Symbole de la dédiabolisation du FN, Steeve Briois croit en ses chances

Symbole de la dédiabolisation du FN, Steeve Briois croit en ses chances

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POLITIQUE – Avec un sondage Ifop publié ce mardi, le créditant de 50,5% au second tour à Hénin-Beaumont, Steeve Briois récolte son long travail d'implantation dans cette ville du bassin minier, choisie par Marine Le Pen comme laboratoire politique. Portrait.

Cela fait vingt ans qu'il laboure ce bastion de gauche. Aujourd'hui, sa persévérance serait en train de payer. Selon un sondage Ifop paru ce mardi , Steeve Briois, le candidat FN aux municipales d'Hénin-Beaumont, près de Lens, l'emporterait au second tour d'une courte avance (50,5%), face au maire PS sortant. En 2009, le candidat de 41 ans n'avait échoué que de 265 voix, à l'issue d'une élection municipale partielle organisée après la révocation de l'ancien maire Gérard Dalongeville (ex-PS) pour détournement.

"Je ne crie pas victoire et me fie qu'aux résultats. Sur Hénin-Beaumont, j'étais à 52% aux dernières cantonales et à 56% aux législatives, indique à metronews le bras droit de Marine Le Pen , laquelle figurera en position non éligible sur sa liste qu'il présentera ce jeudi. L'hégémonie de la gauche au pouvoir a montré son inefficacité. Les électeurs veulent du changement, notamment sur la fiscalité et la sécurité."

Un parti anti-système

Né à Seclin, près de Lille, ce petit-fils de mineur nordiste est arrivé à Hénin-Beaumont à l'âge douze ans. Trois ans plus tard, il adhère au Front national et colle ses premières affiches. Echaudé par la gestion locale de la gauche et son positionnement national sur la sécurité, l'Europe ou l'immigration, le jeune homme d'alors est à la recherche d'un parti anti-système. C'est donc tout naturellement qu'il se présente à ses premières municipales en 1995, à seulement 23 ans.

Au fil du temps, il forge sa méthode fondée sur une implantation locale dans la durée et sur un discours à tonalité sociale. Un positionnement qui fait écho dans ce bassin minier ravagé par la crise économique et l'affairisme. "Mon carburant, c'est la proximité, confie-t-il. Même dans les périodes de doute, ma confiance n'a jamais failli grâce au soutien des Héninois".

Un tremplin pour 2017

En tant que secrétaire général du FN, Steeve Briois passe deux journées par semaine à Paris. Le reste du temps, il arpente les rues et les marchés de sa commune, accompagné régulièrement par Marine Le Pen. Car cette dernière a misé dès le début sur ce type d'ancrage pour dédiaboliser son parti, décrocher une ville, et ainsi tenter de casser l'image de mauvais gestionnaire municipal. Et, bien sûr, afin d'utiliser le tout comme un tremplin pour sa conquête vers la présidentielle de 2017.

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