Syrie : Fillon veut discuter avec tout le monde, y compris Assad

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DIPLOMATIE - Après plusieurs jours de silence sur la situation à Alep, François Fillon a défendu ce jeudi le principe d"une initiative diplomatique puissante" de l'Europe pour arrêter la guerre en Syrie. Le candidat de la droite à la présidentielle veut inclure le président syrien Bachar al-Assad dans les négociations. Une position en décalage avec l'actuelle diplomatie française.

François Fillon était silencieux sur le sujet depuis plusieurs jours. Le candidat à la présidentielle, critiqué durant la primaire à droite pour avoir refusé d'employer le terme de "crimes de guerre" pour qualifier la situation à Alep, a fini par donner son jugement sur la situation ce jeudi. 

Après des échanges avec la chancelière allemande Angela Merkel et les dirigeants du PPE (la droite européenne) à Bruxelles, et alors qu'un sommet européen se tient aujourd'hui dans la ville, le candidat à la présidentielle a défendu "une initiative puissante, européenne, diplomatique pour mettre autour de la table toutes les personnes qui peuvent arrêter ce conflit". Il a précisé : "Sans exclusive, et donc y compris avec ceux qui commettent des crimes aujourd'hui". A savoir, le régime syrien et son président, Bachar al-Assad, allié de la Russie. 

Il évoque le "massacre"

S'il s'était montré réticent en octobre à employer le terme de "crimes de guerre", François Fillon a évoqué dans sa déclaration, outre les "crimes" commis ces derniers jours dans la ville martyre, la nécessité "d'arrêter le massacre". 

Il ne transige cependant pas sur la ligne dite "réaliste" qu'il avait édictée durant la primaire, en opposition avec Alain Juppé sur le sujet. Elle consiste donc à permettre à Bachar el-Assad de venir à la table des négociations pour tenter de régler le conflit. "Nous sommes obligés de constater l'échec de la diplomatie occidentale", justifie celui qui souhaite un dialogue ouvert avec le président russe Vladimir Poutine. "L'indignation est nécessaire mais n'a jamais sauvé une vie."

Paris veut que l'Onu gère les négociations

La position du candidat de la droite à la présidentielle est en décalage avec la position actuelle de la diplomatie française. Dans une interview au Parisien, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, jugeait d'ailleurs "inacceptable" la ligne de François Fillon consistant, selon lui, à "s'allier à Bachar el-Assad". 

La France souhaite d'ores et déjà "reprendre les négociations en vue d'une transition politique" sous l'égide de l'Onu. Depuis le début du conflit, François Hollande estime que le départ de Bachar el-Assad est un préalable à toutes les négociations.

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