Soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen : qui est Sophie Montel, l’élue FN par qui "l’affaire" est arrivée ?

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POLÉMIQUE - Sophie Montel, 47 ans, est à l'origine de l'enquête sur les emplois présumés fictifs dans l'affaire des assistants au parlement européen, qui vient d'être élargie à Jean-Luc Mélenchon, après avoir suscité le départ de plusieurs ministres MoDem du gouvernement. Loin d'être une jeune recrue, cette "apparatchik" du FN plutôt discrète milite depuis 28 ans au sein du parti et collectionne les mandats.

Elle est à l’origine de la tempête médiatique et judiciaire qui embarrasse de plus en plus de responsables politiques. Sophie Montel, eurodéputée FN plutôt discrète, avait envoyé en mars à la justice française une missive dénonçant l'usage supposé, par 19 de ses collègues, d'assistants parlementaires travaillant en même temps au service de leur formation politique. Un courrier qui a décidé le parquet de Paris d’ouvrir une enquête préliminaire pour "abus de confiance", causant le départ du gouvernement de plusieurs ministres MoDem, dont François Bayrou et Marielle de Sarnez. A la suite d'un nouveau signalement de Sophie Montel, l'enquête a été élargie ce mardi 18 juillet au leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon .


Les faits dénoncés ne sont pas sans rappeler l’affaire dans laquelle le Front national fait lui-même l’objet d’une enquête en cours. Le Parlement européen réclame notamment à Sophie Montel 77.276 euros dans l'affaire des emplois présumés fictifs d'assistants parlementaires. Alors que plusieurs mis en cause, dont Marielle de Sarnez et Brice Hortefeux (LR) ont décidé de contre-attaquer en portant plainte pour "dénonciation calomnieuse" contre elle, Jean-Luc Mélenchon a réagi mardi en assurant qu'aucun de [s]es assistants n'avait jamais  exercé aucune responsabilité politique ni à l'intérieur du Parti de gauche, ni pour la France insoumise." 

Une vraie "apparatchik"

Si Sophie Montel n’est pas très connue du grand public, elle est pourtant une "lepéniste" historique. Fille d’un militant franc-comtois frontiste, titulaire d’un DEA en histoire médiévale, élue à Besançon à 26 ans, conseillère régionale à 29 ans, mariée à Robert Sennerich, cadre frontiste de son département… Sophie Montel a déjà 28 ans de militantisme actif au Front. Une vraie "apparatchik"... Terme que ne récuse d'ailleurs pas cette proche de Florian Philippot. "Je ne traîne pas ça comme un boulet, nous avait-elle expliqué en 2015. J'ai fait ma carrière au FN. On a vécu des scissions, des traversées du désert… Bien loin de la situation actuelle."


Sophie Montel a pris sa carte en 1987 en partie en raison du "charisme de Jean-Marie Le Pen". Epinglée en 2015 pour avoir tenu en 1996 des propos polémiques sur l'inégalité des races, elle avait ensuite expliqué avoir voulu à l'époque "défendre [son] président", Jean-Marie Le Pen, alors visé pour les mêmes raisons. "Le parti nous avait distribué un argumentaire pour cela, je l'avais lu en séance", avait justifié la candidate. Depuis, assure-t-elle, "le FN a changé. Ce n'est pas la même époque", assurant qu’elle ne réitérerait pas ces propos aujourd’hui.

Sa grande cause : les animaux

Lieutenant discret de Florian Philippot, Sophie Montel fait aujourd’hui "partie de ces figures consensuelles de la stratégie de dédiabolisation du parti d’extrême droite mise en œuvre par Marine Le Pen", écrit Le Monde en 2016 dans un portrait où elle est décrite comme une "élue à contre-courant". Elle s’est notamment prononcée en faveur de la contraception, de la "non-remise en cause de l'avortement" ainsi que du "droit de la femme à disposer de son corps". 


Présidente dans Belau Argos, le satellite du FN qui défend la cause animale, Sophie Montel en a fait une cause personnelle, comme l'indique le site de ce collectif. Membre de "l'intergroupe de défense des animaux" au Parlement européen, elle est propriétaire de cinq chats, d'un lévrier whippet, d'un lapin nain et d'un lapin géant des Flandres. 

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