Trois choses à savoir sur Nathalie Loiseau, tête de liste LaREM aux élections européennes

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
ELECTIONS - La désormais ex-ministre chargée des Affaires européennes a quitté le gouvernement pour conduire la liste de la majorité présidentielle aux élections européennes. L'occasion de revenir sur son parcours fortement marqué par la diplomatie française.

Elle affirme avoir pris sa décision lors de son débat face à Marine Le Pen, dans l'Emission politique le 14 mars dernier. Nathalie Loiseau, 54 ans, désormais ex-ministre chargée des Affaires européennes, va conduire la liste LaREM aux élections européennes de mai 2019. Sa démission du gouvernement a été officialisée mercredi soir par un communiqué de la présidence de la République. Dès lundi soir, dans un entretien au Figaro, Nathalie Loiseau s'était dit prête à "mener le combat" du parti d'Emmanuel Macron.

L'occasion, pour nous, de revenir sur le parcours de cette diplomate de carrière montée en grade aux côtés d'Alain Juppé.

Une élève brillante éduquée à l'ancienne

Nathalie Loiseau a raconté dans son livre, Choisissez tout (JC Lattès, 2014), l'éducation familiale qu'elle a reçue dans un milieu strict et favorisé séparant l'activité des garçons et celle des filles, au milieu des années 1960. Une éducation dans l'ombre de son frère, dont elle retenait les enseignements par procuration. "On me posait dans un coin et j'attendais. J'ai appris la poésie, le théâtre, l'anglais en écoutant mon frère se les faire enfoncer dans le crâne. Et comme on n'attendait rien de moi, ça rentrait tout seul", raconte celle qui a appris à lire "à 4 ans" et se mêlait des jeux des garçons quand on ne lui proposait que des poupées. 


Fille de Claude Ducoulombier, banquier de profession, et de Josée Prat, Nathalie Loiseau a suivi les études secondaires au sein du réputé lycée Carnot, à Paris. Elève précoce et brillante, elle a obtenu son baccalauréat à l'âge de 16 ans. Elle s'est tournée vers les langues O', dont elle est sortie diplômée de chinois, après avoir fait ses classes à l'Institut d'études politiques de Paris. Elle a ensuite  réussi son concours d'entrée au quai d'Orsay. Jeudi dernier, face à Marine Le Pen, la ministre affirmait avoir obtenu ses diplômes par le travail et l'effort, se distinguant ainsi de la présidente du RN qu'elle qualifiait "d'héritière". 

De la diplomatie à l'ENA

Nathalie Loiseau a passé près d'un quart de siècle dans les cercles de la diplomatie. Comme l'indique sa biographie, elle a commencé sa carrière en 1986 à la direction de l'information du ministère des Affaires étrangères, avant de rejoindre la direction Asie et Océanie (1988), puis le secrétariat d'ambassade en Indonésie (1990), avant la direction des Nations Unies (1992), toujours au sein du quai d'Orsay, où elle a travaillé à la préparation des accords de paix au Cambodge et en Somalie. 


Sa carrière a connu un tournant avec son passage comme conseillère au sein du cabinet d'Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères (1993), avant de rejoindre l'ambassade du Sénégal (1995), où elle a notamment participé aux négociations avec les rebelles de Casamance. Elle a ensuite été affectée au Maroc (1999), avant d'aller prendre le porte-parolat de l'ambassade de France aux Etats-Unis (2002), à l'époque où George W. Bush a lancé l'offensive contre l'Irak, à laquelle la France s'est opposée. En pleine tension diplomatique entre la France et les Etats-Unis, et sur fond de campagne francophobe, Nathalie Loiseau a publié à cette époque, avec l'ambassadeur Jean-David Levitte, une lettre ouverte dans le Washington Post intitulée "Peuple américain, on vous ment... Voici la vérité". 


La diplomate a poursuivi sa carrière sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, successivement comme sous-directrice, puis directrice adjointe à la direction d'Afrique du Nord (2007), et directrice des ressources humaines (2009). Alain Juppé revenu au quai d'Orsay, ce dernier l'a appelée fin 2011 comme directrice générale de l'administration et de la modernisation - un poste souvent réservé aux hommes -, où elle est restée aux manettes jusqu'à l'arrivée de la gauche au pouvoir, avec Laurent Fabius aux Affaires étrangères, qui l'a débarquée.


Fin 2012, Nathalie Loiseau a été nommée directrice de l'Ecole nationale d'administration, poste qu'elle a gardé jusqu'en juin 2017, moment de sa nomination aux Affaires européennes. Elle est la seconde femme à avoir dirigé l'établissement fondé en 1945, avec un cursus plutôt inhabituel - elle-même n'a pas fait l'ENA. A la tête de l'ENA, elle a cherché à promouvoir l'ouverture de l'école à la "diversité" sociale, avec notamment une réforme du concours d'entrée et du système des bourses. 

Sans "étiquette", catholique, féministe et pro-PMA-GPA

"Mon choix de vie professionnelle, c'est le service de l'Etat. Je ne veux pas d'autre étiquette. Je ne suis pas une fonctionnaire de droite ou une fonctionnaire de gauche", affirmait-elle en 2012 au Monde


Pour autant, Nathalie Loiseau, mère de quatre enfants, s'est revendiquée comme "féministe", dénonçant notamment la séparation des sexes, notamment à travers les jouets "genrés", tout en se distinguant du féminisme militant de type Femen.  Durant son long parcours au quai d'Orsay, elle a présidé une association baptisée Femmes et diplomatie, dans un milieu encore très favorable aux hommes. "La société, aujourd’hui encore, a tendance à dire [aux femmes] comment elles doivent se comporter, se vêtir, élever leurs enfants. Elle se montre beaucoup moins prescriptive à l’égard des hommes", avait-elle indiqué dans une interview à La Croix en 2015. Fin 2017, elle avait révélé sur LCI, en pleine vague "Metoo", avoir été elle-même victime de harcèlement sexuel à un moment où elle exerçait comme journaliste freelance. 


Dans le même entretien, Nathalie Loiseau s'est également présentée en catholique pratiquante, jugeant que sa foi était compatible avec le féminisme. "Pas toujours d'accord avec les positions officielles de l'Eglise", elle a notamment défendu le mariage homosexuel. "J'ai observé, je n'ai pas jugé, seulement compris que ce qu'aujourd'hui, en Europe, nous appelions la famille n'était un modèle ni universel ni intemporel", a-t-elle raconté dans son livre Choisissez tout, évoquant ses expériences de vie en Afrique, où ses enfants ont grandi. "Et quand j'entends crier sous mes fenêtres qu'un enfant, c'est 'un papa + une maman', je pense à tout ce que j'ai vu en Afrique et cela me fait sourire." En outre, la ministre avait indiqué, début février au Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, être à titre personnelle favorable à la procréation médicalement assistée (PMA), ainsi qu'à une gestation pour autrui (GPA) "éthique".

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