament le "rétablissement des 1.500 postes de policiers supprimés sous Nicolas Sarkozy".

Contestant ces baisses d'effectifs imputées à la droite, l'équipe de Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) penche pour une "police municipale" à Paris quitte à passer par "une nouvelle loi". Une hypothèse écartée par sa rivale socialiste. Le Front national veut lui aussi une police municipale, qu'il compte créer avec ou sans la loi.

La vidéosurveillance divise toujours

NKM accuse la gauche de n'avoir participé qu'à hauteur de 5% (5 millions d'euros) au plan "1.000 caméras" initié par la préfecture de police de Paris. La candidate de l'UMP propose de "doubler le nombre de caméras, les étendre dans le parc des logements sociaux et dans "l'ensemble des rames de métro". Wallerand de Saint-Just (FN) veut lui aussi doubler le nombre de caméras en cinq ans. Anne Hidalgo rejette cette hypothèse, défendant une simple extension (5 millions d'euros en plus) "dans les nouveaux quartiers" et le parc des logements sociaux.

Les autres forces de gauche restent farouchement hostiles aux caméras. Côté écologistes, Christophe Najdovski propose un "moratoire" sur un dispositif qu'il juge coûteux, ironisant sur le fait qu'"aucune caméra n'a encore jamais couru derrière un délinquant". Danielle Simonnet refuse aussi un programme "inefficace, coûteux et liberticide".

"Brigade verte" contre "police de quartier"

Faute de pouvoirs de police, les prétendants à la mairie de Paris imaginent des formules où des agents municipaux seront sollicités pour lutter contre la délinquance. NKM a proposé une "police de quartier" composée de personnels jusqu'ici "affectés aux parcs et jardins" ou encore aux PV de stationnement. Un détournement de mission, affirme Anne Hidalgo. Qui souhaite toutefois créer une "brigade verte" - les actuels inspecteurs de sécurité de la voie publique - dédiée aux "épanchements d'urine" et autres problèmes de tapage nocturne. Elle veut également "renforcer la présence" des agents dans les rues et "créer des équipes pour sécuriser les lieux les plus fréquentés", sans plus de précisions.

Au Front national, le candidat propose lui aussi d'affecter les inspecteurs de sécurité de la voie publique "à la sécurité des personnes et des biens". Comme Anne Hidalgo et le candidat écologiste, Danielle Simonnet (Front de gauche) veut enfin étendre le dispositif des "correspondants de nuit", ces équipes municipales assurent la médiation dans les quartiers sensibles.

Lutter contre la mendicité agressive

Le sujet focalise l'attention des deux favorites des élections municipales. NKM avait lancé la polémique en prônant le "rétablissement des arrêtés anti-mendicité", suspendus en juin 2012, notamment sur les zones touristiques. Une mesure qui serait "inutile", selon Anne Hidalgo, qui renvoie à une coopération avec l'Etat pour "lutter contre les réseaux criminels" d'un côté, et de l'autre "éloigner les mineurs des réseaux par la création de foyers sécurisés pour les victimes de traite". Le candidat écologiste rejette aussi, sans surprise, les arrêtés anti-mendicité, évoquant la "stigmatisation" et "l'indécence" d'une mesure réclamée "pour permettre aux touristes aisés de faire leurs courses sans être gêné par le visage de la pauvreté.

Ciblant encore la mendicité d'origine étrangère, NKM demande enfin "le respect des décisions de justice ordonnant le démantèlement des campements sauvages". Plus largement, le FN propose quant à lui de "régler le problème des Roms […] par une politique européenne et nationale", en sortant de l'espace Schengen et en rétablissant les frontières". Là encore, on est loin, très loin des compétences du maire de Paris.

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