Sondages : la République en Marche écraserait l'Assemblée nationale

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HORIZON EN MARCHE - Une étude menée par OpinionWay pour "Les Echos", publiée vendredi 26 mai, donne au parti présidentiel une très large majorité absolue, à l'occasion des élections législatives des 11 et 18 juin.

Près d'un siècle après "La Chambre bleu horizon" (plus de 400 députés de la droite et du centre sur 616), plus de vingt ans après la déroute du Parti socialiste et quinze ans après la "vague bleue" de l'UMP (près de 400 UMP/UDF sur 577), la République en Marche s'apprête-t-elle à déferler sur l'Assemblée nationale, les 11 et 18 juin prochains ? C'est ce que laisse entendre le sondage réalisé par OpinionWay pour Les Echos, vendredi 26 mai.

Horizon (au moins) 300 sièges

Si l'on en croit l'enquête, réalisée sur un échantillon de 2103 personnes sélectionnées selon la méthode des quotas, le mouvement pro-Macron, crédité de 28% dans les sondages (en hausse d'un point par rapport à la semaine passée), bénéficierait de 310 à 330 députés au Palais Bourbon. Derrière, l'alliance Les Républicains/UDI, stable à 20%, occuperait 140 à 160 sièges. Bien loin des espoirs de cohabitation martelés à longueur de meetings par les ténors de la droite et du centre. Une bonne nouvelle pour le Président, qui aura bien besoin d'une Assemblée à sa cause pour lui voter l'habilitation à faire usage des ordonnances, dans le cadre du projet de réforme du Code du travail.

Le Président et ses affidés bénéficient ainsi du "fait majoritaire", une situation bien connue des observateurs de la vie politique. Caractéristique de la Ve République, ce terme de droit constitutionnel définit une situation politique où le chef de l'Etat est soutenu par une majorité parlementaire qui lui est favorable. Et ce, quelle que soit la façon dont le Président a été élu. Dans cette optique, Emmanuel Macron bénéficie également d'une dynamique indéniable, qui voit son mouvement crédité de plus de voix que lui n'en avait obtenu au premier tour de l'élection présidetielle (24%).

La gauche éparpillée, essai non transformé pour le FN

A gauche, "la volonté des électeurs de donner une majorité au gouvernement", ainsi exprimée par Bruno Jeambart (OpinionWay) a des effets dévastateurs. Malgré ses 15% (en hausse d'un point par rapport à la semaine précédente), la France insoumise ne parvient pas à concrétiser son fort potentiel, et n'obtiendrait que 25 à 30 sièges. Bien loin des envies de majorité de Jean-Luc Mélenchon... Seule consolation, ce score les mettrait à hauteur du Parti socialiste (11%, en baisse d'un point), qui verrait alors son nombre d'élus divisé... par 10 ! Dans la suite du score catastrophique de Benoît Hamon à l'élection présidentielle et du déchirement observé par le PS sur sa droite, on atteint donc là un score inférieur à la composition du groupe socialiste en 1993, après la débandade des législatives de la même année. A l'époque, le PS avait obtenu son plus bas niveau historique, avec... 53 députés. 

Le Front national, de son côté, a beau être la 3e force politique du pays, dans cette projection (19%, en baisse d'un point), il ne parvient pas à faire fructifier le score historique de sa présidente au premier tour de l'élection présidentielle. La faute, d'une part, au mode de scrutin uninominal à deux tours, qui interdit une fidèle reproduction des votes en députés. Et d'autre part à la concentration particulière du vote frontiste. Fort dans le Sud-Est, dans le Nord et dans l'Est, il est trop isolé pour espérer une répartition homogène sur tout le territoire. En tout état de cause, le parti d'extrême-droite, à qui l'on promet de dix à quinze élus, ne serait pas certain de former un groupe parlementaire.

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