Terrorisme : Mélenchon s'interroge sur les "assassinats ciblés" évoqués par Hollande

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
CRITIQUE - Le candidat de "La France insoumise" à l'élection présidentielle de 2017 a organisé jeudi son premier "Rendez-vous terrorisme et sécurité". Un thème abordé "rarement dans ma famille de pensée", reconnaît-il. Et il égratigne le bilan de François Hollande en la matière.

Jean-Luc Mélenchon a sauté le pas. En organisant jeudi son premier "rendez-vous terrorisme et sécurité", le candidat à la présidentielle a reconnu lui-même qu'il abordait un thème intéressant et pourtant "rarement" abordé dans sa "famille de pensée". 


En attendant la présentation du programme fin novembre, puis la mise en place "d'atelier législatifs en janvier ou février", celui qui s'imagine déjà au second tour face à Marine Le Pen a engagé le débat auprès de ses sympathisants. Avec un message à l'adresse des forces de l'ordre, et en particulier des policiers qui ont récemment manifesté leur colère  et dont il ne veut pas laisser les voix au Front national : "Je vous le dis solennellement, je suis votre point d'appui [...] On peut choisir d'opter pour la solution d'extrême droit. Mais je veux qu'on sache qu'on peut aussi choisir l'extrême République que j'incarne."


Jean-Luc Mélenchon a dressé un sévère réquisitoire de la politique antiterroriste de François Hollande. Il s'est notamment interrogé sur le traitement réservé aux djihadistes français partis combattre en Syrie et en Irak aux côtés de Daech, et de retour sur le sol national. "J'ai lu qu'un retour sur deux n'est pas suivi quand ils reviennent sur le territoire national. Comme cela est-il possible ?"a questionné le candidat de "La France insoumise". "Quiconque a servi dans une armée étrangère doit être interrogé à son retour, que ce soit une armée légale ou une bande criminelle", a-t-il jugé. 

Question sur les "assassinats ciblés"

L'ancien sénateur s'est également interrogé sur les tentatives d'attentats qui ont été déjouées, et sur les suites données à ces affaires en France. "Si des actes ont été prévenus, c'est donc qu'on en connaît les auteurs. Où sont-ils ? Où sont les inculpations ? Il n'y en a pas. Les auteurs ne sont ni connus ni jugés".


Et le candidat de s'interroger encore : "Les a-t-on mis dans des prisons secrètes ? C'est inefficace". Avant d'évoquer des révélations polémiques faites par François Hollande sur des "assassinats ciblés", dans le livre de confidences Un président de devrait pas dire ça. "Le chef de l'Etat a-t-il décidé de les faire assassiner à l'étranger ? C'est lui qui le dit. Pour quelles raisons ? Pourquoi n'a-t-on pas plutôt capturé ces personnes ? On aurait pu les donner à la justice, les interroger..." 

S'attaquer aux sources du terrorisme

Jean-Luc Mélenchon, qui fustige une politique "qui croupit dans l'inefficacité", a également plaidé pour que la lutte antiterroriste s'attaque prioritairement "aux circuits criminels", et notamment "bancaires", qui ont permis de financer le terrorisme. "Dans ce circuit, il y a des Etats, des sociétés, des circuits bancaires. On les connaît", a-t-il précisé.


Le candidat à la présidentielle, sans évoquer la question des moyens des forces de l'ordre, a en outre estimé qu'il était temps "que les militaires de l'opération Sentinelle rentrent dans leur caserne", y voyant "une armée réduite à des patrouilles". Avant de conclure : "Nous pouvons mener cette bataille sans régime d'exception."

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