Sortir ou pas des traités fondateurs de l'UE ? Les positions des candidats aux élections européennes

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
DirectLCI
Modifier les traités de l'Union européenne, les revoir de fond en comble ou la quitter tout simplement, façon "Frexit" ? Avant le scrutin du 26 mai, LCI vous propose de comparer les visions de têtes de liste concurrentes sur l'avenir de la France au sein de l'UE.

Quelles sont les positions des candidats aux élections européennes vis-à-vis des traités européens ? Au vu des programmes des treize listes principales, un constat : aucune ne souhaite laisser les traités européens tels qu’ils sont aujourd’hui. Deux partis demandent à sortir des traités régissant l’Union européenne, tandis que les onze autres veulent les renégocier. 


A un peu plus de trois semaines du scrutin des Européennes, certaines listes n’ont toujours pas publié de programme officiel. C’est le cas du Parti socialiste associé à Place Publique et de La République en Marche, qui doivent respectivement divulguer leurs propositions le 6 et le 9 mai. L’Union Populaire Républicaine n’a pas non plus de programme détaillé point par point. 

Qui veut sortir ?

Les Patriotes : la liste de Florian Phillipot demande une sortie de la France de l’Union européenne pour "se libérer des mauvaises directives européennes, des mauvais traités commerciaux et des mauvaises politiques", et notamment pour "avoir nos frontières" et "augmenter nos salaires".


L’Union Populaire Républicaine : François Asselineau a bâti tout son programme autour du "Frexit". Selon lui, une sortie de l’Union européenne et de la zone euro permettrait de "réaliser des économies considérables" et de "retrouver notre indépendance nationale". 

Qui veut renégocier ?

La France Insoumise : la liste conduite par Manon Aubry demande une renégociation des traités, pour plus de "protectionnisme solidaire" notamment, et la fin des politiques d’austérité. Aujourd’hui, la ligne de La France Insoumise est la suivante : renégocier d’abord, sortir ensuite, si les discussions n'aboutissent pas.  Et si Manon Aubry utilise toujours la formule "sortir des traités", il faut entendre ici une réforme des textes actuels. "Notre opposition aux traités européens n’est pas dogmatique", a récemment déclaré la tête de liste sur Europe 1.


Le Rassemblement National : le parti de Marine Le Pen a changé de position quant à la question épineuse d’une sortie ou non de l’Union européenne. Jusqu'à la présidentielle de 2017, la ligne de l'ex-numéro 2 du FN Florian Philippot plaidait pour l'abandon de l'euro et pour le Frexit. Le départ de ce dernier s'est accompagné d'une clarification de la ligne de mouvement. Aujourd’hui, la liste menée par Jordan Bardella réclame une renégociation complète des traités pour "rétablir le contrôle aux frontières", "abroger la directive sur le travail détaché" ou encore limiter considérablement les pouvoirs de la Commission. Le but : bâtir une "Alliance européenne des Nations". L’abandon de l’euro n’est plus proposé par le Rassemblement National. 

Les Républicains : là aussi, la liste conduite par François-Xavier Bellamy souhaite renégocier les traités, afin de construire une "Europe qui protège". Le parti demande à inscrire "les racines judéo-chrétiennes de l’Europe, l’héritage gréco-romain et celui des Lumières" dans les textes européens, une révision de la directive sur les travailleurs détachés ou encore un renforcement des frontières de l’Union européenne.


La République En Marche : si le programme de la majorité n’est pas disponible avant le 9 mai, la tête de liste Nathalie Loiseau a communiqué sur sa volonté de renégocier les traités et se fonde sur la tribune européenne d’Emmanuel Macron. Liberté, protection et progrès sont les trois axes avancés pour une "Renaissance européenne". Le parti demande notamment une "révision" du droit de la concurrence, une "vraie politique de l’asile" et dans le même temps un "renforcement des contrôles aux frontières extérieures". 

Le Parti Socialiste et Place Publique : pas de programme publié pour l'heure pour la liste conduite par Raphaël Glucksmann. Une réforme des textes européens est toutefois demandée par la liste "Envie d’Europe". "Mettre la finance au service du climat, de la protection de la nature et de l’emploi"  ou bien "suspendre le Ceta et les nouveaux accords de libre-échange" sont des propositions avancées par le Parti socialiste et le mouvement de Raphaël Glucksmann et Claire Nouvian. Il faudra toutefois attendre la publication de leurs propositions détaillées, le 6 mai prochain.


Générations : avec sa liste "pour un Printemps européen", Benoit Hamon souhaite une transformation des traités en "assemblées citoyennes". "Etablissons une Assemblée Constituante Européenne", "arrêtons les traités de libre-échange", "créons une Cour européenne de l’environnement", peut-on lire dans le programme de Générations. 

Europe Ecologie-Les Verts : la liste menée par Yannick Jadot demande aussi à renégocier les traités et propose l’établissement d’un traité environnemental pour faire de la cause climatique une "priorité absolue". Transformer la Politique agricole commune, réformer la BCE ou intégrer progressivement les Etats-membres dans la zone euro font partie des propositions du parti écologiste.


Le Parti Communiste Français : la tête de liste Ian Brossat souhaite une remise en cause des traités européens, pour "refonder une Union européenne avec un principe : l’humain d’abord". Pas de "Frexit" ni de sortie de la zone euro ne sont envisagés par le parti communiste : "Sortir de l’UE ne nous libérerait pas du capitalisme", est-il écrit dans son programme.

Debout la France : la liste intitulée "Le courage de défendre les Français" et conduite par Nicolas Dupont-Aignan demande à renégocier les textes pour voir émerger une "Europe des nations et des coopérations". 


L’Union des Démocrates Indépendants : la liste de Jean-Christophe Lagarde souhaite une refonte des traités pour construire une "Europe fédérale", dotée d’un parquet, d’une police et d’un ministère de l’immigration. 


Lutte Ouvrière : avec la liste menée par Nathalie Arthaud, le parti réclame une renégociation complète des traités pour créer les "Etats-Unis socialistes d’Europe". 


Rappel utile : pour pouvoir changer les traités fondateurs ou les accords internationaux, à la marge ou en profondeur, il faut un consensus entre les 27 Etats membres. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter