VIDÉO - Affiches et slogan "Yes, we can" : quand (Boris) Obama fait campagne pour Mélenchon en Côte-d'Or

INTERVIEW - Boris Obama, un doctorant âgé de 29 ans, se présente dans la 3e circonscription de Côte-d'Or pour La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. S'il ne partage aucun lien de parenté avec l'ancien président des États-Unis, ce Dijonnais d'adoption compte surfer sur la capital sympathie de son homonyme.

Obama futur député en France ? Non, ne vous méprenez pas, Barack Obama ne se présente pas aux élections législatives, il s'agit en réalité d'un dénommé Boris Obama. À 29 ans, ce doctorant en psychologie, qui se définit comme "étudiant précaire", (il gagne 900 euros par mois) a été investi avec l'étiquette La France Insoumise, chère à Jean-Luc Mélenchon, dans la 3e circonscription de Côte-d'Or. 

S'il avoue à LCI n'avoir aucun lien de parenté avec l'ancien président des États-Unis, cet homonyme dijonnais, d'origine camerounaise (Barack est né d'un père kényan), compte bien se servir de la notorité de son illustre aîné. Une façon de mettre ses idées en avant pour être élu député, lui qui pour financer sa campagne, a lancé un appel aux dons et de fait n'a "pas eu besoin d'utiliser [son] argent personnel". 

LCI : Crevons tout de suite l'abcès. Avez-vous un lien de parenté avec Barack Obama ?

Boris OBAMA : Pas du tout ! (rires) C'est juste un nom de famille assez répandu au Cameroun, pays d'où mon père est originaire. D'ailleurs, si je devais me caractériser politiquement, mes convictions seraient plus proches de celles de Bernie Sanders (ndlr : sénateur classé à gauche et ancien candidat à l'investiture démocrate en 2016, battu par Hillary Clinton) que de celles d'un Obama par exemple.

LCI : Depuis 2008, date de son élection, est-ce que votre homonymie a changé votre vie ?

Boris OBAMA : Pas le moins du monde... Ça fait toujours un peu de l'effet aux gens que je rencontre. Mais pour ma part, je porte ce nom depuis que je suis né, donc j'y suis habitué.

"Les gens oublient assez vite le nom 'Obama'"

LCI : Vous poussez cependant la ressemblance à l'extrême. L'un de vos tracts de campagne reprend trait pour trait le code couleurs de l'affiche "Yes, we can"...

Boris OBAMA : Cette idée vient de mon équipe de campagne. L'objectif était de pouvoir attirer les médias pour défendre le contenu de notre programme, avoir un micro tendu pour pointer du doigt ce que le gouvernement compte mettre en oeuvre dès cet été avec des ordonnances visant à étrangler le Parlement. Nous souhaitions que les gens aient de la visibilité sur nos actions dans la circonscription. Il n'y a toutefois aucune arrogance de notre part. Et ça marche, la preuve : beaucoup de personnes m'ont sollicité après la parution de ces affiches.

LCI : Ne craignez-vous pas que votre candidature n'existe que par votre nom ?

Boris OBAMA : De nombreux médias ont soulevé ce point, suggérant que ma campagne pour ces élections tournait beaucoup trop autour de mon patronyme. C'est quand même drôle, puisque ce sont les mêmes qui me sollicitent justement à cause de cela. Mais vous savez, que je sois sur les marchés ou ailleurs pour tracter, le nom Obama, les gens n'y prêtent pas vraiment attention ou l'oublient assez vite.

"Mélenchon s'implique à nos côtés"

LCI : Pendant cette campagne vous avez rencontré Jean-Luc Mélenchon. Parlez-nous de cette rencontre "au sommet" (sic) Obama-Mélenchon. Comment cela s'est-il passé ?

Boris OBAMA : Oui, j'ai pu parler avec lui. Il est tellement sollicité que ce sont des échanges très brefs. Ce qui m'a particulièrement touché chez lui, c'est sa bienveillance. Quand on s'engage pour la première fois, c'est quand même un saut dans le vide. On ne sait pas trop dans quoi on se lance. Lui, on sent qu'il s'implique à nos côtés dans cette épreuve. Ça fait chaud au cœur de se savoir soutenu de la sorte.

LCI : Pensez-vous être en mesure d'être élu député ?

Boris OBAMA : Mon objectif est de devenir député et de voir la majorité insoumise à l'Assemblée. Grâce à l'argent des dons, nous avons pu faire une campagne très correcte. Certes, nous aurions pu faire plus de choses avec plus de moyens. Mais ce serait une grosse déception de ne pas parvenir à atteindre au moins la barre symbolique des 5% (ndlr : synonyme de remboursement d'une partie des frais de campagne).

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