Traité de "mafieux", Bartolone trouvait qu'être comparé à un "parrain" était "un compliment"

Traité de "mafieux", Bartolone trouvait qu'être comparé à un "parrain" était "un compliment"

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PASSION ARCHIVES - Le candidat socialiste à la présidence de la région Ile-de-France dénonce le racisme de ses adversaires de droite qui l'ont qualifié de "mafieux". Un mot choisi dans un champ lexical qui lui colle à la peau depuis des années.

Claude Bartolone se sent victime de racisme, comme Christiane Taubira. C'était en tout cas la défense du candidat socialiste à la présidence de la région Ile-de-France, ce vendredi matin sur iTélé , pour justifier les propos polémiques qu'il a tenus jeudi dans une interview à L'Obs au sujet de sa rivale Valérie Pécresse (LR) : "C'est Versailles, Neuilly et la race blanche qu'elle défend en creux".

Alors que l'intéressée a annoncé le soir même le dépôt d'une plainte à son encontre pour "injure", Claude Bartolone est resté droit dans ses bottes face à Bruce Toussaint. En s'appuyant notamment sur cet exemple, qui l'a "beaucoup blessé : la candidate de Monsieur Sarkozy fait un meeting où elle dénonce le système clientéliste de Bartolone, et le maire de Juvisy dit 'il faut en finir avec cet élu mafieux'…" Un terme choisi, selon lui, pour souligner "en creux" ses origines siciliennes. Et le président de l'Assemblée nationale d'exploser : "Vous imaginez la violence que ça représente ? (...) Cinquante ans après mon arrivée en France, on me reproche de ne pas être né en France et d'avoir un père italien, imaginez ce que ça représente pour tous les enfants des quartiers populaires, issus de l'immigration !"

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"Parrain ? Mais ce n’est pas un gros mot"

Sauf que cette référence à la mafia, Claude Bartolone la traîne de longue date. Certes, son nom à consonance italienne sert les jeux de mots faciles, comme dans ce titre d'un portrait du Monde en 2013 : "Don Bartolone du 9-3". Reste que derrière la référence hollywoodienne, ce n'étaient pas ses origines qui étaient pointées, mais sa mainmise sur le département dont il est élu depuis 1981 : "En Seine-Saint-Denis, rien ne bouge avant que 'Claude' n'en soit informé".

Un système dont Dominique Voynet, la maire écologiste de Montreuil et ancienne ministre du gouvernement Jospin, avait claqué la porte avec fracas fin 2014, de guerre lasse, en dénonçant… le "parrain de la Seine Saint-Denis", dont elle refusait de "baiser la bague". Et à l'époque, Claude Bartolone ne s'était pas senti victime de racisme. Au contraire, il avait ironisé auprès de Libération : "Parrain ? Mais ce n’est pas un gros mot. Chez les chrétiens, c’est celui qui aide l’autre à grandir. (…) C’est un compliment". L'un de ses proches, Razzy Hammadi, s'agaçait tout de même : "Le terme de 'parrain' frise le racisme. S'il n'était pas d'origine sicilienne, on n'utiliserait pas ce terme".

Mais pourquoi Claude Bartolone, qui ne criait pas au racisme hier, le fait-il aujourd'hui ?  "A un moment donné, il en a marre d'être toujours caricaturé par rapport à ses origines siciliennes", justifie son directeur de campagne, Luc Carvounas, auprès de metronews. Qui, au-delà du cas personnel du candidat, souligne la "stigmatisation" dont ferait preuve le camp Pécresse vis-à-vis des habitants de la Seine-Saint-Denis. C'est d'ailleurs l'autre exemple donné par Claude Bartolone ce vendredi, citant le slogan d'une affiche qui a fleuri à l'occasion de cette campagne : "Il ne faut pas que l'Ile-de-France devienne la Seine-Saint-Denis de Claude Bartolone". Et de d'enfoncer le clou : "De qui on parle ? Des pauvres, des immigrés, de leurs enfants ? De qui on parle ?"

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