Tourisme : alors, Londres a-t-il vraiment supplanté Paris ?

Tourisme : alors, Londres a-t-il vraiment supplanté Paris ?

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MUNICIPALES 2014 - Le tourisme s'invite dans la campagne. S'appuyant sur des chiffres de l'office du tourisme britannique, la droite parisienne s'alarme de la nouvelle domination de Londres sur le tourisme mondial et crie au déclin de la capitale française. La mairie de Paris rétorque que les chiffres sont provisoires et que Paris pourrait bien garder son leadership.

"Le jour de l'an a été triste, sans fête, sans feu d'artifice, sans éclat. La ville lumière se préparait certainement en silence à perdre son podium de la ville la plus visitée au monde." Cette grosse déprime hivernale vient de l'équipe de campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP). S'appuyant sur les derniers chiffres de l'office de tourisme britannique, VisitBritain , la droite parisienne s'alarme du déclin de Paris qui aurait perdu son leadership en termes de fréquentation touristique. La faute, selon elle, à la municipalité sortante qui n'a pas fait de l'accueil des touristes une priorité.

D'après le bilan cité par Le Figaro , Londres détrônerait pour la première fois la capitale française au premier rang mondial, avec 16 millions de visiteurs pour l'année 2013, dopée en partie par les retombées des Jeux olympiques de 2012  mais aussi par son dynamisme dans le domaine du tourisme d'affaires. 

La faute à la fermeture dominicale

Valérie Montandon, porte-parole de NKM, incrimine au passage la fermeture dominicale de nombreux commerces, assurant que "de plus en plus de Tour Operators proposent des 'packages' dans lesquels les touristes quittent Paris le samedi soir pour aller faire leur shopping à Londres". Un argument régulièrement avancé mais que l'Office du tourisme de Paris affirme n'avoir jamais constaté dans ses statistiques. Elle accuse aussi la "mendicité agressive" et le manque de propreté.

Alors, Paris boudé par ses touristes ? La capitale française, qui tient à son leadership comme à la prunelle de ses yeux, n'a pas tardé à engager une bataille de chiffres pour tordre le cou aux statistiques venues d'Outre-Manche. Pour la Ville, les 16 millions de visiteurs de Londres ne seraient qu'une "projection" à partir du bilan des neufs premiers mois de l'année. "Les seuls chiffres à ce jour comparables, estime la mairie de Paris, sont ceux de 2012". Paris avait alors accueilli 29 millions de touristes,  contre 27,6 millions pour Londres .

Versailles et Disneyland en renfort

La Ville de Paris brandit un autre argument. Les statistiques britanniques prennent en compte l'ensemble du territoire du Grand Londres, soit 1.500 km² (la superficie de l'Ile-de-France), alors que celles qui concernent Paris se bornent à la capitale intramuros (105 km²). Une distinction de taille puisque cela exclut de fait la fréquentation du château de Versailles (près de 4 millions de visiteurs par an) ou encore du principal pôle touristique francilien, Disneyland Paris (14,9 millions l'an dernier). Pour Jean-Louis Missika, porte-parole de la candidate PS Anne Hidalgo, il faudrait plutôt comparer ces "16 millions" de visiteurs du Grand Londres aux "32,7 millions de visiteurs" annuels de l'Île-de-France.

"A ce stade, les chiffres consolidés tendent donc à maintenir Paris comme la première capitale touristique mondiale", conclut crânement la mairie de Paris qui mise sur une hausse de 5,2% de la fréquentation touristique pour l'année 2013 et un bon bilan pour les musées. La tour Eiffel a connu en 2013 une hausse de 7% de sa fréquentation, cumulant à elle seule 6,74 millions de visiteurs. Il faudra probablement attendre les chiffres consolidés de 2013 dans les deux capitales pour établir, à échelle comparable, un verdict définitif. En attendant, la droite pourra se rassurer un peu en pensant à New York. La mégapole américaine, rarement taxée de "déclin", n'arrive qu'en quatrième position sur le plan de la fréquentation touristique.

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